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SUJET : Molière, Les Précieuses ridicules, scène 9. | Commentaires composés | Molière | Théâtre

Commentaires composés | Molière | Théâtre

Molière, Les Précieuses ridicules, scène 9.
MASCARILLE.- À quoi donc passez-vous le temps ?

 Molière, Les Précieuses ridicules, scène 9.

 

MASCARILLE.- À quoi donc passez-vous le temps ?

CATHOS.- À rien du tout.

MAGDELON.- Nous avons été jusqu’ici, dans un jeûne effroyable de divertissements.

MASCARILLE.- Je m’offre à vous mener l’un de ces jours à la comédie, si vous voulez, aussi bien on en doit jouer une nouvelle, que je serai bien aise, que nous voyions ensemble.

MAGDELON.- Cela n’est pas de refus.

MASCARILLE.- Mais je vous demande d’applaudir, comme il faut, quand nous serons là. Car je me suis engagé de faire valoir la pièce, et l’auteur m’en est venu prier encore ce matin. C’est la coutume ici, qu’à nous autres gens de condition, les auteurs viennent lire leurs pièces nouvelles, pour nous engager à les trouver belles, et leur donner de la réputation, et je vous laisse à penser, si quand nous disons quelque chose le parterre ose nous contredire. Pour moi, j’y suis fort exact ; et quand j’ai promis à quelque poète, je crie toujours : "Voilà qui est beau", devant que les chandelles soient allumées.

MAGDELON.- Ne m’en parlez point, c’est un admirable lieu que Paris ; il s’y passe cent choses tous les jours, qu’on ignore dans les provinces, quelque spirituelle qu’on puisse être.

CATHOS.- C’est assez, puisque nous sommes instruites, nous ferons notre devoir de nous écrier comme il faut sur tout ce qu’on dira.

MASCARILLE.- Je ne sais si je me trompe ; mais vous avez toute la mine d’avoir fait quelque comédie.

MAGDELON.- Eh, il pourrait être quelque chose de ce que vous dites.

MASCARILLE.- Ah, ma foi, il faudra que nous la voyions. Entre nous, j’en ai composé une que je veux faire représenter.

CATHOS.- Hé, à quels comédiens la donnerez-vous ?

MASCARILLE.- Belle demande ! Aux grands comédiens ; il n’y a qu’eux qui soient capables de faire valoir les choses ; les autres sont des ignorants, qui récitent comme l’on parle ; ils ne savent pas faire ronfler les vers, et s’arrêter au bel endroit ; et le moyen de connaître où est le beau vers, si le comédien ne s’y arrête et ne vous avertit par là, qu’il faut faire le brouhaha ?

CATHOS.- En effet, il y a manière de faire sentir aux auditeurs les beautés d’un ouvrage, et les choses ne valent que ce qu’on les fait valoir.

 

Extrait du corrigé

 

Molière : célèbre auteur du XVIIe siècle. Acteur et auteur de nombreuses comédies.

Moraliste => reprend la devise d’Horace Castigat ridendo mores d’Horace – corriger les moeurs par le rire.

 

Les Précieuses ridicules : comédie un acte et en prose de Molière, créée le 18 novembre 1659, au Théâtre du Petit-Bourbon.

La fille et la nièce de M. Gorgibus sont deux pédantes qui ne rêvent que de se voir entourées de beaux esprits ; elles ont d’ailleurs changé leurs noms de Madelon et de Cathos pour les noms plus sonores d’Aminte et de Polixène.

Gorgibus veut les marier avec La Orange et du Croisy, mais ces jeunes gens sont snobés par Madelon et Cathos => Les deux gentilshommes décident de se venger et envoient chez elles deux valets impudents, qui se font passer pour des hommes de qualité.

 

=> Madelon et Cathos prennent Mascarille et Jodelet pour des hommes parfaits.

 

NB : on a parfois taxé Molière de misogyne car dans ses pièces, les femmes cultivées sont présentées comme de « précieuses ridicules » > à la vérité, Molière dénonce surtout la mode de son temps (mais qui se retrouve aussi au nôtre) de l’étalage de son (soi-disant) savoir et surtout de la préciosité (cf. Madeleine de Scudéry).

 

Dans la scène 9, Mascarille rencontre Magdelon et Cathos et les invite au théâtre.

NB : ne pas oublier que Mascarille est en réalité le valet de La Grange, mais il se fait passer pour le « marquis de Mascarille ».

 

I- Une nouvelle distraction

            A- Invitation théâtrale

• « À quoi donc passez-vous le temps ? / À rien du tout. » :

- Comique de la réponse.

Cathos et Magdelon ne font rien > oisiveté.

Cf. la périphrase « dans un jeûne effroyable de divertissements ».

Comique d’expression > style ampoulé, précieux.

Hyperbole « jeûne effroyable ».

• Mascarille se propose de les amener au théâtre.

Cf. le champ lexical du théâtre.

Ex : « comédie » ; « jouer » ; « applaudir » ; « la pièce » ; « l’auteur » ; « lire leurs pièces »…

> Théâtre dans le théâtre.