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SUJET : Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions. Rencontre avec Mme de Warens | Commentaires composés | Rousseau | Autobiographie

Commentaires composés | Rousseau | Autobiographie

Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions. Rencontre avec Mme de Warens
Je ne trouvai point Mme de Warens ; on me dit qu'elle venait de sortir pour aller à l'église...

 Je ne trouvai point Mme de Warens ; on me dit qu'elle venait de sortir pour aller à l'église. C'était le jour des Rameaux de l'année 1728. Je cours pour la suivre : je la vois, je l'attends, je lui parle... Je dois me souvenir du lieu ; je l'ai souvent depuis mouillé de mes larmes et couvert de mes baisers. Que ne puis-je entourer d'un balustre d'or cette heureuse place ! que n'y puis-je attirer les hommages de toute la terre! Quiconque aime à honorer les monuments du salut des hommes n'en devrait approcher qu'à genoux. C'était un passage derrière sa maison, entre un ruisseau à main droite qui la séparait du jardin, et le mur de la cour à gauche, conduisant par une fausse porte à l'église des Cordeliers. Prête à entrer dans cette porte Mme de Warens se retourne à ma voix. Que devins-je à cette vue ! Je m'étais figuré une vieille dévote bien rechignée : la bonne dame de M. de Pontverre ne pouvait être autre chose à mon avis. Je vois un visage pétri de grâces, de beaux yeux bleus pleins de douceur, un teint éblouissant, le contour d'une gorge enchanteresse. Rien n'échappa au rapide coup d'oeil du jeune prosélyte : car je devins à l'instant le sien, sûr qu'une religion prêchée par de tels missionnaires ne pouvait manquer de mener en paradis. Elle prend en souriant la lettre que je lui présente d'une main tremblante, l'ouvre, jette un coup d'oeil sur celle de M. de Pontverre, revient à la mienne, qu'elle lit tout entière, et qu'elle eût relue encore si son laquais ne l'eût avertie qu'il était temps d'entrer. « Eh! mon enfant, me dit-elle d'un ton qui me fit tressaillir, vous voilà courant le pays bien jeune; c'est dommage en vérité ». Puis, sans attendre ma réponse, elle ajouta : « Allez chez moi m'attendre : dites qu'on vous donne à déjeuner; après la messe j'irai causer avec vous ».

 

Extrait du corrigé :

Les Confessions : autobiographie de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) publiée à titre posthume > la première partie de l’œuvre (livres I à VI) a été publiée en 1782 et la seconde (livres VII à XII) en 1789.

Le titre a sans doute été choisi en référence aux Confessions de Saint-Augustin, publiées au IVe siècle après Jésus Christ.

 

Les Confessions : composée de douze livres, cette œuvre est considérée comme la première autobiographie.

 

Texte célèbre => rencontre décisive pour Rousseau.

 

I- Une autobiographie, un récit très marquant 

              A- L’autobiographie de Rousseau

• Identité entre l’auteur, le narrateur et le personnage principal => montrez la multiplication des marques de 1e personne (autobiographie > récit sur soi).

• Marques de l’énonciation du Rousseau, auteur :

- Cf. l’utilisation des présents (d’énonciation). Ex : « Je dois me souvenir du lieu ». + Présent de vérité générale, sorte de maxime de l’écrivain qui tire une sorte de sentence : « Quiconque aime à honorer… ».

- « je l'ai souvent depuis mouillé » > passé composé. Recul de l’auteur plus âgé.

- « Que devins-je à cette vue ! » : exclamation de l’auteur qui revit ce moment, bien des années après.

• Marques de l’énonciation du jeune Jean-Jacques > Cf. l’utilisation des temps du récit. Imparfait (« ne pouvait être ; C'était ; séparait du jardin… ») / passé simple ‘« Je ne trouvai point ; je devins ; elle ajouta… »).