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SUJET : Proust, À l’ombre des jeunes filles en fleurs – Il y avait pourtant seize personnes… | Commentaires composés | Proust | roman

Commentaires composés | Proust | roman

Proust, À l’ombre des jeunes filles en fleurs – Il y avait pourtant seize personnes…

 Proust, À l’ombre des jeunes filles en fleurs – Il y avait pourtant seize personnes

 

Il y avait pourtant seize personnes, parmi lesquelles j'ignorais absolument que se trouvât Bergotte. Mme Swann qui venait de me « nommer » comme elle disait à plusieurs d'entre elles, tout à coup, à la suite de mon nom, de la même façon qu'elle venait de le dire (et comme si nous étions seulement deux invités du déjeuner qui devaient être chacun également contents de connaître l'autre), prononça le nom du doux Chantre aux cheveux blancs. Ce nom de Bergotte me fit tressauter comme le bruit d'un revolver, qu'on aurait déchargé sur moi, mais instinctivement pour faire bonne contenance je saluai ; devant moi, comme ces prestidigitateurs qu'on aperçoit intacts et en redingote dans la poussière d'un coup de feu d'où s'envole une colombe, mon salut m'était rendu par un homme jeune, rude, petit, râblé et myope, à nez rouge en forme de coquille de colimaçon et à barbiche noire. J'étais mortellement triste, car ce qui venait d'être réduit en poudre, ce n'était pas seulement le langoureux vieillard dont il ne restait plus rien, c'était aussi la beauté d'une œuvre immense que j'avais pu loger dans l'organisme défaillant et sacré que j'avais comme un temple construit expressément pour elle, mais à laquelle aucune place n'était réservée dans le corps trapu, rempli de vaisseaux, d'os, de ganglions, du petit homme à nez camus et à barbiche noire qui était devant moi. Tout le Bergotte que j'avais lentement et délicatement élaboré moi-même, goutte à goutte, comme une stalactite, avec la transparente beauté de ses livres, ce Bergotte-là se trouvait d'un seul coup ne plus pouvoir être d'aucun usage du moment qu'il fallait conserver le nez en colimaçon et utiliser la barbiche noire ; comme n'est plus bonne à rien la solution que nous avions trouvée pour un problème dont nous avions lu incomplètement la donnée et sans tenir compte que le total devait faire un certain chiffre. Le nez et la barbiche étaient des éléments aussi inéluctables et d'autant plus gênants que, me forçant à réédifier entièrement le personnage de Bergotte, ils semblaient encore impliquer, produire, secréter incessamment un certain genre d'esprit actif et satisfait de soi, ce qui n'était pas de jeu, car cet esprit-là n'avait rien à voir avec la sorte d'intelligence répandue dans ces livres, si bien connus de moi et que pénétrait une douce et divine sagesse. En partant d'eux, je ne serais jamais arrivé à ce nez en colimaçon ; mais en partant de ce nez qui n'avait pas l'air de s'en inquiéter, faisait cavalier seul et « fantaisie », j'allais dans une toute autre direction que l'œuvre de Bergotte, j'aboutirais, semblait-il à quelque mentalité d'ingénieur pressé, de la sorte de ceux qui quand on les salue croient comme il faut de dire : « Merci et vous » avant qu'on leur ait demandé de leurs nouvelles et si on leur déclare qu'on a été enchanté de faire leur connaissance, répondent par une abréviation qu'ils se figurent bien portée, intelligente et moderne en ce qu'elle évite de perdre en de vaines formules un temps précieux : « Également ».

 

 Extrait du corrigé :

Marcel Proust (10 juillet 1871 – 18 novembre 1922) : écrivain français dont l'œuvre principale est À la recherche du temps perdu > « J’ai eu le malheur de commencer mon livre par le mot « je » et aussitôt on a cru que, au lieu de chercher à découvrir des lois générales, je m’analysais au sens individuel et détestable du mot »

 

À la recherche du temps perdu : roman écrit entre 1908-1909 et 1922 et publié entre 1913 et 1927 à travers sept tomes, dont les trois derniers parurent après la mort de l’auteur.

Premiers tomes : Du côté de chez Swann (1913) ; À l'ombre des jeunes filles en fleurs (1919, reçoit le prix Goncourt la même année) ; Le côté de Guermantes (en 2 volumes, chez Gallimard (1921-1922)…

 

Extrait étudié :

Extrait du tome II de la Recherche du temps perdu, À l’ombre des jeunes filles en fleurs, publié en 1919.

Le narrateur-personnage est invité à un repas mondain chez les Swann, où il ne s’attend pas à faire la connaissance d’un écrivain dont il admire les livres, Bergotte > Écrivain reconnu, qui incarne le romancier-type de la Recherche.

Bergotte va-t-il correspondre à l’image que le narrateur, son grand admirateur, s’était faite de lui ?

           

 

 

I- Une rencontre marquante

            A- Une surprise

• Repas mondain > Proust décrit le cérémonial des réceptions de Mme Swann (Odette de Crécy).

Ex : Montrez comment Proust fait « entendre » le parler et les expressions propres aux personnages.

Cf.  « me « nommer » comme elle disait »… > les guillemets permettent de citer directement le personnage.

Cf. « comme si nous étions seulement deux invités du déjeuner… »

Cf. la parenthèse « (et comme si nous étions seulement… »

• Notez la surprise du narrateur en apprenant la présence de l’écrivain qu’il admire.

Cf. « j'ignorais absolument que se trouvât Bergotte. »

- Montrez qu’il entend parler de Bergotte avant de le voir.

Cf. « prononça le nom »

Cf. « Ce nom de Bergotte me fit tressauter ».