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SUJET : Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, acte IV, scène 4 | Commentaires composés | Rostand | Théâtre

Commentaires composés | Rostand | Théâtre

Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, acte IV, scène 4
DE GUICHE, S'adressant aux cadets. Je peux mépriser vos bravades...

 acte IV, scène 4 

 

DE GUICHE, S'adressant aux cadets.

Je peux mépriser vos bravades.

On connaît ma façon d'aller aux mousquetades ;

Hier, à Bapaume, on vit la furie avec quoi

J'ai fait lâcher le pied au comte de Bucquoi ;

Ramenant sur ses gens les miens en avalanche,

J'ai chargé par trois fois !

 

CYRANO, sans lever le nez de son livre

Et votre écharpe blanche ?

 

DE GUICHE, surpris et satisfait

Vous savez ce détail ?... En effet, il advint,

Durant que je faisais ma caracole afin

De rassembler mes gens pour la troisième charge,

Qu'un remous de fuyards m'entraîna sur la marge

Des ennemis ; j'étais en danger qu'on me prît

Et qu'on m'arquebusât, quand j'eus le bon esprit

De dénouer et de laisser couler à terre

L'écharpe qui disait mon grade militaire ;

En sorte que je pus, sans attirer les yeux,

Quitter les Espagnols, et revenant sur eux,

Suivi de tous les miens réconfortés, les battre !

Eh bien ! que dites-vous de ce trait ?

Les cadets n'ont pas l'air d'écouter ; mais ici les cartes et les cornets à dés restent en l'air, la fumée des pipes demeure dans les joues : attente.

 

CYRANO

Qu'Henri quatre

N'eût jamais consenti, le nombre l'accablant,

A se diminuer de son panache blanc.

Joie silencieuse. Les cartes s'abattent. Les dés tombent. La fumée s'échappe.

 

DE GUICHE

L'adresse a réussi, cependant !

Même attente suspendant les jeux et les pipes.

 

CYRANO

C'est possible.

Mais on n'abdique pas l'honneur d'être une cible.

Cartes, dés, fumées, s'abattent, tombent, s'envolent avec une satisfaction croissante.

Si j'eusse été présent quand l'écharpe coula

-Nos courages, monsieur, diffèrent en cela-

Je l'aurais ramassée et me l'a serais mise.

 

DE GUICHE

Oui, vantardise, encor, de gascon !

 

CYRANO

Vantardise ?...

Prêtez-là moi. Je m'offre à monter, dès ce soir,

A l'assaut, le premier, avec elle en sautoir.

 

DE GUICHE

Offre encor de gascon ! Vous savez que l'écharpe

Resta chez l'ennemi, sur les bords de la Scarpe,

En un lieu que depuis la mitraille cribla,-

Où nul ne peut aller la chercher !

 

 

Extrait du corrigé :

Cyrano de Bergerac : célèbre pièce de théâtre d'Edmond Rostand, jouée pour la première fois le 27 décembre 1897 au théâtre parisien de la porte Saint-Martin.

Lors de cette première, le triomphe est sans pareil : très longs applaudissements (vingt minutes ininterrompues) + un ministre vient dans la loge épingler sa Légion d'honneur sur la poitrine de Rostand en expliquant : « Je me permets de prendre un peu d'avance » (l’auteur la reçut en effet peu après).

 

Edmond Rostand s'est inspiré librement pour sa pièce d'un personnage réel, Savinien Cyrano de Bergerac (1619-1655), contemporain de Boileau et Molière, poète et libre-penseur.

 

Scène 4 de l’acte IV : Les cadets de Gascogne

 

Roxane dans l’acte III a repoussé parvient les avances du comte de Guiche, dont le régiment doit partir à la guerre. Craignant le départ du régiment de Christian, elle  décide de précipiter son mariage avec le jeune homme => Se rendant compte qu’il a été abusé, de Guiche  se venge et envoie aussitôt Christian et Cyrano pour combattre au siège d'Arras.

Affamés au siège d'Arras par les Espagnols, les Gascons se désespèrent tandis que Cyrano franchit quotidiennement les lignes pour faire parvenir à Roxane les lettres qu'il écrit et signe du nom de Christian.

 

I- Un dialogue de théâtre particulier 

            A- Récit de bataille

NB : situation > de Guiche, Cyrano et les cadets.

• Cf. l’allusion à l’écharpe blanche qui fait dévier la scène.

• Récit épique > valorisant pour De Guiche :

- Péril : « j'étais en danger » ; « sur la marge / Des ennemis ».

- Adresse personnelle > valorisation de ses actions. Cf. « quand j'eus le bon esprit » ; « sans attirer les yeux » ; « réconfortés, les battre ! » ; « revenant sur eux » ; « L'adresse a réussi » => éloge personnelle.