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SUJET : Victor Hugo, Réponse à un acte d'accusation, Les mots, bien ou mal nés, vivaient parqués en castes... | Commentaires composés

Commentaires composés

Victor Hugo, Réponse à un acte d'accusation, Les mots, bien ou mal nés, vivaient parqués en castes...
Les Contemplations, Livre premier, VII, 1856,

Victor Hugo, Les Contemplations, Livre premier, VII (1856)

 

« Réponse à un acte d'accusation »

 

  1. Les mots, bien ou mal nés, vivaient parqués en castes;
  2. Les uns, nobles, hantant les Phèdres, les Jocastes,
  3. Les Méropes, ayant le décorum pour loi,
  4. Et montant à Versaille aux carrosses du roi;
  5. Les autres, tas de gueux, drôles patibulaires,
  6. Habitant les patois ; quelques-uns aux galères
  7. Dans l'argot ; dévoués à tous les genres bas,
  8. Déchirés en haillons dans les halles ; sans bas,
  9. Sans perruque ; créés pour la prose et la farce;
  10. Populace du style au fond de l'ombre éparse;
  11. Vilains, rustres, croquants, que Vaugelas leur chef
  12. Dans le bagne Lexique avait marqués d'une F;
  13. N'exprimant que la vie abjecte et familière,
  14. Vils, dégradés, flétris, bourgeois, bons pour Molière.
  15. Racine regardait ces marauds de travers;
  16. Si Corneille en trouvait un blotti dans son vers,
  17. Il le gardait, trop grand pour dire : Qu'il s'en aille;
  18. Et Voltaire criait : Corneille s'encanaille !
  19. Le bonhomme Corneille, humble, se tenait coi.
  20. Alors, brigand, je vins; je m'écriai : Pourquoi
  21. Ceux-ci toujours devant, ceux-là toujours derrière ?
  22. Et sur l'Académie, aïeule et douairière,
  23. Cachant sous ses jupons les tropes effarés,
  24. Et sur les bataillons d'alexandrins carrés,
  25. Je fis souffler un vent révolutionnaire.
  26. Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire.
  27. Plus de mot sénateur ! plus de mot roturier !
  28. Je fis une tempête au fond de l'encrier,
  29. Et je mêlai, parmi les ombres débordées,
  30. Au peuple noir des mots l'essaim blanc des idées;
  31. Et je dis : Pas de mot où l'idée au vol pur
  32. Ne puisse se poser, tout humide d'azur !
  33. Discours affreux ! - Syllepse, hypallage, litote,
  34. Frémirent ; je montai sur la borne Aristote,
  35. Et déclarai les mots égaux, libres, majeurs.
  36. Tous les envahisseurs et tous les ravageurs,
  37. Tous ces tigres, les Huns, les Scythes et les Daces,
  38. N'étaient que des toutous auprès de mes audaces;
  39. Je bondis hors du cercle et brisai le compas.
  40. Je nommai le cochon par son nom; pourquoi pas ?

 

 

Extrait du corrigé :

Victor-Marie Hugo : écrivain, dramaturge, poète, homme politique, académicien et intellectuel engagé, né le 26 février 1802 à Besançon et mort le 22 mai 1885 à Paris. Il est l’un des plus grands écrivains français et repose au Panthéon depuis le lundi 1er juin 1885.

Son œuvre est très diverse : romans, poésie lyrique, drames en vers et en prose, discours politiques à la Chambre des Pairs, correspondance abondante.

 

Les Contemplations >  recueil de 158 poèmes rassemblés en 6 livres que Victor Hugo a publié en 1856. La plupart des poèmes ont été écrits entre 1841 et 1855, mais les plus anciens datent de 1834.

Recueil d’inspiration autobiographique, écrit après la mort de Léopoldine, la fille du poète, et  considéré comme le chef-d’œuvre lyrique de Victor Hugo => Les Contemplations sont un recueil du souvenir, de l’amour, de la joie mais aussi de la mort, du deuil et même mystique.

 

 

Poème de Hugo qui se situe dans la première partie des Contemplations => qui est consacrée au début de sa vie, et donc aussi au grand combat mené avec le romantisme.

• « Réponse à un acte d’accusation » > sous-entend que le poète a été attaqué.

• Opposition entre la tragédie classique et la comédie => défend les règles du drame romantique. Cf. la Préface de Cromwell.

 

 

I- Attaque d’un théâtre aux règles trop strictes 

            A- Le langage

• « Les mots, bien ou mal nés, vivaient parqués en castes » => opposition entre le langage toléré dans la tragédie et celui de la comédie. Opposition nette entre le langage châtié de la tragédie VS le langage bas réservé à la comédie.

• Personnification du langage et des mots pour traduire cette opposition que Hugo critique.

Ex : « bien ou mal nés » ; « vivaient parqués en castes » ; « Les uns, nobles » ; « Habitant les patois » ; « Les autres, tas de gueux »…

• Tragédie : vocabulaire prétentieux, trop châtié. Cf.  « le décorum pour loi » ; « à Versailles aux carrosses du roi »… > que pour les nobles…

• Comédie : vocabulaire de la « populace ». Cf.  « aux galères » ; « Dans l'argot » ; « les genres bas »… + Véritable personnification de la langue « vulgaire » > vulgus : pour tous, pour les petits genres comme la « prose » et la « farce ». Cf. « Sans perruque » ; « Déchirés en haillons dans les halles » ; « sans bas » ; « Vilains, rustres, croquants »…

Personnification mais aussi métaphore filée du langage, assimilé aux gens des bas fonds de la société.

Cf. « Populace du style » au fond de l'ombre éparse;

NB : Vaugelas > grand érudit de la langue française.