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SUJET : Camus, La Peste, explicit – Du port obscur montèrent les premières fusées… | Commentaires composés | Camus | roman

Commentaires composés | Camus | roman

Camus, La Peste, explicit – Du port obscur montèrent les premières fusées…

 Camus, La Peste, explicit – Du port obscur montèrent les premières fusées…

 

Du port obscur montèrent les premières fusées des réjouissances officielles. La ville les salua par une longue et sourde exclamation. Cottard, Tarrou, ceux et celle que Rieux avait aimés et perdus, tous, morts ou coupables, étaient oubliés. Le vieux avait raison, les hommes étaient toujours les mêmes. Mais c'était leur force et leur innocence et c'est ici que, par-dessus toute douleur, Rieux sentait qu'il les rejoignait. Au milieu des cris qui redoublaient de force et de durée, qui se répercutaient longuement jusqu'au pied de la terrasse, à mesure que les gerbes multicolores s'élevaient plus nombreuses dans le ciel, le docteur Rieux décida alors de rédiger le récit qui s'achève ici, pour ne pas être de ceux qui se taisent, pour témoigner en faveur de ces pestiférés, pour laisser du moins un souvenir de l'injustice et de la violence qui leur avaient été faites, et pour dire simplement ce qu'on apprend au milieu des fléaux, qu'il y a dans les hommes plus de choses, à admirer que de choses à mépriser.

Mais il savait cependant que cette chronique ne pouvait pas être celle de la victoire définitive. Elle ne pouvait être que le témoignage de ce qu'il avait fallu accomplir et que, sans doute, devraient accomplir encore, contre la terreur et son arme inlassable, malgré leurs déchirements personnels, tous les hommes qui, ne pouvant être des saints et refusant d'admettre les fléaux, s'efforcent cependant d'être des médecins.

Écoutant, en effet, les cris d'allégresse qui montaient de la ville, Rieux se souvenait que cette allégresse était toujours menacée. Car il savait ce que cette foule en joie ignorait, et qu'on peut lire dans les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu'il peut rester pendant des dizaines d'années endormi dans les meubles et le linge, qu'il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l'enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse.

 

 Extrait du corrigé :

Albert Camus : écrivain, dramaturge et philosophe né le 7 novembre 1913 en Algérie et mort le 4 janvier 1960 dans l'Yonne. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1957.

La Peste est un roman de 1947, qui raconte une épidémie de peste qui s’abat sur la ville d’Oran, fléau qui peut aussi être perçu comme la métaphore de la peste brune, la montée du nazisme.

 

Passage étudié : explicit. Fin du roman.

Montrez que Rieux médite sur la condition humaine.

 

I- Un homme solitaire et solidaire

            A- Une ville meurtrie en liesse

• « les premières fusées des réjouissances officielles » ; « une longue et sourde exclamation » > la fin de la peste est fêtée.

Opposition entre « obscur » > sombre, noir et « fusées des réjouissances » > lumière.

« La ville » : métonymie. Ce n’est pas la ville elle-même qui salue, mais les habitants de la ville. En même temps, cela peut être pris sous forme d’une personnification de la ville.

• Soulignez l’opposition entre la joie et les cris, et la mort.

Ex : « réjouissances » ; « cris » ; « les gerbes multicolores » ; « les cris d'allégresse » > liesse, allégresse.

Mais à cette joie, est aussi associée le chagrin, la mort.

Ex : « aimés et perdus » + « toute douleur » > aspect tragique. La peste a fait des ravages.

NB : les « gerbes » pourraient aussi renvoyer aux gerbes que l’on dépose sur les tombes.

« Cottard, Tarrou, ceux et celle que Rieux avait aimés et perdus, tous, morts ou coupables, étaient oubliés. »

- Énumération.

- « morts ou coupables étaient oubliés » > constat amer.