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SUJET : Émile Verhaeren, Les Soirs, « Londres ». | Commentaires composés | Verhaeren | Poésie

Commentaires composés | Verhaeren | Poésie

Émile Verhaeren, Les Soirs, « Londres ».

 

  1. Et ce Londres de fonte et de bronze, mon âme,
  2. Où des plaques de fer claquent sous des hangars,
  3. Où des voiles s'en vont, sans Notre-Dame
  4. Pour étoile, s'en vont, là-bas, vers les hasards.

 

  1. Gares de suie et de fumée, où du gaz pleure
  2. Ses spleens d'argent lointain vers des chemins d'éclair,
  3. Où des bêtes d'ennui bâillent à l'heure
  4. Dolente immensément, qui tinte à Westminster.

 

  1. Et ces quais infinis de lanternes fatales,
  2. Parques dont les fuseaux plongent aux profondeurs,
  3. Et ces marins noyés, sous des pétales
  4. De fleurs de boue où la flamme met des lueurs.

 

  1. Et ces châles et ces gestes de femmes soûles,
  2. Et ces alcools en lettres d'or jusques au toit,
  3. Et tout à coup la mort parmi ces foules,
  4. mon âme du soir, ce Londres noir qui traîne en toi ! 

Extrait du corrigé :

Émile VERHAEREN : poète belge d'expression française, né en 1855 et mort en 1916.

Après ses études, Verhaeren se voue aux lettres. Bien qu’il s s'installe comme avocat stagiaire à Bruxelles, il fréquente des artistes et débute dans la critique d'art. ses premières poésies s’orientent vers le naturalisme. Cependant, Verhaeren traverse une grave crise spirituelle et donne des recueils d'une morbidité exaspérée et fiévreuse, véritable « trilogie de la neurasthénie », avec Les Soirs (1887),Les Débâcles (1888) et Les Flambeaux noirs (1889). Il a voyagé en Espagne et en Allemagne et séjourné à Londres. Puis, le poète se tourne résolument vers les problèmes contemporains et publie de nombreux recueils  dont Les Villes tentaculaires en 1895.  Dans les cinq recueils de Toute la Flandre(1904-1911), Verhaeren exprime son amour pour le pays natal et ses éléments : la plaine, le vent, les digues, le calme des petites villes flamandes...

 Il meurt accidentellement en roulant sous un train à Rouen alors qu’il était venu y faire une conférence, en 1916.

 

« Londres » poème publié dans Les Soirs, recueil publié en 1887.

« Londres » : poème composé de 4 quatrains.

- 16 alexandrins.

- Rimes croisées, du type ABAB.

- L’alternance entre rimes féminines (qui se terminent par –e, -es, -ent) et rimes masculines est respectée.

- Poème qui peint la capitale anglaise dans laquelle le poète a séjourné.

 

Étude linéaire du poème. Vous pourrez organiser votre commentaire à partir par exemple de la problématique : comment le poète parvient-il à peindre, à rendre l’atmosphère de la ville moderne, quelle image en donne-t-il ?

 

            Strophe 1.

• « Et ce Londres ». Poème qui débute par « Et » comme si le poète continuait une énumération. « Ce Londres » > déictique, comme s’il le montrait.

• « Mon âme » > le poète semble s’adresser à une personne chère (ou à lui-même).

• « de fonte et de bronze » : matériaux de construction + matière plutôt précieuse.  Connotation de solidité. Ville désignée par les matières.

• Description de la ville.

Cf. l’anaphore de « Où des ».

• « Où des plaques de fer claquent ». Assonance en [a] et allitération en [k] et en [l] > cela semble accompagner ces bruits de claquements… Ferrailles. Lieu bruyant.

• Champ lexical des travaux. Ex : « hangars » ; « fonte » ; « plaques de fer claquent sous des hangars »…

=> Ville qui semble en travaux.

• Opposition entre « fonte et de bronze » ; « plaques de fer » qui connotent la solidité et « voiles » ; « s’en vont » (répété) qui évoquent la légèreté.

• Allitération en [v] avec « voiles ; vont ; vont ; vers ». Allitération en [l] avec « voiles ; étoile ; là-bas ; les ». Allitération en [s] avec « s'en ; sans ; s'en ». Cela imite cette impression de légèreté, de départ > il se dégage quelque chose d’aérien…