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SUJET : Balzac, La Femme de trente ans, chapitre 1 – Par une douce soirée du mois d’août, en 1821… | Commentaires composés | Balzac | roman

Commentaires composés | Balzac | roman

Balzac, La Femme de trente ans, chapitre 1 – Par une douce soirée du mois d’août, en 1821…

 Balzac, La Femme de trente ans, chapitre 1 – Par une douce soirée du mois d’août, en 1821…

 

Par une douce soirée du mois d’août, en 1821, deux personnes gravissaient les chemins pierreux qui découpent les rochers sur lesquels est assis le château, et se dirigeaient vers les hauteurs pour y admirer sans doute les points de vue multipliés qu’on y découvre. Ces deux personnes étaient Julie et lord Grenville ; mais cette Julie semblait être une nouvelle femme. La marquise avait les franches couleurs de la santé. Ses yeux, vivifiés par une féconde puissance, étincelaient à travers une humide vapeur, semblable au fluide qui donne à ceux des enfants d’irrésistibles attraits. Elle souriait à plein, elle était heureuse de vivre, et concevait la vie. À la manière dont elle levait ses pieds mignons, il était facile de voir que nulle souffrance n’alourdissait comme autrefois ses moindres mouvements, n’alanguissait ni ses regards, ni ses paroles, ni ses gestes. Sous l’ombrelle de soie blanche qui la garantissait des chauds rayons du soleil, elle ressemblait à une jeune mariée sous son voile, à une vierge prête à se livrer aux enchantements de l’amour. Arthur la conduisait avec un soin d’amant, il la guidait comme on guide un enfant, la mettait dans le meilleur chemin, lui faisait éviter les pierres, lui montrait une échappée de vue ou l’amenait devant une fleur, toujours mu par un perpétuel sentiment de bonté, par une intention délicate, par une connaissance intime du bien-être de cette femme, sentiments qui semblaient être innés en lui, autant et plus peut-être que le mouvement nécessaire à sa propre existence. La malade et son médecin marchaient du même pas sans être étonnés d’un accord qui paraissait avoir existé dès le premier jour où ils marchèrent ensemble, ils obéissaient à une même volonté, s’arrêtaient, impressionnés par les mêmes sensations, leurs regards, leurs paroles correspondaient à des pensées mutuelles. Parvenus tous deux en haut d’une vigne, ils voulurent aller se reposer sur une de ces longues pierres blanches que l’on extrait continuellement des caves pratiquées dans le rocher, mais avant de s’y asseoir, Julie contempla le site.

— Le beau pays ! s’écria-t-elle. Dressons une tente et vivons ici. Victor, cria-t-elle, venez donc, venez donc !

 

 Extrait du corrigé : 

 

Honoré de Balzac (1799-1850) : romancier, critique littéraire, essayiste, journaliste et écrivain.

Auteur de la Comédie Humaine, cycle cohérent de plusieurs dizaines de romans, nouvelles, contes philosophiques a pour ambition de décrire de façon quasi-exhaustive la société française de son temps ou, selon la formule célèbre, de faire « concurrence à l'état-civil ».

 

La Femme de trente ans :

Roman écrit entre 1829 et 1842, et classé dans les « Scènes de la vie privée » de La Comédie humaine.

Il évoque la vie amoureuse de Julie de Chastillon, devenue Julie d’Aiglemont, l’échec de son mariage, sa romance avec Lord Arthur Grenville, la mort de ce dernier, la mort de son fils, Charles, poussé par sa sœur Hélène, mais aussi la fuite d’Hélène avec un aventurier pirate (elle sera épanouie avec son mari), et la mort de Julie.

Le roman compte six parties : Premières fautes ; Souffrances inconnues ; À trente ans ; Le doigt de Dieu ; Les deux Rencontres ; La vieillesse d'une mère coupable.

 

L’extrait étudié se situe dans la première partie.

NB : le roman a commencé huit ans plus tôt.

Cf. « Au commencement du mois d’avril 1813… » > Lorsque Julie assiste à une parade à laquelle participe Victor d’Aiglemont qu’elle épouse.

 

Dans l’extrait, Julie est en compagnie de Lord Arthur Grenville et semble métamorphosée.  

 

I- La renaissance de Julie

            A- Locus amoenous

• Soulignez le cadre idyllique, propice aux amours, où se situe cette scène.

Ex : « douce soirée du mois d’août »

Ex : « Sous l’ombrelle de soie blanche qui la garantissait des chauds rayons du soleil »

> Douceur du climat.

NB : on note une petite incohérence dans l’écriture de Balzac > la scène est censée se passer en soirée. Or quelques lignes après, il évoque les « chauds rayons du soleil ».

Quoiqu’il en soit, temps doux, agréable. Temps d’été mais pas trop chaud.

• Endroit isolé, reculé > propice aux amours clandestines.

Ex : « gravissaient les chemins pierreux qui découpent les rochers sur lesquels est assis le château » > aspect romantique.

Ex : « pour y admirer (…) les points de vue multipliés » > beauté de la vue.

• « Ces deux personnes étaient Julie et lord Grenville » > Julie est en compagnie d’un homme qui n’est pas son mari.