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SUJET : François Mauriac, Thérèse Desqueyroux, chapitre 8 – La voici au moment de regarder … | Commentaires composés | Mauriac | roman

Commentaires composés | Mauriac | roman

François Mauriac, Thérèse Desqueyroux, chapitre 8 – La voici au moment de regarder …

 François Mauriac, Thérèse Desqueyroux, chapitre 8 – La voici au moment de regarder …

 

            La voici au moment de regarder en face l'acte qu'elle a commis. Quelle explication fournir à Bernard ? Rien à faire que de lui rappeler point par point comment la chose arriva. C'était ce jour du grand incendie de Mano. Des hommes entraient dans la salle à manger où la famille déjeunait en hâte. Les uns assuraient que le feu paraissait très éloigné de Saint-Clair ; d'autres insistaient pour que sonnât le tocsin. Le parfum de la résine brûlée imprégnait ce jour torride et le soleil était comme sali. Thérèse revoit Bernard, la tête tournée, écoutant le rapport de Balion, tandis que sa forte main velue s'oublie au-dessus du verre et que les gouttes de Fowler tombent dans l'eau. Il avale d'un coup le remède sans qu'abrutie de chaleur, Thérèse ait songé à l'avertir qu'il a doublé sa dose habituelle. Tout le monde a quitté la table, sauf elle qui ouvre des amandes fraîches, indifférente, étrangère à cette agitation, désintéressée de ce drame, comme de tout drame autre que le sien. Le tocsin ne sonne pas. Bernard rentre enfin : « Pour une fois, tu as eu raison de ne pas t'agiter : c'est du côté de Mano que ça brûle... » Il demande : « Est-ce que j'ai pris mes gouttes ? » et sans attendre la réponse, de nouveau il en fait tomber dans son verre. Elle s'est tue par paresse, sans doute, par fatigue. Qu'espère-t-elle à cette minute ? «Impossible que j'aie prémédité de me taire. »

            Pourtant, cette nuit-là, lorsqu'au chevet de Bernard vomissant et pleurant, le docteur Pédemay l'interrogea sur les incidents de la journée, elle ne dit rien de ce qu'elle avait vu à table. Il eût été pourtant facile, sans se compromettre, d'attirer l'attention du docteur sur l'arsenic que prenait Bernard. Elle aurait pu trouver une phrase comme celle-ci : « Je ne m'en suis pas rendu compte au moment même... Nous étions tous affolés par cet incendie... mais je jurerais, maintenant, qu'il a pris une double dose... » Elle demeura muette ; éprouva-t-elle seulement la tentation de parler ? L'acte qui, durant le déjeuner, était déjà en elle à son insu, commença alors d'émerger du fond de son être, – informe encore, mais à demi baigné de conscience.

 

Extrait du corrigé

François Mauriac (1885-1960), écrivain, membre de l'Académie française au fauteuil n°22, prix Nobel de littérature en 1952.

Thérèse Desqueyroux : roman de Mauriac paru en 1927.

 

Thérèse Desqueyroux a tenté d’assassiner son mari Bernard, mais la justice abandonne les poursuites contre elle. Le roman suit les pensées du personnage, qui se remémore son passé. Confession qu’elle veut faire à son mari.

 

Extrait étudié : chapitre 8.

      Bernard Desqueyroux doit prendre chaque jour quelques gouttes de Fowler, qui contiennent de l’arsenic, pour se soigner. Un jour, un incendie se déclare, et c'est le point de départ du crime de Thérèse.

 

 

I- Pendant l’incendie

            A- Moment

• « La voici au moment de regarder en face l'acte qu'elle a commis. » :

- Focalisation sur Thérèse.

- « l’acte qu’elle a commis » : empoisonnement de son mari.

• « Quelle explication fournir à Bernard ? » :

- monologue intérieur.

• « C'était ce jour du grand incendie de Mano… » : datation.

Jour d’incendie.

Cf. « grand incendie » ; « le feu » ; « le toscin » > danger.

Mais jour aussi de canicule.

Cf. « jour torride » ; « le soleil ».

• Importance des sens.

- L’odorat. Ex : « Le parfum de la résine brûlée ».

- Le toucher. Ex : « torride ».

- La vue. Ex : « le soleil ».

Cf. « le soleil était comme sali » : comparaison. La fumée le cache.