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SUJET : Tristan et Iseut, L’Amour plus fort que la mort | Commentaires composés

Commentaires composés

Tristan et Iseut, L’Amour plus fort que la mort

 Tristan et Iseut, L’Amour plus fort que la mort

 

            Souvent Iseut se plaint de son malheur : ils désirent aborder au rivage, mais ne peuvent l’atteindre. Tristan en est dolent et las. Souvent il se plaint, souvent il soupire pour Iseut que tant il désire : ses yeux pleurent, son corps se tord ; peu s’en faut qu’il ne meure de désir.

En cette angoisse, en cet ennui, Iseut, sa femme, vient à lui, méditant une ruse perfide. Elle dit : «Ami, voici Kaherdin. J’ai vu sa nef, sur la mer, cingler  à grand’peine. Néanmoins, je l’ai si bien vue que je l’ai reconnue. Dieu donne qu’il apporte une nouvelle à vous réconforter le cœur » Tristan tressaille à cette nouvelle. Il dit à Iseut : « Belle amie, êtes-vous sure que c’est la nef ? Dites-moi donc comment est la voile ? » Iseut répond : « J’en suis sûre. Sachez que la voile est toute noire’. Ils l’ont levée très haut, car le vent leur fait défaut. »

Tristan en a si grande douleur que jamais il n’en eut et n’en aura de plus grande. Il se tourne vers la muraille Il et dit: « Dieu sauve Iseut et moi ! Puisqu’à moi vous ne voulez venir, par amour pour vous il me faut mourir. Je ne puis plus retenir ma vie. C’est pour vous que je meurs, Iseut, belle amie. Vous n’avez pas pitié de ma langueur mais de ma mort vous aurez douleur. Ce m’est, amie, grand réconfort de savoir que vous aurez pitié de ma mort. » « Amie Iseut! dit-il trois fois. A la quatrième il rend l’esprit.

Alors pleurent, par la maison, les chevaliers, les compagnons : leur cri est haut, leur plainte est grande. Chevaliers et serviteurs sortent ; ils portent le corps hors de son lit, puis le couchent sur du velours et le couvrent d’un drap brodé. Le vent s’est levé sur la mer et frappe la voile en plein milieu : il pousse la nef vers la terre. Iseut est sortie de la nef ; elle entend les grandes plaintes dans la rue, les cloches des moutiers, des chapelles. Elle demande aux hommes les nouvelles : pourquoi sonner, pourquoi ces pleurs ? Alors un ancien lui dit : « Belle dame, que Dieu m’aide, nous avons ici grande douleur : nul n’en connut de plus grande. Tristan le preux, le franc, est mort: c’était le soutien de ceux du royaume. Il était généreux pour les pauvres et secourable aux affligés. D’une plaie qu’il avait au corps, en son lit il vient de mourir. Jamais si grand malheur n’advint à notre peuple ! »

Dès qu’Iseut apprend la nouvelle, de douleur elle ne peut dire un mot. Cette mort l’accable d’une telle souffrance qu’elle va par la rue, vêtements en désordre, devançant les autres, vers le palais. Les Bretons ne virent jamais femme d’une telle beauté : ils se demandent, émerveillés, par la cité, d’où elle vient et qui elle est. Iseut arrive devant le corps ; elle se tourne vers l’Orient  et, pour lui, elle prie, en grande pitié : « Ami Tristan, quand vous êtes mort, en raison je ne puis, je ne dois plus vivre. Vous êtes mort par amour pour moi, et je meurs, ami, par tendresse pour vous, puisque je n’ai pu venir à temps pour vous guérir, vous et votre mal. Ami, ami ! de votre mort, jamais rien ne me consolera, ni joie, ni liesse, ni plaisir. Maudit soit cet orage qui m’a tant retenue en mer, ami, que je n’ai pu venir ici! Si j’étais arrivée à temps, ami, je vous aurais rendu la vie ; je vous aurais parlé doucement de l’amour qui fut entre nous ; j’aurais pleuré notre aventure, notre joie, notre bonheur, la peine et la grande douleur qui ont été en notre amour : j’aurais rappelé tout cela, je vous aurais embrassé, enlacé. Si je n’ai pu vous guérir, ensemble puissions-nous mourir ! Puisque je n’ai pu venir à temps, que je n’ai pu savoir votre aventure et que je suis venue pour votre mort, le même breuvage’ me consolera. Pour moi vous avez perdu la vie, et j’agirai en vraie amie ; pour vous je veux mourir également.

Elle l’embrasse ; elle s’étend, lui baise la bouche et la face ; Elle l’embrasse étroitement, corps contre corps, bouche contre bouche. Aussitôt elle rend l’âme et meurt ainsi, tout contre lui, pour la douleur de son ami.  

 

 Extrait du corrigé :

Issue de la tradition orale, l’histoire de Tristan et Iseut fait son entrée dans la littérature écrite au XIIe siècle. Plusieurs textes différents ont vu le jour, comme celui de Chrétien de Troyes, dont est extrait ce texte étudié.

Roman courtois, de la tradition bretonne, qui évoque les amours de Tristan et Iseut, conte « d’amour et de mort » qui a enchanté tout le Moyen Age, et qui est aujourd’hui considéré comme un mythe.

 

            L’extrait étudié « l’Amour plus fort que la Mort » est le passage le plus célèbre et le plus émouvant du roman courtois. Dans ce passage, Tristan est alité en son palais car il souffre d’un mal terrible ; il ne peut donc voir la voile blanche, hissée à la nef, annonçant le retour d’Iseut. Cette dernière, immobilisée en mer suite à une terrible tempête ne peut se rendre au chevet de son amant, dont elle ignore la souffrance. 

=> Récit de la mort des deux amants.

 

I- La mort de Tristan

            A- Souffrances des amants

• Notez que dans ce récit, le narrateur est omniscient : il connait tout des pensées de ses personnages.

• Soulignez le chagrin des deux amants qui sont séparés.

Cf. le champ lexical de la souffrance.

Ex : « se plaint » ; « cette angoisse » ; « las » ; « se plaint » ; « soupire » ; « pleurent » ; « son malheur »…

• Montrez les parallélismes entre les deux amants.

Ex : « Souvent Iseut se plaint… » / « Souvent il [Tristan] se plaint… »

Parallélisme.

Proximité. Ils ressentent la même chose.

• Notez qu’il y a aussi le champ lexical de la passion amoureuse.

Ex : « tant il désire » ; « ne meure de désir »…

• Sorte de fatalité qui sépare Tristan et Iseut.

Ex : « mais ne peuvent l'atteindre. »