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SUJET : Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves - Première partie. Le roi de Navarre attirait le respect de tout le monde par la grandeur de son rang... | Commentaires composés | La Fayette | roman

Commentaires composés | La Fayette | roman

Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves - Première partie. Le roi de Navarre attirait le respect de tout le monde par la grandeur de son rang...

 Le roi de Navarre attirait le respect de tout le monde par la grandeur de son rang et par celle qui paraissait en sa personne. Il excellait dans la guerre, et le duc de Guise lui donnait une émulation qui l'avait porté plusieurs fois à quitter sa place de général, pour aller combattre auprès de lui comme un simple soldat, dans les lieux les plus périlleux. Il est vrai aussi que ce duc avait donné des marques d'une valeur si admirable et avait eu de si heureux succès, qu'il n'y avait point de grand capitaine qui ne dût le regarder avec envie. Sa valeur était soutenue de toutes les autres grandes qualités : il avait un esprit vaste et profond, une âme noble et élevée, et une égale capacité pour la guerre et pour les affaires. Le cardinal de Lorraine, son frère, était né avec une ambition démesurée, avec un esprit vif et une éloquence admirable, et il avait acquis une science profonde, dont il se servait pour se rendre considérable en défendant la religion catholique qui commençait d'être attaquée. Le chevalier de Guise, que l'on appela depuis le grand prieur, était un prince aimé de tout le monde, bien fait, plein d'esprit, plein d'adresse, et d'une valeur célèbre par toute l'Europe. Le prince de Condé, dans un petit corps peu favorisé de la nature, avait une âme grande et hautaine, et un esprit qui le rendait aimable aux yeux même des plus belles femmes. Le duc de Nevers, dont la vie était glorieuse par la guerre et par les grands emplois qu'il avait eus, quoique dans un âge un peu avancé, faisait les délices de la cour. Il avait trois fils parfaitement bien faits : le second, qu'on appelait le prince de Clèves, était digne de soutenir la gloire de son nom ; il était brave et magnifique, et il avait une prudence qui ne se trouve guère avec la jeunesse. Le vidame de Chartres, descendu de cette ancienne maison de Vendôme, dont les princes du sang n'ont point dédaigné de porter le nom, était également distingué dans la guerre et dans la galanterie. Il était beau, de bonne mine, vaillant, hardi, libéral ; toutes ces bonnes qualités étaient vives et éclatantes ; enfin, il était seul digne d'être comparé au duc de Nemours, si quelqu'un lui eût pu être comparable. Mais ce prince était un chef-d'œuvre de la nature ; ce qu'il avait de moins admirable était d'être l'homme du monde le mieux fait et le plus beau. Ce qui le mettait au-dessus des autres était une valeur incomparable, et un agrément dans son esprit, dans son visage et dans ses actions, que l'on n'a jamais vu qu'à lui seul ; il avait un enjouement qui plaisait également aux hommes et aux femmes, une adresse extraordinaire dans tous ses exercices, une manière de s'habiller qui était toujours suivie de tout le monde, sans pouvoir être imitée, et enfin, un air dans toute sa personne, qui faisait qu'on ne pouvait regarder que lui dans tous les lieux où il paraissait. Il n'y avait aucune dame dans la cour, dont la gloire n'eût été flattée de le voir attaché à elle ; peu de celles à qui il s'était attaché se pouvaient vanter de lui avoir résisté, et même plusieurs à qui il n'avait point témoigné de passion n'avaient pas laissé d'en avoir pour lui. Il avait tant de douceur et tant de disposition à la galanterie, qu'il ne pouvait refuser quelques soins à celles qui tâchaient de lui plaire : ainsi il avait plusieurs maîtresses, mais il était difficile de deviner celle qu'il aimait véritablement. Il allait souvent chez la reine dauphine ; la beauté de cette princesse, sa douceur, le soin qu'elle avait de plaire à tout le monde, et l'estime particulière qu'elle témoignait à ce prince, avaient souvent donné lieu de croire qu'il levait les yeux jusqu'à elle. Messieurs de Guise, dont elle était nièce, avaient beaucoup augmenté leur crédit et leur considération par son mariage ; leur ambition les faisait aspirer à s'égaler aux princes du sang, et à partager le pouvoir du connétable de Montmorency. Le roi se reposait sur lui de la plus grande partie du gouvernement des affaires, et traitait le duc de Guise et le maréchal de Saint-André comme ses favoris. Mais ceux que la faveur ou es affaires approchaient de sa personne ne s'y pouvaient maintenir qu'en se soumettant à la duchesse de Valentinois ; et quoiqu'elle n'eût plus de jeunesse ni de beauté, elle le gouvernait avec un empire si absolu, que l'on peut dire qu'elle était maîtresse de sa personne et de l'État.

 

Extrait du corrigé :

Madame de La Fayette (1634-1693) : romancière française, et grande dame de son temps, auteur du célèbre roman La Princesse de Clèves.

Familière des salons littéraires de la capitale, citée dans le Dictionnaire des précieuses (1660) de Somaize, Madame de La Fayette entreprend d’écrire des romans. Son œuvre pose le problème de la condition féminine, en un temps ou mariage et amour sont rarement compatibles.

 

La Princesse de Clèves :

Ce roman est publié en 1678, sous l'anonymat.

Œuvre la plus célèbre de Madame de La Fayette et œuvre très importante dans la littérature française car elle est considérée comme le chef-d'œuvre du roman classique et pour le modèle du roman d'analyse psychologique.

Écrit à la troisième personne, le récit a pour toile de fond historique la vie à la cour des Valois, dans les dernières années du règne d’Henri II. Il met en scène une jeune femme superbe et parfaite, Madame de Clèves, mariée sans amour,  qui s’éprend du duc de Nemours.

 

Extrait : début du roman, donne le cadre de l’histoire.

 

 

I- Un monde merveilleux 

              A- Le roi de Navarre

• Cf. toutes les hyperboles : « tout le monde ; la grandeur de son rang ; les plus périlleux… ».

• Roi de Navarre => portrait très élogieux. Cf. tout le vocabulaire mélioratif : « le respect ; excellait ; valeur si admirable ; si heureux succès ; toutes les autres grandes qualités… ».

+ cf. : « esprit vaste et profond, une âme noble et élevée, et une égale capacité pour la guerre et pour les affaires » : multiplication des « et »

Éloge du narrateur mais éloge reconnue par tous : « ne dût le regarder avec envie ».