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SUJET : François Mauriac, Thérèse Desqueyroux, chapitre 7 – Rien ne calme, rien n'endort vraiment… | Commentaires composés | Mauriac | roman

Commentaires composés | Mauriac | roman

François Mauriac, Thérèse Desqueyroux, chapitre 7 – Rien ne calme, rien n'endort vraiment…

             François Mauriac, Thérèse Desqueyroux, chapitre 7 – Rien ne calme, rien n'endort vraiment…

 

            Rien ne calme, rien n'endort vraiment, si ce n'est pour l'éternité. Cet homme geignard, pourquoi donc avait-il si peur de ce qui sans retour l'apaiserait ? Il s'endormait avant elle. Comment attendre le sommeil auprès de ce grand corps dont les ronflements parfois tournaient à l'angoisse ? Dieu merci, il ne l'approchait plus l'amour lui paraissant, de tous les exercices, le plus dangereux pour son cœur. Les coqs de l'aube éveillaient les métairies. L'angélus de Saint-Clair tintait dans le vent d'est ; les yeux de Thérèse enfin se fermaient. Alors s'agitait de nouveau le corps de l'homme il s'habillait vite, en paysan (à peine trempait-il sa tête dans l'eau froide). Il filait comme un chien à la cuisine, friand des restes du garde- manger ; déjeunait sur le pouce d'une carcasse, d'une tranche de confit froid, ou encore d'une grappe de raisins et d'une croûte frottée d'ail ; son seul bon repas de la journée. Il jetait des morceaux à Flambeau et à Diane dont claquaient les mâchoires. Le brouillard avait l'odeur de l'automne. C'était l'heure où Bernard ne souffrait plus, où il sentait de nouveau en lui sa jeunesse toute-puissante. Bientôt passeraient les palombes : il fallait s'occuper des appeaux, leur crever les yeux. A onze heures, il retrouvait Thérèse encore couchée.

            – Eh, bien ? Et le fils Azévédo ? Tu sais que mère attend des nouvelles à Biarritz, poste restante ?

            – Et ton cœur ?

            – Ne me parle pas de mon cœur. Il suffit que tu m'en parles pour que je le sente de nouveau. Évidemment, ça prouve que c'est nerveux… Tu crois aussi que c'est nerveux ? »

            Elle ne lui donnait jamais la réponse qu'il désirait :

            – On ne sait jamais ; toi seul connais ce que tu éprouves. Ce n'est pas une raison parce que ton père est mort d'une angine de poitrine…. surtout à ton âge... Évidemment le cœur est la partie faible des Desqueyroux. Que tu es drôle, Bernard, avec ta peur de la mort ! N'éprouves-tu jamais, comme moi, le sentiment profond de ton inutilité ? Non ? Ne penses-tu pas que la vie de gens de notre espèce ressemble déjà terrible ment à la mort ? »

            Il haussait les épaules : elle l'assommait avec ses paradoxes. Ce n'est pas malin d'avoir de l'esprit : on n'a qu'à prendre en tout le contre-pied de ce qui est raisonnable.

 

 Extrait du corrigé

François Mauriac (1885-1960), écrivain, membre de l'Académie française au fauteuil n°22, prix Nobel de littérature en 1952.

Thérèse Desqueyroux : roman de Mauriac paru en 1927.

 

Thérèse Desqueyroux a tenté d’assassiner son mari Bernard, mais la justice abandonne les poursuites contre elle. Le roman suit les pensées du personnage, qui se remémore son passé.

 

Extrait étudié : chapitre 7.

 

NB : c’est l’automne, quand les noces étaient durant l’été.

Thérèse et Bernard sont désormais mariés. Ils cohabitent tous les deux...

 

I- Bernard et Thérèse

            A- Deux êtres différents

• « Rien ne calme, rien n'endort vraiment, si ce n'est pour l'éternité » :

- Raisonnement. Répétition de « Rien ».

- « calme » ; « endort » > apaisement.

- « pour l’éternité » : pas de moments d’apaisement possible. Sauf dans la mort ?

• Soulignez l’opposition entre Bernard qui s’endort vite et Thérèse qui ne trouve pas le sommeil.

• Montrez aussi qu’elle ne le comprend pas.

Cf. paradoxe. Cf. « si peur… l'apaiserait ».

Ex : « Il s'endormait avant elle. » :

- Imparfait d’habitude. > Ils sont très différents.

• Montrez que le mari se lève quand la femme commence enfin à s’endormir.

Cf. « Les coqs de l'aube » ; « L'angélus » > nuits d’insomnie de Thérèse.

Cf. « les yeux de Thérèse enfin se fermaient » > soulagement.

Opposition entre « se fermaient » et « agitait » > le mari se lève.

Cf. « A onze heures, il retrouvait Thérèse encore couchée. » > il a été actif depuis son réveil, alors que Thérèse dormait.