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SUJET : Flaubert, L’Éducation sentimentale, Incipit - Le 15 septembre 1840, vers six heures du matin… | Commentaires composés | Flaubert | roman

Commentaires composés | Flaubert | roman

Flaubert, L’Éducation sentimentale, Incipit - Le 15 septembre 1840, vers six heures du matin…

             Flaubert, L’Éducation sentimentale, Incipit - Le 15 septembre 1840, vers six heures du matin…

 

            Le 15 septembre 1840, vers six heures du matin, la Ville-de-Montereau, près de partir, fumait à gros tourbillons devant le quai Saint-Bernard.

            Des gens arrivaient hors d’haleine ; des barriques, des câbles, des corbeilles de linge gênaient la circulation ; les matelots ne répondaient à personne ; on se heurtait ; les colis montaient entre les deux tambours, et le tapage s’absorbait dans le bruissement de la vapeur, qui, s’échappant par des plaques de tôle, enveloppait tout d’une nuée blanchâtre, tandis que la cloche, à l’avant, tintait sans discontinuer.

            Enfin le navire partit ; et les deux berges, peuplées de magasins, de chantiers et d’usines, filèrent comme deux larges rubans que l’on déroule.

            Un jeune homme de dix-huit ans, à longs cheveux et qui tenait un album sous son bras, restait auprès du gouvernail, immobile. À travers le brouillard, il contemplait des clochers, des édifices dont il ne savait pas les noms ; puis il embrassa, dans un dernier coup d’œil, l’île Saint-Louis, la Cité, Notre-Dame ; et bientôt, Paris disparaissant, il poussa un grand soupir.

            M. Frédéric Moreau, nouvellement reçu bachelier, s’en retournait à Nogent-sur-Seine, où il devait languir pendant deux mois, avant d’aller faire son droit. Sa mère, avec la somme indispensable, l’avait envoyé au Havre voir un oncle, dont elle espérait, pour lui, l’héritage ; il en était revenu la veille seulement ; et il se dédommageait de ne pouvoir séjourner dans la capitale, en regagnant sa province par la route la plus longue.

            Le tumulte s’apaisait ; tous avaient pris leur place ; quelques-uns, debout, se chauffaient autour de la machine, et la cheminée crachait avec un râle lent et rythmique son panache de fumée noire ; des gouttelettes de rosée coulaient sur les cuivres ; le pont tremblait sous une petite vibration intérieure, et les deux roues, tournant rapidement, battaient l’eau.

 

 Extrait du corrigé :

Gustave Flaubert : écrivain, né à Rouen le 12 décembre 1821 et mort à Canteleu, au hameau de Croisset, le 8 mai 1880.

Romancier qui a marqué la littérature française, notamment par la profondeur de ses analyses psychologiques, son souci de réalisme, son regard lucide sur les comportements des individus et de la société, et par la force de son style à travers de grands romans comme Madame Bovary ou l'Éducation sentimentale.

 

L’Éducation sentimentale, histoire d’un jeune homme : roman rédigé à partir de septembre 1864 et achevé le 16 mai 1869 (il est publié la même année).

Pour le thème de son récit, Flaubert s’est inspiré du roman de Sainte-Beuve Volupté, que Balzac avait déjà traité et d’une certaine manière réécrit dans le Lys dans la valléeL’Éducation sentimentale reprend en effet le même sujet, mais selon des règles narratives entièrement neuves et en réinventant le roman d'apprentissage pour lui donner une profondeur et une acuité jamais atteinte. Cette œuvre comporte de nombreux éléments autobiographiques (tels la rencontre de Madame Arnoux, inspirée de la rencontre de Flaubert avec Élisa Schlésinger).

 

L’Éducation sentimentale => avec réaliste et beaucoup de justesse, Flaubert dépeint à la fois l’individu et la société à travers la vie de Frédéric, le personnage principal du roman.

 

Extrait étudié : incipit > début d’un roman.

L’incipit doit :

- définir le genre (roman, roman épistolaire…) et les choix de narration (différents registres…),

- répondre aux questions : qui ? où ? comment ? quand ?

- intéresser, évoquer l’intrigue à venir / plaire au lecteur, lui donner envie de continuer sa lecture.

 

Que nous apprend cet incipit sur le roman mais que nous apprend-il aussi sur ce roman ?

 

I- Présentation

            A- Le cadre

• La première phrase est très précise.

Donne : la date « Le 15 septembre 1840 » > sous Louis-Philippe.

+ l’heure « vers six heures du matin » > tôt.

+ « le brouillard »

• Montrez que cet incipit donne des informations géographiques précises et réalistes.

Ex : « l’île Saint-Louis, la Cité, Notre-Dame » > îles et cathédrale de Paris ; « Paris »

Ex : « Nogent-sur-Seine » ; « au Havre »…

• Champ lexical de la navigation.

Ex : « la Ville-de-Montereau » > nom d’un bateau ; « le quai Saint-Bernard » ; « les matelots » ; « le navire » ; « berges »…

=> On comprend que cette scène se déroule tôt, le 15 septembre 1840, et qu’un bateau quitte Paris pour Nogent-sur-Seine.