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SUJET : Alfred de MUSSET, Poésies nouvelles, « A Ninon ». | Commentaires composés | Musset

Commentaires composés | Musset

Alfred de MUSSET, Poésies nouvelles, « A Ninon ».
Si je vous le disais pourtant, que je vous aime...

 

  1. Si je vous le disais pourtant, que je vous aime,
  2. Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez ?
  3. L'amour, vous le savez, cause une peine extrême ;
  4. C'est un mal sans pitié que vous plaignez vous-même ;
  5. Peut-être cependant que vous m'en puniriez.

 

  1. Si je vous le disais, que six mois de silence
  2. Cachent de longs tourments et des voeux insensés :
  3. Ninon, vous êtes fine, et votre insouciance
  4. Se plaît, comme une fée, à deviner d'avance ;
  5. Vous me répondriez peut-être : Je le sais.

 

  1. Si je vous le disais, qu'une douce folie
  2. A fait de moi votre ombre, et m'attache à vos pas :
  3. Un petit air de doute et de mélancolie,
  4. Vous le savez, Ninon, vous rend bien plus jolie;
  5. Peut-être diriez-vous que vous n'y croyez pas.

 

  1. Si je vous le disais, que j'emporte dans l'âme
  2. Jusques aux moindres mots de nos propos du soir :
  3. Un regard offensé, vous le savez, madame,
  4. Change deux yeux d'azur en deux éclairs de flamme ;
  5. Vous me défendriez peut-être de vous voir.

 

  1. Si je vous le disais, que chaque nuit je veille,
  2. Que chaque jour je pleure et je prie à genoux ;
  3. Ninon, quand vous riez, vous savez qu'une abeille
  4. Prendrait pour une fleur votre bouche vermeille ;
  5. Si je vous le disais, peut-être en ririez-vous.

 

  1. Mais vous n'en saurez rien. Je viens, sans rien en dire,
  2. M'asseoir sous votre lampe et causer avec vous ;
  3. Votre voix, je l'entends ; votre air, je le respire ;
  4. Et vous pouvez douter, deviner et sourire,
  5. Vos yeux ne verront pas de quoi m'être moins doux.

 

  1. Je récolte en secret des fleurs mystérieuses :
  2. Le soir, derrière vous, j'écoute au piano
  3. Chanter sur le clavier vos mains harmonieuses,
  4. Et, dans les tourbillons de nos valses joyeuses,
  5. Je vous sens, dans mes bras, plier comme un roseau.

 

  1. La nuit, quand de si loin le monde nous sépare,
  2. Quand je rentre chez moi pour tirer mes verrous,
  3. De mille souvenirs en jaloux je m'empare ;
  4. Et là, seul devant Dieu, plein d'une joie avare,
  5. J'ouvre, comme un trésor, mon coeur tout plein de vous.

 

  1. J'aime, et je sais répondre avec indifférence ;
  2. J'aime, et rien ne le dit ; j'aime, et seul je le sais ;
  3. Et mon secret m'est cher, et chère ma souffrance ;
  4. Et j'ai fait le serment d'aimer sans espérance,
  5. Mais non pas sans bonheur ; je vous vois, c'est assez.

 

  1. Non, je n'étais pas né pour ce bonheur suprême,
  2. De mourir dans vos bras et de vivre à vos pieds.
  3. Tout me le prouve, hélas ! jusqu'à ma douleur même...
  4. Si je vous le disais pourtant, que je vous aime,
  5. Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez ?

 

Extrait du corrigé :

 « À Ninon » : poème composé de 10 quintils (strophes de 5 vers).

50 alexandrins.

Disposition des rimes : ABAAB > les 4 dernières rimes de chaque strophe sont embrassées.

Alternance respectée entre les rimes féminines (qui se terminent par un e muet > -e, -es, -ent) et les rimes masculines.

 

Alfred de Musset : poète, romancier, dramaturge né en 1810 et mort en 1857.

Musset publie sa première œuvre à 19 ans, Les Contes d'Espagne et d'Italie. Il donne à l'OdéonLa Nuit vénitienne dont l'échec retentissant le dégoûte du théâtre : il décide alors d’écrire des pièces qui ne seront pas représentées (Un spectacle dans un fauteuil).

1833 et 1837 : période la plus féconde d'Alfred de Musset, production exacerbée par les souffrances vécues lors de la liaison passionnée et douloureuse qu'il a avec George Sand, de 1833 à 1835. Il écrit notamment à cette époque les pièces suivantes : Les Caprices de Marianne, On ne Badine pas avec l'Amour, Lorenzaccio... Les poésies des Nuits et La Confession d'un enfant du siècle témoignent également de son caractère passionné et souffrant. Les dernières années de sa vie sont peu productives, il sombre dans l’alcool…

 

I- Poème à Ninon 

Les 5 premières strophes commencent par l’anaphore de « Si je vous disais » > hypothétique.

On peut les considérer comme des prétéritions car tout en formulant l’hypothèse de lui dire au premier vers de chaque strophe : il lui dit ces choses dans la suite de la strophe…

A- Le poète et la femme aimée

• Situation : le poète s’adresse à la femme aimée.

Cf. les marques de 1e personne : « je » ; « m’ » ; « me »…

Cf. les marques de 2e personne du singulier > le poète vouvoie la femme : « vous » ; « vos » ; « Ninon » > apostrophe…

• Poète qui déclare sa flamme à la femme.

Cf. « Si je vous le disais pourtant, que je vous aime » > phrase hypothétique mais qui sous-entend qu’il l’aime. Prétérition = je vous aime.

• Femme qui se caractérise par sa beauté. Portrait mélioratif de la femme.

Cf. le champ lexical de la beauté. Ex : « brune aux yeux bleus » > connotation méliorative ; « bien plus jolie » ; « deux yeux d'azur » > « azur » : terme poétique et mélioratif pour évoquer le bleu ;  « bouche vermeille » > beauté de la femme…

Cf. le portrait de la femme. Ex : « vous êtes fine, et votre insouciance » > intelligence et légèreté ; « Un petit air de doute et de mélancolie » > allure charmante de la femme qui est toute en nuances (cf. « petit air »), « doute » ; « mélancolie » > caractère de la femme qui se rattache au caractère des poètes romantiques…