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SUJET : Marguerite Duras, Un barrage contre le Pacifique, Incipit. | Commentaires composés | Duras | roman

Commentaires composés | Duras | roman

Marguerite Duras, Un barrage contre le Pacifique, Incipit.
Il leur avait semblé à tous les trois...

 Il leur avait semblé à tous les trois que c'était une bonne idée d'acheter ce cheval. Même si ça en devait servir qu'à payer les cigarettes de Joseph. D'abord, c'était une idée, ça prouvait qu'ils pouvaient encore avoir des idées. Puis ils se sentaient moins seuls, reliés par ce cheval au monde extérieur, tout de même capables d'en extraire quelque chose, de ce monde, même si c'était misérable, d'en extraire quelque chose qui n'avait pas été à eux jusque-là, et de l'amener jusqu'à leur coin de plaine saturée de sel, jusqu'à eux trois saturés d'ennui et d'amertume. c'était ça les transports : même d'un désert, où rien ne pousse, on pouvait encore faire sortir quelque chose, en le faisant traverser à ceux qui vivent ailleurs, à ceux qui sont du monde.

Cela dura huit jours. Le cheval était trop vieux, bien plus vieux que la mère pour un cheval, un vieillard centenaire. Il essaya honnêtement de faire le travail qu'on lui demandait et qui était bine au dessus de ses forces depuis longtemps, puis il creva.

  Ils en furent dégoûtés, si dégoûtés, en se retrouvant sans cheval sur leur coin de plaine, dans la solitude et la stérilité de toujours, qu'ils décidèrent le soir même qu'ils iraient tous les trois le lendemain à Ram, pour essayer de se consoler en voyant du monde.

Et c'est le lendemain à Ram qu'ils devaient faire la rencontre qui allait changer leur vie à tous.

Comme quoi une idée est toujours une bonne idée, du moment qu'elle fait faire quelque chose, même si tout est entrepris de travers, par exemple avec des chevaux moribonds. Comme quoi une idée de ce genre est toujours une bonne idée, même si tout échoue lamentablement, parce qu'alors il arrive au moins qu'on finisse par devenir impatient, comme on ne le serait jamais devenu si on avait commencé par penser que les idées qu'on avait étaient de mauvaises idées.

 

Extrait du corrigé :

Marguerite Duras (pseudonyme pour Marguerite Donnadieu) : écrivain et dramaturge française, née en 1914 en Indochine et décédée 1996 à Paris. Elle renouvela le genre romanesque et bouscula les conventions théâtrales et cinématographiques comme dialoguiste, scénariste et réalisatrice.

 

Un barrage contre le Pacifique : roman de Marguerite Duras, paru en 1950, qui raconte sa jeunesse en Indochine.

Extrait à étudier : incipit. Début de l’œuvre qui doit donc exposer les principaux personnages du roman, le lieu, l’époque > le cadre de l’histoire.

 

I- Incipit original d’un roman 

            A- Un début in media res

• Le narrateur nous plonge immédiatement dans le roman (VS un roman de Balzac par exemple).

Cf. « Il leur avait semblé à tous les trois » : le lecteur ne connaît pas ces 3 personnages.

Ligne 2, on apprend qu’un personnage s’appelle « Joseph ».

=> Indications et explications minimales. Le narrateur ne prend pas le temps d’expliquer qui sont les personnages, ne les décrit pas physiquement. On ne sait rien de leur couleur de cheveux, de leur apparence… Sur les trois, on devine juste qu’il y a un homme.

• On sait juste qu’ils sont trois et que Joseph fume des cigarettes

• Personnages qui ne sont pas heureux. Semblent déprimés. Vivent dans une grande solitude.

- Cf. « ça prouvait qu'ils pouvaient encore avoir des idées » > On devine qu’ils ne sont pas très actifs, heureux…

- Cf. « jusqu'à eux trois saturés d'ennui et d'amertume ».

- Après la mort du cheval, gradation dans leur non joie. Cf. « furent dégoûtés, si dégoûtés »…