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SUJET : Victor HUGO, Les Rayons et les ombres, « Tristesse d'Olympio ». | Commentaires composés

Commentaires composés

Victor HUGO, Les Rayons et les ombres, « Tristesse d'Olympio ».

  

  1. Les champs n'étaient point noirs, les cieux n'étaient pas mornes.
  2. Non, le jour rayonnait dans un azur sans bornes
  3. Sur la terre étendu,
  4. L'air était plein d'encens et les prés de verdures
  5. Quand il revit ces lieux où par tant de blessures
  6. Son coeur s'est répandu !

 

  1. L'automne souriait ; les coteaux vers la plaine
  2. Penchaient leurs bois charmants qui jaunissaient à peine ;
  3. Le ciel était doré ;
  4. Et les oiseaux, tournés vers celui que tout nomme,
  5. Disant peut-être à Dieu quelque chose de l'homme,
  6. Chantaient leur chant sacré !

 

  1. Il voulut tout revoir, l'étang près de la source,
  2. La masure où l'aumône avait vidé leur bourse,
  3. Le vieux frêne plié,
  4. Les retraites d'amour au fond des bois perdues,
  5. L'arbre où dans les baisers leurs âmes confondues
  6. Avaient tout oublié !

 

  1. Il chercha le jardin, la maison isolée,
  2. La grille d'où l'oeil plonge en une oblique allée,
  3. Les vergers en talus.
  4. Pâle, il marchait. - Au bruit de son pas grave et sombre,
  5. Il voyait à chaque arbre, hélas ! se dresser l'ombre
  6. Des jours qui ne sont plus !

 

  1. Il entendait frémir dans la forêt qu'il aime
  2. Ce doux vent qui, faisant tout vibrer en nous-même,
  3. Y réveille l'amour,
  4. Et, remuant le chêne ou balançant la rose,
  5. Semble l'âme de tout qui va sur chaque chose
  6. Se poser tour à tour !

 

  1. Les feuilles qui gisaient dans le bois solitaire,
  2. S'efforçant sous ses pas de s'élever de terre,
  3. Couraient dans le jardin ;
  4. Ainsi, parfois, quand l'âme est triste, nos pensées
  5. S'envolent un moment sur leurs ailes blessées,
  6. Puis retombent soudain.

 

  1. Il contempla longtemps les formes magnifiques
  2. Que la nature prend dans les champs pacifiques ;
  3. Il rêva jusqu'au soir ;
  4. Tout le jour il erra le long de la ravine,
  5. Admirant tour à tour le ciel, face divine,
  6. Le lac, divin miroir !

 

  1. Hélas ! se rappelant ses douces aventures,
  2. Regardant, sans entrer, par-dessus les clôtures,
  3. Ainsi qu'un paria,
  4. Il erra tout le jour, vers l'heure où la nuit tombe,
  5. Il se sentit le coeur triste comme une tombe,
  6. Alors il s'écria :

 

  1. Ô douleur ! j'ai voulu, moi dont l'âme est troublée,
  2. Savoir si l'urne encor conservait la liqueur,
  3. Et voir ce qu'avait fait cette heureuse vallée
  4. De tout ce que j'avais laissé là de mon coeur !

 

Extrait du corrigé :

 Victor-Marie Hugo : écrivain, dramaturge, poète, homme politique, académicien et intellectuel engagé, né le 26 février 1802 à Besançon et mort le 22 mai 1885 à Paris. Il est l’un des plus grands écrivains français et repose au Panthéon depuis le lundi 1er juin 1885.

Son œuvre est très diverse : romans, poésie lyrique, drames en vers et en prose, discours politiques à la Chambre des Pairs, correspondance abondante.

 

Les Rayons et les ombres : recueil de poèmes écrits après 1830, publié par Victor Hugo en 1840.

À travers ce recueil, Hugo prétend amener la poésie au plus près des hommes, leur faire parcourir des chemins universels : il pense mettre sa pensée au service d'une « Œuvre civilisatrice ».

- « Les Rayons »=> univers joyeux de la beauté, de l'amour, de la nature en fête et du souvenir des jours heureux.

VS

- « Les Ombres » => tristesse, morts, les rois et les héros oubliés.

Les « rayons » et les « ombres » réunis forment ainsi la vie...

 

Poème de Victor Hugo composé de 6 strophes de 6 vers et d’une strophe de 4 vers : 6 sizains + 1 quatrain.

52 vers.

Les sizains : composés de 2 alexandrins ; un hexamètre (moitié d’alexandrin) ; 2 alexandrins ; un hexamètre.

Le quatrain est composé de 4 alexandrins.

NB : l’alexandrins > le vers hugolien par excellence.

 

Sizains : les deux premières rimes sont suivies, du type AA (ex : « aventures ; clôtures ») puis dans les 4 autres vers, les rimes sont embrassées, du type ABBA. Ex : « soir ; ravine, divine ; miroir ».

 

Quatrain : les rimes sont croisées du type ABAB. Cf. « troublée ; liqueur ; vallée ; cœur ».

 

Hugo respecte l’alternance des rimes féminines (mots qui se terminent par –e, mais aussi –es ou –ent) et des rimes masculines. Ex : « amour ; rose ; chose ; tour ».

 

NB : attention, nous utilisons le terme « romantique » pour évoquer tout ce qui se rattache au mouvement du début du XIXe siècle (et pas dans le sens « histoire à l’eau de rose »).

 

I- Retour aux sources 

            A- Le climat agréable

• Le poète dresse le paysage, mais de manière négative. Cf. « n'étaient point » ; « n'étaient pas » ; « Non ». Réfutation d’un climat triste. Étonnant début de poème > cette réfutation suggère qu’il aurait probablement dû faire un temps maussade.

• Opposition entre le temps qu’il ne fait pas « noirs » ; « mornes » / et le temps splendide qui règne. Cf. « verdures » > couleur gaie, plein de vie ; « plein d'encens » > bonnes odeurs ; « rayonnait dans un azur sans bornes » > belle luminosité.

NB : l’automne est la saison préférée des romantiques sensibles au vent, à la pluie, aux feuilles mortes…

• Ici, l’automne est gai. Cf. « souriait » ; « bois charmants » + champ lexical de la lumière. Ex : « jaunissaient à peine » ; « était doré » > beauté.

+ Chant des oiseaux > confère une religiosité au lieu. « Chantaient leur chant sacré ! » > Polyptote.