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SUJET : Charles BAUDELAIRE, Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, LXXXIII, « L'héautontimorouménos ». | Commentaires composés | Baudelaire | Poésie

Commentaires composés | Baudelaire | Poésie

Charles BAUDELAIRE, Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal, LXXXIII, « L'héautontimorouménos ».

  À J. G. F.

 

  1. Je te frapperai sans colère
  2. Et sans haine, comme un boucher,
  3. Comme Moïse le rocher !
  4. Et je ferai de ta paupière,

 

  1. Pour abreuver mon Saharah,
  2. Jaillir les eaux de la souffrance.
  3. Mon désir gonflé d'espérance
  4. Sur tes pleurs salés nagera

 

  1. Comme un vaisseau qui prend le large,
  2. Et dans mon coeur qu'ils soûleront
  3. Tes chers sanglots retentiront
  4. Comme un tambour qui bat la charge !

 

  1. Ne suis-je pas un faux accord
  2. Dans la divine symphonie,
  3. Grâce à la vorace Ironie
  4. Qui me secoue et qui me mord ?

 

  1. Elle est dans ma voix, la criarde !
  2. C'est tout mon sang, ce poison noir !
  3. Je suis le sinistre miroir
  4. Où la mégère se regarde.

 

  1. Je suis la plaie et le couteau !
  2. Je suis le soufflet et la joue !
  3. Je suis les membres et la roue,
  4. Et la victime et le bourreau !

 

  1. Je suis de mon coeur le vampire,
  2. Un de ces grands abandonnés
  3. Au rire éternel condamnés,
  4. Et qui ne peuvent plus sourire !

 

 

Extrait du corrigé :

Charles Pierre Baudelaire : poète né à Paris le 9 avril 1821 et mort le 31 août 1867 dans la même ville, et plus précisément rue du Dôme, dans la maison de santé du Dr Duval.

Il est l’auteur des Fleurs du mal, des Petits poèmes en prose mais aussi d’autres œuvres comme sesSalons.

Baudelaire : poète très important dans la poésie française =>  est au carrefour de la « tradition » et de la modernité poétique. Héritage classique, romantique (temps qui passe, angoisse, importance du moi… + très nombreux alexandrins, le vers hugolien par excellence, etc.). et une tendance des Parnassiens : la beauté, la perfection du texte. Poèmes réguliers et souvent à forme fixe. Cf. ses très nombreux sonnets et ses pantoums.

Poète controversé et violemment attaqué de son vivant, Charles Baudelaire devient le modèle de très nombreux poètes qui s’engageront dans la voie qu’il avait ouverte. Il est considéré comme « le vrai Dieu » par Rimbaud,  « le plus important des poètes » par Valéry…

 

Les Fleurs du mal : recueil de Baudelaire, peu apprécié lors de sa parution mais dorénavant célèbre et très reconnu.

Recueil divisé en six parties : « Spleen et idéal », « Tableaux parisiens », « Le Vin », « Fleurs du mal », « Révolte et La Mort ».

 

Ces « fleurs maladives » sont dédiées au poète Théophile Gautier, sacré « parfait magicien ès lettres françaises » et « poète impeccable », selon les propres dires de Baudelaire.

En 1857, Auguste Poulet-Malassis publie le recueil mais il est poursuivi pour « offense à la morale religieuse » et « outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs ». À la différence de Flaubert poursuivi la même année pour Madame Bovary qui obtient un non lieu, Baudelaire et son éditeur sont condamnés respectivement à 300 et 100 francs d’amende, et six pièces sont supprimées pour délit d’outrage à la morale publique − il s'agit des poèmes « Les Bijoux », « Le Léthé », « À celle qui est trop gaie », « Lesbos », « Femmes damnées » et « Les Métamorphoses du vampire ».

 

 

Poème composé de 7 strophes > 7 quatrains.

28 octosyllabes.

Rimes embrassées du type abba.

 

NB :

• « L'héautontimorouménos » > titre qui signifie le bourreau de soi même.

• « mégère » > dans la mythologie, Mégère est l'une des trois Furies chargées d'exercer sur les criminels la vengeance divine. Sinon, on parle de « mégère » pour désigner une femme désagréable et méchante.

• « la roue » > supplice, torture.

 

I- Entre violence et punition 

            A-  Châtiments et violence

• « L'héautontimorouménos » > titre qui signifie le bourreau de soi même.

• Violence. Cf. « Je te frapperai sans colère » ; « comme un boucher » > les bouchers ont souvent la réputation d’être violent (coupent la viande à l’aide de gros couteaux…) ; « la roue » > torture ; « me mord » ; « poison » ;  « plaie » ; « couteau »…

• Cf. la présence d’un champ lexical du combat. Ex : « Comme un tambour qui bat la charge »…

• « Elle » > ennemi. Cf. « la mégère » ; « Elle est dans ma voix, la criarde ! »… > le poursuit, le hante + méchanceté, vulgarité…

NB : le poète est toutefois calme > « sans colère » et « sans haine ».