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SUJET : Molière, L'École des femmes, Acte III, scène 3. | Commentaires composés | Molière | Théâtre

Commentaires composés | Molière | Théâtre

Molière, L'École des femmes, Acte III, scène 3.
ARNOLPHE, seul. Je ne puis faire mieux que d'en faire ma femme...

 ARNOLPHE, seul

Je ne puis faire mieux que d'en faire ma femme. 

Ainsi que je voudrai je tournerai cette âme ; 

Comme un morceau de cire entre mes mains elle est. 

Et je lui puis donner la forme qui me plaît. 

Il s'en est peu fallu que, durant mon absence, 

On ne m'ait attrapé par son trop d'innocence 

Mais il vaut beaucoup mieux, à dire vérité 

Que la femme qu'on a pèche de ce côté. 

De ces sortes d'erreurs le remède est facile. 

Toute personne simple aux leçons est docile ; 

Et, si du bon chemin on l'a fait écarter, 

Deux mots incontinent l'y peuvent rejeter. 

Mais une femme habile est bien une autre bête, 

Notre sort ne dépend que de sa seule tête 

De ce qu'elle s'y met rien ne la fait gauchir, 

Et nos enseignements ne font là que blanchir ; 

Son bel esprit lui sert à railler nos maximes, 

A se faire souvent des vertus de ses crimes, 

Et trouver pour venir à ses coupables fins, 

Des détours à duper l'adresse des plus fins. 

Pour se parer du coup en vain on se fatigue ; 

Une femme d'esprit est un diable en intrigue ; 

Et, dès que son caprice a prononcé tout bas 

L'arrêt de notre honneur, il faut passer le pas : 

Beaucoup d'honnêtes gens en pourraient bien que dire 

Enfin mon étourdi n'aura pas lieu d'en rire ; 

Par son trop de caquet il a ce qu'il lui faut. 

Voilà de nos Français l'ordinaire défaut : 

Dans la possession d'une bonne fortune, 

Le secret est toujours ce qui les importune, 

Et la vanité sotte a pour eux tant d'appas, 

Qu'ils se perdraient plutôt que de ne causer pas. 

Oh! que les femmes sont du diable bien tentées, 

Lorsqu'elles vont choisir ces têtes éventées! 

Et que... Mais le voici... Cachons-nous toujours bien 

Et découvrons un peu quel chagrin est le sien.  

 

 

Extrait du corrigé :

 L’École des Femmes : comédie de Molière en 5 actes et en vers (1779 dont 1737 alexandrins), créée au Théâtre du Palais-Royal le 26 décembre 1662.

 

Cette pièce a été écrite l’année du mariage de Molière qui, à quarante ans, avait épousé Armande Béjart, dix-neuf ans, la fille de sa maîtresse, Madeleine > ce qui lui valut de nombreuses attaques et d’être accusé de relations incestueuses.

 

La pièce fait scandale => Molière répond à ses adversaires par La Critique de l'école des femmes.

 

 

            M. de La Souche ou Arnolphe est un vieux barbon qui souhaite épouser la jeune Agnès. Obnubilé par la peur d’être cocufié, il l’élève dans la plus grande ignorance…

 

Dans la scène 2 de l’acte III, Arnolphe a lu les maximes du mariage à Agnès.

Dans la scène 3 > Arnolphe est seul > monologue.

NB : Arnolphe a beaucoup de monologues dans cette pièce (or, les monologues sont assez restreints dans les comédies, VS dans les tragédies).

 

I- Le mariage selon Arnolphe 

            A- Le démiurge

• Arnolphe ne conçoit pas le mariage comme une union d’amour. Pour lui, le mariage lui permet de dominer sa femme et même de la créer selon ses désirs.

Cf. « je tournerai cette âme » ;  « donner la forme qui me plaît »...

• Femme > objet qu’il domine et formate à son gré. Cf. la comparaison « Comme un morceau de cire entre mes mains elle est ». 

• Arnolphe est celui qui sait où est le bien et où est le mal. Cf. « du bon chemin on l'a fait écarter ».