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SUJET : Hugo, Ruy Blas, acte III, scène 3 | Commentaires composés | Hugo | Théâtre

Commentaires composés | Hugo | Théâtre

Hugo, Ruy Blas, acte III, scène 3

Hugo, Ruy Blas, acte III, scène 3

 

 

Scène III – Ruy Blas, la reine.

[…]

RUY BLAS.

              Parce que je vous aime !

Parce que je sens bien, moi qu'ils haïssent tous,

Que ce qu'ils font crouler s'écroulera sur vous !

Parce que rien n'effraie une ardeur si profonde,

Et que pour vous sauver je sauverais le monde !

Je suis un malheureux qui vous aime d'amour.

Hélas ! Je pense à vous comme l'aveugle au jour.

Madame, écoutez-moi. J'ai des rêves sans nombre.

Je vous aime de loin, d'en bas, du fond de l'ombre ;

Je n'oserais toucher le bout de votre doigt,

1220 - Et vous m'éblouissez comme un ange qu'on voit !

– Vraiment, j'ai bien souffert. Si vous saviez, madame !

Je vous parle à présent. Six mois, cachant ma flamme,

J'ai fui. Je vous fuyais et je souffrais beaucoup.

Je ne m'occupe pas de ces hommes du tout,

Je vous aime. – ô mon Dieu, j'ose le dire en face

À votre majesté. Que faut-il que je fasse ?

Si vous me disiez : meurs ! Je mourrais. J'ai l'effroi

Dans le cœur. Pardonnez !

 

LA REINE.

              Oh ! Parle ! Ravis-moi !

Jamais on ne m'a dit ces choses-là. J'écoute !

1230 - Ton âme en me parlant me bouleverse toute.

J'ai besoin de tes yeux, j'ai besoin de ta voix.

Oh ! C'est moi qui souffrais ! Si tu savais ! Cent fois,

Cent fois, depuis six mois que ton regard m'évite...

– Mais non, je ne dois pas dire cela si vite.

Je suis bien malheureuse. Oh ! Je me tais. J'ai peur !

 

RUY BLAS, qui l'écoute avec ravissement.

Oh ! Madame, achevez ! Vous m'emplissez le cœur !

 

LA REINE.

Eh bien, écoute donc !

              Levant les yeux au ciel.

                            Oui, je vais tout lui dire.

Est-ce un crime ? Tant pis ! Quand le coeur se déchire,

Il faut bien laisser voir tout ce qu'on y cachait. –

1240 - Tu fuis la reine ? Eh bien, la reine te cherchait.

Tous les jours je viens là, – là, dans cette retraite, –

T'écoutant, recueillant ce que tu dis, muette,

Contemplant ton esprit qui veut, juge et résout,

Et prise par ta voix qui m'intéresse à tout.

Va, tu me sembles bien le vrai roi, le vrai maître.

C'est moi, depuis six mois, tu t'en doutes peut-être,

Qui t'ai fait, par degrés, monter jusqu'au sommet.

Où Dieu t'aurait dû mettre une femme te met.

Oui, tout ce qui te touche a mes soins. Je t'admire.

1250 - Autrefois une fleur, à présent un empire !

D'abord je t'ai vu bon, et puis je te vois grand.

Mon Dieu ! C'est à cela qu'une femme se prend !

Mon Dieu ! Si je fais mal, pourquoi, dans cette tombe,

M'enfermer, comme on met en cage une colombe,

Sans espoir, sans amour, sans un rayon doré ?

– Un jour que nous aurons le temps, je te dirai

Tout ce que j'ai souffert. – toujours seule, oubliée ! –

Et puis, à chaque instant, je suis humiliée.

Tiens, juge, hier encor... – ma chambre me déplaît.

1260 - – Tu dois savoir cela, toi qui sais tout, il est

Des chambres où l'on est plus triste que dans d'autres ; –

J'en ai voulu changer. Vois quels fers sont les nôtres,

On ne l'a pas voulu. Je suis esclave ainsi ! –

Duc, il faut, – dans ce but le ciel t'envoie ici, –

Sauver l'état qui tremble, et retirer du gouffre

Le peuple qui travaille, et m'aimer, moi qui souffre.

Je te dis tout cela sans suite, à ma façon,

Mais tu dois cependant voir que j'ai bien raison.

 

RUY BLAS, tombant à genoux.

Madame...

 

LA REINE, gravement.

              Don César, je vous donne mon âme.

1270 - Reine pour tous, pour vous je ne suis qu'une femme.

Par l'amour, par le coeur, duc, je vous appartien.

J'ai foi dans votre honneur pour respecter le mien.

Quand vous m'appellerez, je viendrai. Je suis prête.

– Ô César ! Un esprit sublime est dans ta tête.

Sois fier, car le génie est ta couronne, à toi !

              Elle baise Ruy Blas au front.

Adieu.

              Elle soulève la tapisserie et disparaît.

 

 Extrait du corrigé

Ruy Blas : pièce de théâtre de Victor Hugo, représentée au Théâtre de la Renaissance le 8 novembre 1838.

Drame romantique.

Ruy Blas => a les caractéristiques du héros romantique. Cf. La Préface de Cromwell. « Les personnages de l’ode sont des colosses : Adam, Caïn, Noé ; ceux de l’épopée sont des géants : Achille, Atrée, Oreste ; ceux du drame sont des hommes : Hamlet, Macbeth, Othello. L’ode vit de l’idéal, l’épopée du grandiose, le drame du réel ».

 

 

Extrait étudié :

Dans la scène précédente, la scène 2 de l’acte III, Ruy Blas, en tenue de premier ministre, a dénoncé la malhonnêteté des puissants, la corruption. Véritable réquisitoire contre ces ministres (alors qu’il n’est en réalité qu’un laquais).

Scène 3 : en fait, la reine était cachée et a tout entendu.

> La reine lui fait part de son admiration…

 

Qu’apporte cette scène du double aveu amoureux ?

 

 

I - Un héros passionné

A- Aveu

•  Ruy Blas est amoureux de la Reine.

• Montrez que Ruy Blas s’explique, se justifie.

Cf. l’anaphore de « Parce que ».

• « Parce que je vous aime » :

- aveu, aveu d’amour.

NB : la reine pense qu’il est vraiment premier ministre, lui sait bien qu’il n’est que laquais.

• Ruy Blas tente d’avertir la reine des dangers, des conspirations.

Ex : « qu'ils haïssent tous » ; « qu'ils font crouler s'écroulera sur vous »…

> Il se présente en justicier, en sauveur.

Cf. « Et que pour vous sauver je sauverais le monde ! »

- Polyptote « sauver / sauverais »

- « vous » / « le monde ».

=> Courage, vaillance de Ruy Blas.