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SUJET : Balzac, La Peau de chagrin – Le dessert se trouva servi comme par enchantement… | Commentaires composés | Balzac | roman

Commentaires composés | Balzac | roman

Balzac, La Peau de chagrin – Le dessert se trouva servi comme par enchantement…

 Balzac, La Peau de chagrin – Le dessert se trouva servi comme par enchantement

 

            Le dessert se trouva servi comme par enchantement. La table fut couverte d’un vaste surtout en bronze doré, sorti des ateliers de Thomire. De hautes figures douées par un célèbre artiste des formes convenues en Europe pour la beauté idéale, soutenaient et portaient des buissons de fraises, des ananas, des dattes fraîches, des raisins jeunes, de blondes pêches, des oranges arrivées de Sétubal par un paquebot, des grenades, des fruits de la Chine, enfin toutes les surprises du luxe, les miracles du petit-four, les délicatesses les plus friandes, les friandises les plus séductrices. Les couleurs de ces tableaux gastronomiques étaient rehaussées par l’éclat de la porcelaine, par des lignes étincelantes d’or, par les découpures des vases. Gracieuse comme les liquides franges de l’Océan, verte et légère, la mousse couronnait les paysages du Poussin, copiés à Sèvres. Le budget d’un prince allemand n’aurait pas payé cette richesse insolente. L’argent, la nacre, l’or, les cristaux furent de nouveau prodigués sous de nouvelles formes ; mais les yeux engourdis et la verbeuse fièvre de l’ivresse permirent à peine aux convives d’avoir une intuition vague de cette féerie digne d’un conte oriental. Les vins de dessert apportèrent leurs parfums et leurs flammes, filtres puissants, vapeurs enchanteresses, qui engendrent une espèce de mirage intellectuel et dont les liens puissants enchaînent les pieds, alourdissent les mains. Les pyramides de fruits furent pillées, les voix grossirent, le tumulte grandit ; il n’y eut plus alors de paroles distinctes ; les verres volèrent en éclats, et des rires atroces partirent comme des fusées. Cursy saisit un cor et se mit à sonner une fanfare. Ce fut comme un signal donné par le diable. Cette assemblée en délire hurla, siffla, chanta, cria, rugit, gronda. Vous eussiez souri de voir des gens naturellement gais, devenus sombres comme les dénoûments de Crébillon, ou rêveurs comme des marins en voiture. Les hommes fins disaient leurs secrets à des curieux qui n’écoutaient pas. Les mélancoliques souriaient comme des danseuses qui achèvent leurs pirouettes. Claude Vignon se dandinait à la manière des ours en cage. Des amis intimes se battaient. Les ressemblances animales inscrites sur les figures humaines, et si curieusement démontrées par les physiologistes, reparaissaient vaguement dans les gestes, dans les habitudes du corps. Il y avait un livre tout fait pour quelque Bichat qui se serait trouvé là froid et à jeun. Le maître du logis se sentant ivre, n’osait se lever, mais il approuvait les extravagances de ses convives par une grimace fixe, en tâchant de conserver un air décent et hospitalier. Sa large figure, devenue rouge et bleue, presque violacée, terrible à voir, s’associait au mouvement général par des efforts semblables au roulis et au tangage d’un brick.

— Les avez-vous assassinés ? lui demanda Émile.

— La confiscation et la peine de mort sont abolies depuis la révolution de juillet, répondit Taillefer en haussant les sourcils d’un air tout à la fois plein de finesse et de bêtise.

— Mais ne les voyez-vous pas quelquefois en songe ? reprit Raphaël.

— Il y a prescription ! dit le meurtrier plein d’or.

— Et sur sa tombe, s’écria Émile d’un ton sardonique, l’entrepreneur du cimetière gravera : Passants, accordez une larme à sa mémoire ! Oh ! reprit-il, je donnerais bien cent sous au mathématicien qui me démontrerait par une équation algébrique l’existence de l’enfer. Il jeta une pièce en l’air en criant : — Face pour Dieu !

— Ne regardez pas, dit Raphaël en saisissant la pièce, que sait-on ? le hasard est si plaisant.

— Hélas ! reprit Émile d’un air tristement bouffon, je ne vois pas où poser les pieds entre la géométrie de l’incrédule et le Pater noster du pape. Bah ! buvons ! Trinc est, je crois, l’oracle de la divine bouteille et sert de conclusion au Pantagruel.

 

 Extrait du corrigé : 

Honoré de Balzac (1799-1850) : romancier, critique littéraire, essayiste, journaliste et écrivain.

Auteur de la Comédie Humaine, cycle cohérent de plusieurs dizaines de romans, nouvelles, contes philosophiques a pour ambition de décrire de façon quasi-exhaustive la société française de son temps ou, selon la formule célèbre, de faire « concurrence à l'état-civil ».

 

La Peau de chagrin : roman d’Honoré de Balzac, publié en 1831.

Raphaël de Valentin, après avoir perdu son dernier sou au jeu, veut se suicider. Il entre par hasard chez un antiquaire, où un vieil homme lui montre une « peau de chagrin » ayant le pouvoir d’exaucer tous les vœux de son propriétaire. Mais cette peau de chagrin a un grand danger : chaque désir exaucé fera diminuer la taille de cette peau, symbole de sa vie. Le jeune homme accepte ce pacte diabolique et se lance dans une grande vie.

 

Extrait étudié : 1e partie du roman.

Aussitôt après avoir pris la Peau de chagrin, Raphaël exprime un souhait : « Je veux un dîner royalement splendide ! »

En sortant de la boutique, il rencontre ses amis qui le conduisent chez le richissime Taillefer.

> Récit de ce festin.

Extrait : moment du dessert.

 

I- Féérie luxueuse

            A- Un spectacle luxueux

• Soulignez le grand luxe du repas.

Cf. les décorations de la table.

Ex : « en bronze doré, sorti des ateliers de Thomire » > matière précieuse.

Ex : « De hautes figures douées par un célèbre artiste des formes convenues en Europe pour la beauté idéale » ; « les paysages du Poussin, copiés à Sèvres » > beauté, travail d’artiste.

• Importance du luxe du service, de la décoration.

Cf. les dorures.

Tout cela brille.

Cf. « par des lignes étincelantes d’or » ; « l’éclat de la porcelaine »… > luxe.

Cf. « Les couleurs de ces tableaux gastronomiques » :

- ce repas est un tableau.

Cf. « L’argent, la nacre, l’or, les cristaux » > matières très précieuses.

=> Les yeux sont éblouis.