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SUJET : Corneille, Médée, acte I, scène 4 – Jason me répudie ! et qui l’aurait pu croire ? | Commentaires composés | Corneille | Poésie

Commentaires composés | Corneille | Poésie

Corneille, Médée, acte I, scène 4 – Jason me répudie ! et qui l’aurait pu croire ?

 Pierre Corneille, Médée, acte I, scène 4 – Jason me répudie ! et qui l’aurait pu croire ?

 

 

Jason me répudie ! et qui l’aurait pu croire ?

S’il a manqué d’amour, manque-t-il de mémoire ?

Me peut-il bien quitter après tant de bienfaits ?

M’ose-t-il bien quitter après tant de forfaits ?

Sachant ce que je puis, ayant vu ce que j’ose,

Croit-il que m’offenser ce soit si peu de chose ?

Quoi ! mon père trahi, les éléments forcés,

D’un frère dans la mer les membres dispersés,

Lui font-ils présumer mon audace épuisée ?

Lui font-ils présumer qu’à mon tour méprisée,

Ma rage contre lui n’ait par où s’assouvir,

Et que tout mon pouvoir se borne à le servir ?

Tu t’abuses, Jason, je suis encor moi-même.

Tout ce qu’en ta faveur fit mon amour extrême,

Je le ferai par haine ; et je veux pour le moins

Qu’un forfait nous sépare, ainsi qu’il nous a joints ;

Que mon sanglant divorce, en meurtres, en carnage,

S’égale aux premiers jours de notre mariage,

Et que notre union, que rompt ton changement,

Trouve une fin pareille à son commencement.

Déchirer par morceaux l’enfant aux yeux du père

N’est que le moindre effet qui suivra ma colère ;

Des crimes si légers furent mes coups d’essai :

Il faut bien autrement montrer ce que je sai ;

Il faut faire un chef-d’œuvre, et qu’un dernier ouvrage

Surpasse de bien loin ce faible apprentissage.

Mais pour exécuter tout ce que j’entreprends,

Quels dieux me fourniront des secours assez grands ?

Ce n’est plus vous, enfers, qu’ici je sollicite :

Vos feux sont impuissants pour ce que je médite.

Auteur de ma naissance, aussi bien que du jour,

Qu’à regret tu dépars à ce fatal séjour,

Soleil, qui vois l’affront qu’on va faire à ta race,

Donne-moi tes chevaux à conduire en ta place :

Accorde cette grâce à mon désir bouillant.

Je veux choir sur Corinthe avec ton char brûlant :

Mais ne crains pas de chute à l’univers funeste ;

Corinthe consumé garantira le reste ;

De mon juste courroux les implacables vœux

Dans ses odieux murs arrêteront tes feux.

Créon en est le prince, et prend Jason pour gendre :

C’est assez mériter d’être réduit en cendre,

D’y voir réduit tout l’isthme, afin de l’en punir,

Et qu’il n’empêche plus les deux mers de s’unir.

 

Extrait du corrigé

Médée : tragédie de Pierre Corneille en cinq actes et en alexandrins, créée en 1635 au théâtre du Marais. Pièce dont l’intrigue a été empruntée à la tragédie de Sénèque Médée.

 

Enjeux de la tragédie :

Médée est l’héroïne de la pièce. Magicienne, répudiée par Jason après lui avoir donné deux enfants, elle accomplit sa vengeance en empoisonnant la nouvelle épouse de Jason, Créüse, et en égorgeant ses propres enfants. Le dernier acte se termine sur le suicide de Jason.

 

Acte I, scène 4 : nous sommes encore dans l’acte d’exposition de la pièce.

 

Dans votre commentaire, n’oubliez pas d’étudier le style de Corneille, les antithèses, les hyperboles…

 

I- La colère de Médée 

            A- Un personnage furieux

• Médée est dans une colère noire. Cf. « ma colère ».

• Montrez que sa colère se note aussi dans toutes les exclamations, la violence de ses propos… Cf.  les mots renvoyant au meurtre, à la mort…

• « Jason me répudie! et qui l’aurait pu croire ? » > rappel des faits. Médée a été répudiée.

• Cf. les questions rhétoriques de Médée.

> elle ne pense pas que ce soit possible, acceptable.

Ex : « S’il a manqué d’amour, manque-t-il de mémoire ? / Me peut-il bien quitter après tant de bienfaits ? / M’ose-t-il bien quitter après tant de forfaits ? »…

Reprise des termes, parallélismes… cf. « manqué d’amour / manque… de mémoire » ; « bien quitter après » + opposition, antithèse entre « bienfaits » et « forfaits ».