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SUJET : Théodore de BANVILLE, Odes funambulesques, « Le saut du tremplin ». | Commentaires composés

Commentaires composés

Théodore de BANVILLE, Odes funambulesques, « Le saut du tremplin ».

  Théodore de BANVILLE, Odes funambulesques, « Le saut du tremplin ».

  1. Clown admirable, en vérité !
  2. Je crois que la postérité,
  3. Dont sans cesse l'horizon bouge,
  4. Le reverra, sa plaie au flanc.
  5. Il était barbouillé de blanc,
  6. De jaune, de vert et de rouge.

 

  1. Même jusqu'à Madagascar
  2. Son nom était parvenu, car
  3. C'était selon tous les principes
  4. Qu'après les cercles de papier,
  5. Sans jamais les estropier
  6. Il traversait le rond des pipes.

 

  1. De la pesanteur affranchi,
  2. Sans y voir clair il eût franchi
  3. Les escaliers de Piranèse.
  4. La lumière qui le frappait
  5. Faisait resplendir son toupet
  6. Comme un brasier dans la fournaise.

 

  1. Il s'élevait à des hauteurs
  2. Telles, que les autres sauteurs
  3. Se consumaient en luttes vaines.
  4. Ils le trouvaient décourageant,
  5. Et murmuraient : " Quel vif-argent
  6. Ce démon a-t-il dans les veines ? "

 

  1. Tout le peuple criait : " Bravo! "
  2. Mais lui, par un effort nouveau,
  3. Semblait roidir sa jambe nue,
  4. Et, sans que l'on sût avec qui,
  5. Cet émule de la Saqui
  6. Parlait bas en langue inconnue.

 

  1. C'était avec son cher tremplin.
  2. Il lui disait : " Théâtre, plein
  3. D'inspiration fantastique,
  4. Tremplin qui tressailles d'émoi
  5. Quand je prends un élan, fais-moi
  6. Bondir plus haut, planche élastique !

 

  1. " Frêle machine aux reins puissants,
  2. Fais-moi bondir, moi qui me sens
  3. Plus agile que les panthères,
  4. Si haut que je ne puisse voir,
  5. Avec leur cruel habit noir
  6. Ces épiciers et ces notaires !

 

  1. " Par quelque prodige pompeux
  2. Fais-moi monter, si tu le peux,
  3. Jusqu'à ces sommets où, sans règles,
  4. Embrouillant les cheveux vermeils
  5. Des planètes et des soleils,
  6. Se croisent la foudre et les aigles.

 

  1. Jusqu'à ces éthers pleins de bruit,
  2. Où, mêlant dans l'affreuse nuit
  3. Leurs haleines exténuées,
  4. Les autans ivres de courroux
  5. Dorment, échevelés et fous,
  6. Sur les seins pâles des nuées.

 

  1. " Plus haut encor, jusqu'au ciel pur !
  2. Jusqu'à ce lapis dont l'azur
  3. Couvre notre prison mouvante !
  4. Jusqu'à ces rouges Orients
  5. Où marchent des Dieux flamboyants,
  6. Fous de colère et d'épouvante.

 

  1. " Plus loin ! plus haut ! je vois encor
  2. Des boursiers à lunettes d'or,
  3. Des critiques, des demoiselles
  4. Et des réalistes en feu.
  5. Plus haut ! plus loin ! de l'air ! du bleu !
  6. Des ailes ! des ailes ! des ailes ! "

 

  1. Enfin, de son vil échafaud,
  2. Le clown sauta si haut, si haut
  3. Qu'il creva le plafond de toiles
  4. Au son du cor et du tambour,
  5. Et, le coeur dévoré d'amour,
  6. Alla rouler dans les étoiles.

 

 

Extrait du corrigé : 

Théodore de Banville (1823-1891) : poète qui fut l’un des chefs de file de l’école parnassienne. Banville professait un amour exclusif de la beauté et s’opposait à la fois à la poésie réaliste et aux épanchements romantiques, face auxquels il affirmait sa foi en la pureté formelle de l’acte poétique.

 

• Poème composé de 12 sizains.

• 72 octosyllabes.

• Disposition des rimes : dans chaque strophe, les 2 premières rimes sont suivies, puis les 4 autres sont embrassées, du type ABBA.

• Qualité des rimes :

- Rimes pauvres. Ex : « échafaud ; haut ».

- Rimes suffisantes. Ex : « encore ; d’or ».

- Rimes riches. Ex : « exténuées ; nuées ».

 

Bainville est particulièrement soucieux de la forme. Cf. les parnassiens : poètes chantres de la perfection et prêtres de la beauté idéale. Dans votre commentaire, vous devrez souligner cette importance apportée par le poète à la forme.

 

 

I- Un poème sur le cirque 

A- Peinture réaliste

• Poème qui est un tableau réaliste du monde du cirque.

• Montrez que la peinture se fait par petites touches, comme un tableau impressionniste.

Les sens sont conviés pour rendre l’atmosphère du cirque.

- Vue. Cf. les couleurs du clown + ses tours.

- Ouie. Ex : « Au son du cor et du tambour »…

• Cf. le portrait du clown :

- « Il était barbouillé de blanc, /De jaune, de vert et de rouge » > évoque les couleurs….

- Ses tours qui se font dans les airs Cf. « Le clown sauta si haut, si haut »…

Cf. le public. Ex : « Tout le peuple criait : " Bravo! " » > ouie.