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SUJET : Laclos, Les Liaisons dangereuses, lettre II. | Commentaires composés | Laclos | Roman épistolaire

Commentaires composés | Laclos | Roman épistolaire

Laclos, Les Liaisons dangereuses, lettre II.
La Marquise de Merteuil au vicomte de Valmont Paris, ce 4 août 17**. Revenez, mon cher Vicomte, revenez : que faites-vous, que pouvez-vous faire chez une vieille tante dont tous les biens vous sont substitué ?...

 La Marquise de Merteuil au vicomte de Valmont

 

Paris, ce 4 août 17**.

 

Revenez, mon cher Vicomte, revenez : que faites-vous, que pouvez-vous faire chez une vieille tante dont tous les biens vous sont substitué ? Partez sur-le-champ ; j’ai besoin de vous. Il m’est venu une excellente idée, et je veux bien vous en confier l’exécution. Ce peu de mots devrait suffire ; et, trop honoré de mon choix, vous devriez venir, avec empressement, prendre mes ordres à genoux ; mais vous abusez de mes bontés, même depuis que vous n’en usez plus ; et dans l’alternative d’une haine éternelle ou d’une excessive indulgence, votre bonheur veut que ma bonté l’emporte. Je veux donc bien vous instruire de mes projets : mais jurez-moi qu’en fidèle Chevalier, vous ne courrez aucune aventure que vous n’ayez mis celle-ci à fin. Elle est digne d’un Héros : vous servirez l’amour et la vengeance ; ce sera enfin une rouerie de plus à mettre dans vos Mémoires : oui, dans vos Mémoires, car je veux qu’ils soient imprimés un jour, et je me charge de les écrire. Mais laissons cela, et revenons à ce qui m’occupe.

 

Mme de Volanges marie sa fille : c’est encore un secret ; mais elle m’en a fait part hier. Et qui croyez-vous qu’elle ait choisi pour gendre ? Le Comte Gercourt. Qui m’aurait dit que je deviendrais la cousine de Gercourt ? J’en suis dans une fureur… Eh bien ! Vous ne devinez pas encore ? Oh ! L’esprit lourd ! Lui avez-vous donc pardonné l’aventure de l’Intendante ? Et moi, n’ais-je pas encore plus à me plaindre de lui, monstre que vous êtes ? Mais je m’apaise, et l’espoir de me venger rassérène mon âme.

 

Vous avez été ennuyé cent fois, ainsi que moi, de l’importance que met Gercourt à la femme qu’il aura, et de la sotte présomption qui lui fait croire qu’il évitera le sort inévitable. Vous connaissez ses ridicules préventions pour les éducations cloîtrées, et son préjugé, plus ridicule encore, en faveur de la retenue des blondes. En effet, je gagerais que, malgré les soixante milles livres de rente de la petite Volanges, il n’aurait jamais fait ce mariage, si elle eût été brune, ou si elle n’eût pas été au Couvent. Prouvons-lui donc qu’il n’est qu’un sot : il le sera sans doute un jour ; ce n’est pas là qui m’embarrasse : mais le plaisant serait qu’il débutât par là. Comme nous nous amuserions le lendemain en l’entendant se vanter ! Car il se vantera ; et puis, si une fois vous formez cette petite fille, il y aura bien du malheur si le Gercourt ne devient pas, comme un autre, la fable de Paris.

 

Au reste, l’Héroïne de ce nouveau Roman mérite tous vos soins : elle est vraiment jolie ; cela n’a que quinze ans, c’est le bouton de rose ; gauche à la vérité, comme on ne l’est point, et nullement maniérée : mais, vous autres hommes, vous ne craignez pas cela ; de plus, un certain regard langoureux qui promet beaucoup de vérité : ajoutez-y que je vous la recommande ; vous n’avez plus qu’à me remercier et m’obéir.

 

Vous recevrez cette lettre demain matin. J’exige que demain à sept heures du soir, vous soyez chez moi. Je ne recevrai personne qu’à huit, pas même le régnant chevalier : il n’a pas assez de tête pour aussi grande affaire. Vous voyez que l’amour ne m’aveugle pas. A huit heures je vous rendrai votre liberté, et vous reviendrez à dis souper avec le bel objet ; car la mère et la fille souperont chez moi. Adieu, il est midi passé : bientôt je ne m’occuperai plus de vous.

 

Extrait du corrigé :

Les Liaisons dangereuses : roman épistolaire écrit en 1782 => narre le duel pervers et libertin de deux membres de la noblesse française du siècle des Lumières, la marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont.

 

Il s’agit du tout début du roman épistolaire de Laclos. Cette lettre est la 2e de l’œuvre et suit celle de la jeune et innocente Cécile.

Lettre de la Marquise de Merteuil au vicomte de Valmont : deux protagonistes.

 

I- Lettre et introduction dans le monde 

            A- Une lettre

• Lettre dans un roman épistolaire. Rappelez les caractéristiques de la lettre :

- Marques de 1e personne du singulier (« je » ; me » ; « m’ »…) : la marquise de Merteuil. Marques de la 2e personne du pluriel (« vous »…), vouvoiement adressé au vicomte de Valmont. Marques de la 2epersonne du pluriel (« nous »…) : couple, alliance formés par Merteuil et Valmont.

- Temps du discours (présent, futur…) ;

- Date et lieu précis, réaliste « Paris, ce 4 août 17** ». Évoque même la lettre « Vous recevrez cette lettre demain matin ».