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SUJET : Félix ARVERS, Mes heures perdues, « La ressemblance ». | Commentaires composés | Arvers | Poésie

Commentaires composés | Arvers | Poésie

Félix ARVERS, Mes heures perdues, « La ressemblance ».

 

  1. Sur tes riches tapis, sur ton divan qui laisse
  2. Au milieu des parfums respirer la mollesse,
  3. En ce voluptueux séjour,
  4. Où loin de tous les yeux, loin des bruits de la terre,
  5. Les voiles enlacés semblent, pour un mystère,
  6. Eteindre les rayons du jour,

 

  1. Ne t'enorgueillis pas, courtisane rieuse,
  2. Si, pour toutes tes soeurs ma bouche sérieuse
  3. Te sourit aussi doucement,
  4. Si, pour toi seule ici, moins glacée et moins lente,
  5. Ma main sur ton sein nu s'égare, si brûlante
  6. Qu'on me prendrait pour un amant.

 

  1. Ce n'est point que mon coeur soumis à ton empire,
  2. Au charme décevant que ton regard inspire
  3. Incapable de résister,
  4. A cet appât trompeur se soit laissé surprendre
  5. Et ressente un amour que tu ne peux comprendre,
  6. Mon pauvre enfant ! ni mériter.

 

  1. Non : ces rires, ces pleurs, ces baisers, ces morsures,
  2. Ce cou, ces bras meurtris d'amoureuses blessures,
  3. Ces transports, cet oeil enflammé ;
  4. Ce n'est point un aveu, ce n'est point un hommage
  5. Au moins : c'est que tes traits me rappellent l'image
  6. D'une autre femme que j'aimai.

 

  1. Elle avait ton parler, elle avait ton sourire,
  2. Cet air doux et rêveur qui ne peut se décrire.
  3. Et semble implorer un soutien ;
  4. Et de l'illusion comprends-tu la puissance ?
  5. On dirait que son oeil, tout voilé d'innocence,
  6. Lançait des feux comme le tien.

 

  1. Allons : regarde-moi de ce regard si tendre,
  2. Parle-moi, touche-moi, qu'il me semble l'entendre
  3. Et la sentir à mes côtés.
  4. Prolonge mon erreur : que cette voix touchante
  5. Me rende des accents si connus et me chante
  6. Tous les airs q'elle m'a chantés !

 

  1. Hâtons-nous, hâtons-nous ! Insensé qui d'un songe
  2. Quand le jour a chassé le rapide mensonge,
  3. Espère encor le ressaisir !
  4. Qu'à mes baisers de feu ta bouche s'abandonne,
  5. Viens, que chacun de nous trompe l'autre et lui donne
  6. Toi le bonheur, moi le plaisir !

 

 

Extrait du corrigé :

Alexis Félix Arvers : poète et dramaturge français qui a vécu de 1806 à 1850. Il doit sa réputation à un seul sonnet l'a rendu célèbre, l'une des pièces poétiques les plus populaires de son siècle, qui figure dans le recueil Mes Heures perdues.

Fils d'un marchand de vins de la ville, il fait ses études de droit et devient clerc de notaire, tout en gardant l’adent désir de devenir écrivain.  Il parvient à faire jouer une douzaine de comédies légères, le genre de comédies dont raffolait le public petit-bourgeois de Paris. Ces larges succès lui permettent de mener une existence de dandy, familier des boulevards et des coulisses des petits théâtres. Arvers fréquente alors le Cénacle de l'Arsenal, rencontrant notamment Alfred de Musset, dont il semble être très proche. A quarante-quatre ans, il décède d'une maladie de la moelle épinière, pauvre et oublié.

 

Mes Heures perdues : recueil publié en 1833 qui contient le fameux « Sonnet dit d’Anvers ».

« La ressemblance » :

• Poème composé de 7 strophes de six vers > 7 sizains.

• Chaque sizain est composé de 4 alexandrins et de 2 octosyllabes répartis selon le schéma : 2 alexandrins ; un octosyllabe ; 2 alexandrins ; 1 octosyllabe.

• Dans chaque sizain, les rimes sont réparties de la manière suivante :

- 2 rimes suivies, du type AA.

- 4 rimes embrassées, du type ABBA.

• Alternance respectée entre les rimes féminines (qui se terminent par –e, -es, -ent) et les rimes masculines.

 

« La ressemblance » : poème qui évoque l’illusion, la ressemblance entre deux femmes…

 

I- Instants passés avec une courtisane 

A- Un doux lieu

• 1e strophe : le poète s’adresse directement à quelqu’un qu’il tutoie.

Cf. les marques de 2e personne du singulier. Ex : « tes riches tapis » ; « ton divan ».

Tutoiement > connivence, le poète connaît bien la personne.

• Champ lexical du confort, de l’aisance. Ex : « tes riches tapis » ; « ton divan » ; « Au milieu des parfums » ; « la mollesse » ; « voluptueux séjour »…

« Eteindre les rayons du jour » > lumière peu vive.

• Solitude, calme. Cf. « loin de tous les yeux, loin des bruits de la terre » > parallélisme.  « tous  les yeux » > synecdoque = les gens, les gens qui regardent…

• 2e strophe : on a l’explication, on sait qui est « tu ».  cf. « courtisane rieuse » > tu = une femme, probablement la maîtresse du poète.

NB : « courtisane » : Femme vénale, aux mœurs légères, qui se distingue par son élégance et ses manières mondaines. (TLFI).  Légèreté de la femme.

« rieuse » > gaieté, insouciance…