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SUJET : Stendhal, Le Rouge et le Noir, Partie I – Je ne veux pas être domestique... | Commentaires composés | Stendhal | roman

Commentaires composés | Stendhal | roman

Stendhal, Le Rouge et le Noir, Partie I – Je ne veux pas être domestique...
– Animal, qui te parle d'être domestique, est-ce que je voudrais que mon fils fût domestique ? ...

Stendhal, Le Rouge et le Noir, Partie I – Je ne veux pas être domestique

 

              – Je ne veux pas être domestique.

              – Animal, qui te parle d'être domestique, est-ce que je voudrais que mon fils fût domestique ?

              – Mais, avec qui mangerai-je ?

              Cette demande déconcerta le vieux Sorel, il sentit qu'en parlant, il pourrait commettre quelque imprudence; il s'emporta contre Julien, qu'il accabla d'injures, en l'accusant de gourmandise, et le quitta pour aller consulter ses autres fils.

              Julien les vit bientôt après, chacun appuyé sur sa hache et tenant conseil. Après les avoir longtemps regardés, Julien ne pouvant rien deviner, alla se placer de l'autre côté de la scie, pour éviter d'être surpris. Il voulait penser mûrement à cette annonce imprévue qui changeait son sort, mais il se sentit incapable de prudence; son imagination était tout entière à se figurer ce qu'il verrait dans la belle maison de M. de Rênal.

              – «Il faut renoncer à tout cela se dit-il, plutôt que de se laisser réduire à manger avec lés domestiques. Mon père voudra m'y forcer ; plutôt mourir. J'ai quinze francs huit sous d'économie, je me sauve cette nuit, en deux jours, par des chemins de traverse où je ne crains nul gendarme, je suis à Besançon ; là, je m'engage comme soldat, et, s'il le faut, je passe en Suisse. Mais alors plus d'avancement, plus d'ambition pour moi, plus de ce bel état de prêtre qui mène à tout.»

              Cette horreur pour manger avec les domestiques n'était pas naturelle à Julien ; il eût fait, pour arriver à là fortune, des choses bien autrement pénibles. Il puisait cette répugnance dans Les Confessions de Rousseau. C'était le seul livre à l'aide duquel son imagination se figurât le monde. Le recueil des Bulletins de la Grande Armée et Le Mémorial de Sainte-Hélène complétaient son Coran. Il se serait fait tuer pour ces trois ouvrages. Jamais il ne crut en aucun autre. D'après un mot du vieux chirurgien-major, il regardait tous les autres livres du monde comme menteurs, et écrits par des fourbes pour avoir de l'avancement.

              Avec une âme de feu, Julien avait une de ces mémoires étonnantes si souvent unies à la sottise. Pour gagner le vieux curé Chélan, duquel il voyait bien que dépendait son sort à venir, il avait appris par coeur tout le Nouveau Testament en latin, il savait aussi le livre Du Pape de M. de Maistre, et croyait à l'un aussi peu qu'à l'autre.

              Comme par un accord mutuel. Sorel et son fils évitèrent de se parler ce jour-là. Sur la brune, Julien alla prendre sa leçon de théologie chez le curé, mais il ne jugea pas prudent de lui rien dire de l'étrange proposition qu'on avait faite à son père.

              – «Peut-être est-ce un piège, se disait-il, il faut taire semblant de l'avoir oublié.»

              Le lendemain de bonne heure, M. de Rênal fit appeler le vieux Sorel, qui, après s'être fait attendre une heure ou deux, finit par arriver, en faisant dès la porte cent excuses, entremêlées d'autant de révérences. À force de parcourir toutes sortes d'objections, Sorel comprit que son fils mangerait avec le maître et la maîtresse de maison, et les jours où il y aurait du monde, seul dans une chambre à part avec les enfants. Toujours plus disposé à incidenter à mesure qu'il distinguait un véritable empressement chez M. le maire, et d'ailleurs rempli de défiance et d'étonnement, Sorel demanda à voir la chambre où coucherait son fils. C'était une grande pièce meublée fort proprement, mais dans laquelle on était déjà occupé à transporter les lits des trois enfants.

 

 

 

 Extrait du corrigé :

Stendhal, de son vrai nom Henri Beyle, est né le 23 janvier 1783 à Grenoble et est mort le 23 mars 1842 à Paris. Il a participé aux guerres de la Révolution et de l'Empire comme officier de dragons et comme intendant militaire.

Romancier réputé pour la finesse d'analyse des sentiments de ses personnages, Stendhal est l’auteur de Lucien Leuwen, La Chartreuse de Parme, du Rouge et le Noir

 

Le Rouge et le Noir, sous-titré Chronique de 1830 : roman composé de deux parties : la première retrace le parcours provincial de Julien Sorel, son entrée chez les Rênal, et la montée de ses ambitions au séminaire, et la seconde la vie du héros à Paris comme secrétaire de M. de La Mole et son déchirement entre ambitions et sentiments.

Roman centré sur Julien Sorel. Grande attention portée à la psychologie des personnages (Julien Sorel, Mme de Rênal, Mathilde...).

 

Début du roman d’apprentissage => Julien doit entrer chez M. de Rênal.

Traits de caractères de Julien qui apparaissent.

 

I- Un jeune paysan instruit 

              NB : vient d’un milieu très simple. Cf. ses frères > « chacun appuyé sur sa hache » ; « de l'autre côté de la scie »…

              A- Un tempérament fier

• Fils de paysan, Julien garde un fier tempérament.

Cf. « – Je ne veux pas être domestique » ; « – Mais, avec qui mangerai-je ? » ; « plutôt que de se laisser réduire à manger avec les domestiques » ; « Cette horreur pour manger avec les domestiques » ;  « cette répugnance »… 

• Montrez qu’il ne compte pas se laisser faire.

• « Mon père voudra m'y forcer ; plutôt mourir » > personnage décidé.