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SUJET : Flaubert, L’Éducation sentimentale, partie I, chapitre 5 – Ils ne trouvèrent, ensuite, absolument rien à se dire... | Commentaires composés | Flaubert | roman

Commentaires composés | Flaubert | roman

Flaubert, L’Éducation sentimentale, partie I, chapitre 5 – Ils ne trouvèrent, ensuite, absolument rien à se dire...

Flaubert, L’Éducation sentimentale, partie I, chapitre 5 – Ils ne trouvèrent, ensuite, absolument rien à se dire

 

              Ils ne trouvèrent, ensuite, absolument rien à se dire. Arnoux, qui s'était fait une cigarette, tournait autour de la table, en soufflant. Frédéric, debout contre le poêle, contemplait les murs, l'étagère, le parquet ; et des images charmantes défilaient dans sa mémoire, devant ses yeux plutôt. Enfin il se retira.

              Un morceau de journal, roulé en boule, traînait par terre, dans l'antichambre ; Arnoux le prit, et, se haussant sur la pointe des pieds, il l'enfonça dans la sonnette, pour continuer, dit-il, sa sieste interrompue. Puis, en lui donnant une poignée de main :

– " Avertissez le concierge, s'il vous plaît, que je n'y suis pas ! "

              Et il referma la porte sur son dos, violemment.

              Frédéric descendit l'escalier marche à marche. L'insuccès de cette première tentative le décourageait sur le hasard des autres. Alors commencèrent trois mois d'ennui. Comme il n'avait aucun travail, son désœuvrement renforçait sa tristesse.

              Il passait des heures à regarder, du haut de son balcon, la rivière qui coulait entre les quais grisâtres, noircis, de place en place, par la bavure des égouts, avec un ponton de blanchisseuses amarré contre le bord, où des gamins quelquefois s'amusaient, dans la vase, à faire baigner un caniche. Ses yeux délaissant à gauche le pont de pierre de Notre-Dame et trois ponts suspendus, se dirigeaient toujours vers le quai aux Ormes, sur un massif de vieux arbres, pareils aux tilleuls du port de Montereau. La tour Saint-Jacques, l'Hôtel de Ville, Saint-Gervais, Saint-Louis, Saint- Paul se levaient en face, parmi les toits confondus, – et le génie de la colonne de Juillet resplendissait à l'orient comme une large étoile d'or, tandis qu'à l'autre extrémité le dôme des Tuileries arrondissait, sur le ciel, sa lourde masse bleue. C'était par-derrière, de ce côté-là, que devait être la maison de Mme Arnoux.

              Il rentrait dans sa chambre ; puis, couché sur son divan, s'abandonnait à une méditation désordonnée : plans d'ouvrages, projets de conduite, élancements vers l'avenir. Enfin, pour se débarrasser de lui-même, il sortait.

 

Extrait du corrigé

Gustave Flaubert : écrivain, né à Rouen le 12 décembre 1821 et mort à Canteleu, au hameau de Croisset, le 8 mai 1880.

Romancier qui a marqué la littérature française, notamment par la profondeur de ses analyses psychologiques, son souci de réalisme, son regard lucide sur les comportements des individus et de la société, et par la force de son style à travers de grands romans comme Madame Bovary ou l'Éducation sentimentale.

 

L’Éducation sentimentale, histoire d’un jeune homme : roman rédigé à partir de septembre 1864 et achevé le 16 mai 1869 (il est publié la même année).

Pour le thème de son récit, Flaubert s’est inspiré du roman de Sainte-Beuve Volupté, que Balzac avait déjà traité et d’une certaine manière réécrit dans le Lys dans la vallée. L’Éducation sentimentale reprend en effet le même sujet, mais selon des règles narratives entièrement neuves et en réinventant le roman d'apprentissage pour lui donner une profondeur et une acuité jamais atteinte. Cette œuvre comporte de nombreux éléments autobiographiques (tels la rencontre de Madame Arnoux, inspirée de la rencontre de Flaubert avec Élisa Schlésinger).

 

L’Éducation sentimentale => avec réaliste et beaucoup de justesse, Flaubert dépeint à la fois l’individu et la société à travers la vie de Frédéric, le personnage principal du roman.

 

              Frédéric, éperdument amoureux de Mme Arnoux, s’est réjoui du départ du mari de celle-ci pour pouvoir aller lui rendre visite chez elle. Malheureusement, M. Arnoux n'est pas parti et Mme Arnoux qui n'est pas là. Il doit donc trouver une excuse pour sa visite > n’ont finalement rien à se dire.

 

I- Un roman réaliste 

              A- Un roman

• Récit coupé de la situation d’énonciation => 3e personne du singulier « Arnoux ; Frédéric ; il » ou du pluriel « Ils ».

• Alternance d’imparfait (> toile de fond, arrière plan, descriptions) et de passé simple (> actions rompant la toile de fond de l’imparfait, actions brèves…). Cf. « trouvèrent ; se retira » / « contemplait ; défilaient ; traînait ».

• Connecteurs temporels : « ensuite ; Enfin ; Puis ; commencèrent trois mois… ».

• Passages au discours direct => présence des guillemets, des incises (« dit-il ») + temps du discours > présent « je n'y suis pas » ; impératif : « Avertissez ».