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SUJET : Paul Scarron, Le Roman comique. | Commentaires composés | Scarron

Commentaires composés | Scarron

Paul Scarron, Le Roman comique.
Pour parler plus humainement et plus intelligiblement, il était entre cinq et six quand une charrette entra dans les halles du Mans...

               Pour parler plus humainement et plus intelligiblement, il était entre cinq et six quand une charrette entra dans les halles du Mans. Cette charrette était attelée de quatre bœufs fort maigres, conduits par une jument poulinière, dont le poulain allait et venait à l’entour de la charrette comme un petit fou qu’il était. La charrette était pleine de coffres, de malles et de gros paquets de toiles peintes, qui faisaient comme une pyramide, au haut de laquelle paraissait une demoiselle habillée moitié ville, moitié campagne. Un jeune homme, aussi pauvre d’habits que riche de mine, marchait à côté de la charrette. Il avait un grand emplâtre sur le visage, qui lui couvrait un œil et la moitié de la joue, et portait un grand fusil sur son épaule, dont il avait assassiné plusieurs pies, geais et corneilles, qui lui faisaient comme une bandoulière, au bas de laquelle pendaient par les pieds une poule et un oison qui avaient bien la mine d’avoir été pris à la petite guerre. Au lieu de chapeau, il n’avait qu’un bonnet de nuit, entortillé de jarretières de différentes couleurs, et cet habillement de tête était une manière de turban qui n’était encore qu’ébauché et auquel on n’avait pas encore donné la dernière main. Son pourpoint était une casaque de grisette, ceinte avec une courroie, laquelle lui servait aussi à soutenir une épée qui était si longue qu’on ne s’en pouvait aider adroitement sans fourchette. Il portait des chausses troussées à bas d’attaches, comme celles des comédiens quand ils représentent un héros de l’antiquité, et il avait, au lieu de souliers, des brodequins à l’antique que les boues avaient gâtés jusqu’à la cheville du pied. Un vieillard vêtu plus régulièrement, quoique très mal, marchait à côté de lui. Il portait sur ses épaules une basse de viole, et, parce qu’il se courbait un peu en marchant, on l’eût pris de loin pour une grosse tortue qui marchait sur ses jambes de derrière. Quelque critique murmurera de la comparaison, à cause du peu de proportion qu’il y a d’une tortue à un homme ; mais j’entends parler des grandes tortues qui se trouvent dans les Indes, et de plus, je m’en sers de ma seule autorité.

 

 

Extrait du corrigé :

Paul Scarron (1610-1660) : écrivain, pionnier en France du genre burlesque et surtout connu pour sonRoman comique.

Il devint ecclésiastique, tout en menant, dans le privé, la vie joyeuse d'un libertin de mœurs et de pensée. Rendu infirme par une maladie incurable, il vit, à partir de 1638, cloué sur une chaise, continuant à rassembler autour de lui une élite d'esprits libres et cultivés. En 1652, il épousa la jeune Françoise d'Aubigné, petite-fille d'Agrippa et future madame de Maintenon, maîtresse puis épouse de Louis XIV.

 

Roman comique : roman inachevé, publié en 1651 (pour la première partie) et 1657 (pour la seconde). On considère qu’il est le chef d’œuvre du roman picaresque français.

Ce roman raconte l’histoire d’une troupe de comédiens, d’où émergent quelques figures pittoresques, tels Mademoiselle de l’Étoile, le Destin, la Rancune et Ragotin, type du petit bourgeois ridicule et mesquin. L’intrigue du roman permet à Scarron de dépeindre les mœurs provinciales de l’époque.

Style foisonnant, de traits d’esprit, de détails burlesques et parodiques + intrusions constantes de l’auteur dans la narration. En effet, Scarron se moque de son propre texte, intitulant les chapitres par exemple : « Qui ne contient pas grand chose » ou « Qui contient ce que vous verrez si vous prenez la peine de le lire ».

 

 

 

I- Un extrait de roman :

              A- Un récit

• Récit coupé de la situation d’énonciation => 3e personne ; imparfait qui domine le texte.

• Imparfait => extrait à dominante descriptif. Ex : « La charrette était pleine ; Il avait un grand ; il n’avait qu’un bonnet de nuit… ». Cf. le passage par exemple de « une charrette » > article indéfini (1e intrusion de l’élément) à « Cette charrette » > déterminant démonstratif (> défini. Élément désormais connu).

 

• Présentation du cadre : « il était entre cinq et six » ; « les halles du Mans » > lieu réaliste.

• Intérêt du narrateur porté à deux personnages : « Un jeune homme » ; « Un vieillard ».