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SUJET : Zola, La Curée, Chapitre 3 | Commentaires composés | Zola | Roman - cycle des Rougon-Macquart

Commentaires composés | Zola | Roman - cycle des Rougon-Macquart

Zola, La Curée, Chapitre 3

 Cependant la fortune des Saccard semblait à son apogée. Elle brûlait en plein Paris comme un feu de joie colossal. C'était l'heure où la curée ardente emplit un coin de forêt de l'aboiement des chiens, du claquement des fouets, du flamboiement des torches. Les appétits lâchés se contentaient enfin, dans l'impudence du triomphe, au bruit des quartiers écroulés et des fortunes bâties en six mois. La ville n'était plus qu'une grande débauche de millions et de femmes. Le vice, venu de haut, coulait dans les ruisseaux, s'étalait dans les bassins, remontait dans les jets d'eau des jardins, pour retomber sur les toits, en pluie fine et pénétrante. Et il semblait, la nuit, lorsqu'on passait les ponts, que la Seine charriât, au milieu de la ville endormie, les ordures de la cité, miettes tombées de la table, noeuds de dentelle laissés sur les divans, chevelures oubliées dans les fiacres, billets de banque glissés des corsages, tout ce que la brutalité du désir et le contentement immédiat de l'instinct jettent à la rue, après l'avoir brisé et souillé. Alors, dans le sommeil fiévreux de Paris, et mieux encore que dans sa quête haletante du grand jour, on sentait le détraquement cérébral, le cauchemar doré et voluptueux d'une ville folle de son or et de sa chair. Jusqu'à minuit, les violons chantaient ; puis les fenêtres s'éteignaient, et les ombres descendaient sur la ville. C'était comme une alcôve colossale où l'on aurait soufflé la dernière bougie, éteint la dernière pudeur. Il n'y avait plus, au fond des ténèbres, qu'un grand râle d'amour furieux et las ; tandis que les Tuileries, au bord de l'eau, allongeaient leurs bras dans le noir, comme pour une embrassade énorme.

 

 

Extrait du corrigé :

 Émile Zola (1840-1902) : journaliste, écrivain, considéré comme le chef de file du naturalisme et auteur du fameux cycle des Rougon-Macquart, Histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire. Grand projet regroupant vingt romans. « Les Rougon-Macquart personnifieront l’époque, l’Empire lui-même ».

 

La Curée : roman paru en 1872, deuxième volume de la série Les Rougon-Macquart.

Roman qui a pour personnage principal est Aristide Rougon, dit Saccard, qui va faire une rapide fortune en spéculant sur les futurs terrains à bâtir à l'époque des grands travaux menés à Paris par le baron Haussmann.

 

Dans cet extrait, le narrateur raconte l'ascension sociale de Saccard et les relations entre les personnages.

 

 

I- Une épique description 

            A- La curée

• Le titre du roman est métaphorique : le mot « curée » renvoie à un terme de vénerie qui désigne la partie de la bête que l’on donne en pâture à la meute, sur le cuir même de la bête que l’on vient de dépouiller.

Au sens figuré, « curée » renvoie à l’avidité, à la ruée avec laquelle le vainqueur procède au pillage…

NB : le mot « curée » apparaît 3 fois dans le roman.

Cf. « ses narines battaient, son instinct de bête affamée laissait merveilleusement au passage les moindres indices de la curée chaude dont la ville allait être le théâtre » (chapitre 2) ;

Cf. « c’était l’heure de la curée ardente » (chapitre 3) > dans l’extrait étudié ;

Cf. « elle ne se sentait pas d’indignation pour les mangeurs de curée » (chapitre 6).