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SUJET : Oyono, Une vie de boy - Enfin, ça y est ! Le commandant m’a accepté définitivement… | Commentaires composés | roman

Commentaires composés | roman

Oyono, Une vie de boy - Enfin, ça y est ! Le commandant m’a accepté définitivement…

 Oyono, Une vie de boy - Enfin, ça y est ! Le commandant m’a accepté définitivement…

 

Enfin, ça y est ! Le commandant m’a accepté définitivement à son service. Cela s’est passé à minuit. J’avais fini mon travail et m’apprêtais à partir au quartier indigène quand le commandant m’invita à le suivre dans son bureau. Ce fut un terrible moment à passer.

Après m’avoir longuement observé, mon nouveau maître me demanda à brûle-pourpoint si j’étais un voleur.

– Non, commandant, répondis-je.

– Pourquoi n’es-tu pas un voleur ?

– Parce que je ne veux pas aller en enfer.

Le commandant sembla sidéré par ma réponse. Il hocha la tête, incrédule.

– Où as-tu appris ça ?

– Je suis chrétien, mon Commandant, répondis-je en exhibant fièrement la médaille de saint Christophe que je porte à mon cou.

– Alors tu n’es pas un voleur parce que tu ne veux pas aller en enfer ?

            – Oui, mon Commandant.

            – Comment est-ce, l’enfer ?

            – Ben, c’est les flammes, les serpents et Satan avec des cornes… J’ai une image de l’enfer dans mon livre de prières… Je… je peux vous la montrer.

            J’allais sortir le petit livre de prières de la poche arrière de mon short quand le commandant arrêta mon geste d’un signe. Il me regarda un moment à travers les volutes de fumée qu’il me soufflait au visage. Il s’assit. Je baissai la tête. Je sentais son regard sur mon front. Il croisa et décroisa ses jambes. Il me désigna un siège en face de lui. Il se pencha vers moi et releva mon menton. Il plongea ses yeux dans les miens et reprit :

            – Bien, bien, Joseph, nous serons bons amis.

            – oui, mon Commandant, merci, mon Commandant.

            – Seulement si tu voles, je n’attendrai pas que tu ailles en enfer… C’est trop loin…

            – Oui, mon Commandant… C’est… c’est om, mon Commandant ?

            Je ne m’étais jamais posé cette question. Mon maître s’amusait beaucoup de ma perplexité. Il haussa les épaules et se rejeta sur le dossier de son fauteuil.

            – Alors, tu ne connais même pas l’endroit où se trouve l’enfer où tu crains de brûler ?

            – C’est à côté du purgatoire, mon Commandant… C’est… c’est… au ciel.

            Mon maître étouffa un rire, puis redevenant sérieux il me pénétra de son regard de panthère.

            – À la bonne heure, nous y voilà. J’espère que tu as compris pourquoi je ne pourrais attendre que « petit Joseph pati rôti en enfer. »

 

 Extrait du corrigé :

 

Une vie de boy :

Roman publié en 1956 de Ferdinand Léopold Oyono (1929-2010), diplomate et homme politique et romancier camerounais.

 

Ce roman raconte l’histoire d'un boy instruit placé chez le commandant d'un district de la colonie française, et dénonce les pratiques autoritaires de la colonisation.

 

Extrait étudié : rencontre entre le jeune boy et le commandant, et où il est définitivement embauché.

 

I- Un moment décisif

            A- Une embauche définitive

• Ce roman est écrit à la 1e personne du singulier > Le narrateur est le jeune boy.

Cf. toutes les marques de 1e personne du singulier.

Ex : « m’a accepté » » ; « J’avais fini » ; « m’avoir longuement observé » ; « mon nouveau maître »…

• « Enfin, ça y est ! » :

- Exclamation. Marque de contentement du jeune garçon.

• « définitivement » > cela suppose qu’il travaillait déjà pour lui, mais de manière fixée.

• « son service » > le jeune garçon, narrateur du roman, sera le boy du commandant.

> Il raconte alors les conditions de cette embauche.

• « minuit » ; « fini mon travail » > le lecteur comprend que les journées du boy sont longues. 

• « à partir au quartier indigène » :

- cela renvoie à une réalité > Les indigènes ne vivaient pas au même endroit que les colons français.

• « Ce fut un terrible moment à passer. » :

- Grande émotion pour le jeune boy.