fermer le formulaire

Contact / demande de sujet :

Vous souhaitez nous contacter, nous soumettre un sujet spécifique,
laisser nous un message par le formulaire ci-dessous.

Commande Suspendue !
En raison du grand nombre de demandes, et pour pouvoir les traiter au mieux, le site est fermé.

fermer le formulaire

Vos coordonnées

Inscrivez-vous et restez informé de nos actualités.

 
fermer le formulaire

DEJA INSCRIT : IDENTIFIEZ-VOUS

 

SUJET : Cyrano de Bergerac, Histoire comique des États et Empires du Soleil - Quand j’eus percé selon le calcul... | Commentaires composés | Cyrano de Bergerac

Commande Suspendue
En raison du grand nombre de demandes, et pour pouvoir les traiter au mieux, le site est fermé.

Fiche
Méthodologie
Méthodologie
Oral
Retour
liste
Commentaires composés | Cyrano de Bergerac

Cyrano de Bergerac, Histoire comique des États et Empires du Soleil - Quand j’eus percé selon le calcul...

 Quand j’eus percé selon le calcul que j’ai fait depuis beaucoup plus des trois quarts du chemin qui sépare la terre d’avec la lune, je me vis tout d’un coup choir les pieds en haut, sans avoir culbuté en aucune façon, encore ne m’en fussé-je pas aperçu, si je n’eusse senti ma tête chargée du poids de mon corps. Je connus bien à la vérité que je ne retombais pas vers notre monde ; car encore que je me trouvasse entre deux lunes, et que je remarquasse fort bien que je m'éloignais de l'une à mesure que je m’approchais de l’autre, j’étais assuré que la plus grande était notre globe ; pour ce qu’au bout d’un jour ou deux de voyage, les réfractions éloignées du soleil venant à confondre la diversité des corps et des climats, il ne m’avait plus paru que comme une grande plaque d’or. Cela me fit imaginer que je baissais vers la lune, et je me confirmai dans cette opinion, quand je vins à me souvenir que je n’avais commencé de choir qu’après les trois quarts du chemin. " Car, disais-je en moi-même, cette masse étant moindre que la nôtre, il faut que la sphère de son activité soit aussi moins étendue, et que par conséquent j’aie senti plus tard la force de son centre. "

Enfin, après avoir été fort longtemps à tomber, à ce que je préjugeai, car la violence du précipice m’empêcha de le remarquer, le plus loin dont je me souviens, c’est que je me trouvai sous un arbre embarrassé avec trois ou quatre branches assez grosses que j’avais éclatées par ma chute, et le visage mouillé d’une pomme qui s’était écachée contre.
Enfin, après avoir été fort longtemps à tomber, à ce que je préjugeai (car la violence du précipice m'empêchait de le remarquer), le plus loin dont je me souviens c'est que je me trouvai sous un arbre embarrassé avec trois ou quatre branches assez grosses que j 'avais éclatées par ma chute, et le visage mouillé d'une pomme qui s'était écachée contre.

Par bonheur, ce lieu-là était comme vous le saurez bientôt, Le Paradis terrestre, et l'arbre sur lequel je tombai se trouva justement l'Arbre de vie. Ainsi vous pouvez bien juger que sans ce hasard, je serais mille fois mort. J'ai souvent fait depuis réflexion sur ce que le vulgaire assure qu'en se précipitant d'un lieu fort haut, on est étouffé auparavant de toucher la terre; et j'ai conclu de mon aventure qu'il en avait menti; ou bien qu'il fallait que le jus énergique de ce fruit, qui m'avait coulé dans la bouche, eût rappelé mon âme qui n'était pas loin de mon cadavre, encore tout tiède, et encore disposé aux fonctions de la vie.

En effet, sitôt que je fus à terre ma douleur s'en alla avant même de se peindre en ma mémoire; et la faim, dont pendant mon voyage j'avais été beaucoup travaillé, ne me fit trouver en sa place qu'un léger souvenir de l'avoir perdue.

A peine quand je fus relevé, eus-je observé la plus large de quatre grandes rivières qui forment un lac en la bouchant, que l'esprit ou l'âme invisible des simples qui s'exhalent sur cette contrée me vînt réjouir l'odorat; et je connus que les cailloux n'y étaient ni durs ni raboteux; et qu'ils avaient soin de s'amollir quand on marchait dessus. Je rencontrai d'abord une étoile de cinq avenues, dont les arbres par leur excessive hauteur semblaient porter au ciel un parterre de haute futaie. En promenant mes yeux de la racine au sommet, puis les précipitant du faîte jusqu'au pied, je doutais si la terre les portait, ou si eux-mêmes ne portaient point la terre pendue à leurs racines; leur front superbement élevé semblait aussi plier comme par force sous la pesanteur des globes célestes dont on dirait qu'ils ne soutiennent la charge qu'en gémissant; leurs bras tendus vers le ciel témoignaient en l'embrassant demander aux astres la bénignité toute pure de leurs influences, et les recevoir auparavant qu'elles aient rien perdu de leur innocence, au lit des éléments.