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SUJET : Flaubert, L'Éducation sentimentale, I, 5 – La contemplation de cette femme l'énervait… | Commentaires composés | Flaubert | roman

Commentaires composés | Flaubert | roman

Flaubert, L'Éducation sentimentale, I, 5 – La contemplation de cette femme l'énervait…

              Flaubert, L'Éducation sentimentale, I, 5 – La contemplation de cette femme l'énervait…

 

              La contemplation de cette femme l'énervait1, comme l'usage d'un parfum trop fort. Cela descendit dans les profondeurs de son tempérament, et devenait presque une manière générale de sentir, un mode nouveau d'exister.

              Les prostituées qu'il rencontrait aux feux du gaz, les cantatrices poussant leurs roulades, les écuyères sur leurs chevaux au galop, les bourgeoises à pied, les grisettes2 à leur fenêtre, toutes les femmes lui rappelaient celle-là, par des similitudes ou par des contrastes violents. Il regardait, le long des boutiques, les cachemires, les dentelles et les pendeloques de pierreries, en les imaginant drapés autour de ses reins, cousues à son corsage, faisant des feux dans sa chevelure noire. À l'éventaire3 des marchandes, les fleurs s'épanouissaient pour qu'elle les choisît en passant ; dans la montre4 des cordonniers, les petites pantoufles de satin à bordure de cygne semblaient attendre son pied ; toutes les rues conduisaient vers sa maison ; les voitures ne stationnaient sur les places que pour y mener plus vite ; Paris se rapportait à sa personne, et la grande ville avec toutes ses voix bruissait, comme un immense orchestre, autour d'elle.

              Quand il allait au Jardin des Plantes, la vue d'un palmier l'entraînait vers des pays lointains. Ils voyageaient ensemble, au dos des dromadaires, sous le tendelet5 des éléphants, dans la cabine d'un yacht parmi des archipels bleus, ou côte à côte sur deux mulets à clochettes, qui trébuchent dans les herbes contre des colonnes brisées. Quelquefois, il s'arrêtait au Louvre devant de vieux tableaux ; et son amour l'embrassant jusque dans les siècles disparus, il la substituait aux personnages des peintures. Coiffée d'un hennin, elle priait à deux genoux derrière un vitrage de plomb. Seigneuresse des Castilles ou des Flandres, elle se tenait assise, avec une fraise empesée et un corps de baleines à gros bouillons. Puis elle descendait quelque grand escalier de porphyre, au milieu des sénateurs, sous un dais de plumes d'autruche, dans une robe de brocart. D'autres fois, il la rêvait en pantalon de soie jaune, sur les coussins d'un harem ; — et tout ce qui était beau, le scintillement des étoiles, certains airs de musique, l'allure d'une phrase, un contour, l'amenaient à sa pensée d'une façon brusque et insensible.

Quant à essayer d'en faire sa maîtresse, il était sûr que toute tentative serait vaine.

 

1- Faire perdre à quelqu'un ses forces physiques ou morales.

2- Les grisettes sont des ouvrières qui travaillent pour des fabricants d'étoffes.

3- Plateau, corbeille d'osier que les marchands et camelots portent devant eux (généralement maintenu autour du cou par une sangle) pour la vente ambulante.

4- Vitrine.

5- Petits abris, tente.

 

Extrait du corrigé

Gustave Flaubert : écrivain, né à Rouen le 12 décembre 1821 et mort à Canteleu, au hameau de Croisset, le 8 mai 1880.

Romancier qui a marqué la littérature française, notamment par la profondeur de ses analyses psychologiques, son souci de réalisme, son regard lucide sur les comportements des individus et de la société, et par la force de son style à travers de grands romans comme Madame Bovary ou l'Éducation sentimentale.

 

L’Éducation sentimentale, histoire d’un jeune homme : roman rédigé à partir de septembre 1864 et achevé le 16 mai 1869 (il est publié la même année).

Pour le thème de son récit, Flaubert s’est inspiré du roman de Sainte-Beuve Volupté, que Balzac avait déjà traité et d’une certaine manière réécrit dans le Lys dans la vallée. L’Éducation sentimentale reprend en effet le même sujet, mais selon des règles narratives entièrement neuves et en réinventant le roman d'apprentissage pour lui donner une profondeur et une acuité jamais atteinte. Cette œuvre comporte de nombreux éléments autobiographiques (comme la rencontre de Madame Arnoux, inspirée de la rencontre de Flaubert avec Élisa Schlésinger).

 

L’Éducation sentimentale => avec réaliste et beaucoup de justesse, Flaubert dépeint à la fois l’individu et la société à travers la vie de Frédéric, le personnage principal du roman.

 

=> Comment la ville se transforme dans l’esprit de Frédéric.

 

I- Un héros amoureux

              A- Le malaise du héros

• « L’énervait » > ne pas prendre ce terme dans notre sens d’irriter. Énerver dans le sens > Faire perdre à quelqu'un ses forces physiques ou morales => abattement de Frédéric au contact de Mme Arnoux.

• « descendit dans les profondeurs de son tempérament » > douleur morale > douleur physique.

• « comme l'usage d'un parfum trop fort » => comparaison qui évoque l’écoeurement > douleur, malaise physique.