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SUJET : Mme de La Fayette, La Princesse de Clèves – Madame de Chartres empira si considérablement… | Commentaires composés | La Fayette | roman

Commentaires composés | La Fayette | roman

Mme de La Fayette, La Princesse de Clèves – Madame de Chartres empira si considérablement…

 Mme de La Fayette, La Princesse de Clèves – Madame de Chartres empira si considérablement…

 

Madame de Chartres empira si considérablement, que l'on commença à désespérer de sa vie ; elle reçut ce que les médecins lui dirent du péril où elle était, avec un courage digne de sa vertu et de sa piété. Après qu'ils furent sortis, elle fit retirer tout le monde, et appeler madame de Clèves.

     – Il faut nous quitter, ma fille, lui dit-elle, en lui tendant la main ; le péril où je vous laisse, et le besoin que vous avez de moi, augmentent le déplaisir que j'ai de vous quitter. Vous avez de l'inclination pour monsieur de Nemours ; je ne vous demande point de me l'avouer : je ne suis plus en état de me servir de votre sincérité pour vous conduire. Il y a déjà longtemps que je me suis aperçue de cette inclination ; mais je ne vous en ai pas voulu parler d'abord, de peur de vous en faire apercevoir vous-même. Vous ne la connaissez que trop présentement ; vous êtes sur le bord du précipice : il faut de grands efforts et de grandes violences pour vous retenir. Songez ce que vous devez à votre mari ; songez ce que vous vous devez à vous-même, et pensez que vous allez perdre cette réputation que vous vous êtes acquise, et que je vous ai tant souhaitée. Ayez de la force et du courage, ma fille, retirez-vous de la cour, obligez votre mari de vous emmener ; ne craignez point de prendre des partis trop rudes et trop difficiles, quelque affreux qu'ils vous paraissent d'abord ; ils seront plus doux dans les suites que les malheurs d'une galanterie. Si d'autres raisons que celles de la vertu et de votre devoir vous pouvaient obliger à ce que je souhaite, je vous dirais que, si quelque chose était capable de troubler le bonheur que j'espère en sortant de ce monde, ce serait de vous voir tomber comme les autres femmes ; mais si ce malheur vous doit arriver, je reçois la mort avec joie, pour n'en être pas le témoin.

Madame de Clèves fondait en larmes sur la main de sa mère, qu'elle tenait serrée entre les siennes, et madame de Chartres se sentant touchée elle-même :

– Adieu, ma fille, lui dit-elle, finissons une conversation qui nous attendrit trop l'une et l'autre, et souvenez-vous, si vous pouvez, de tout ce que je viens de vous dire.

     Elle se tourna de l'autre côté en achevant ces paroles, et commanda à sa fille d'appeler ses femmes, sans vouloir l'écouter, ni parler davantage. Madame de Clèves sortit de la chambre de sa mère en l'état que l'on peut s'imaginer, et madame de Chartres ne songea plus qu'à se préparer à la mort. Elle vécut encore deux jours, pendant lesquels elle ne voulut plus revoir sa fille, qui était la seule chose à quoi elle se sentait attachée.

 

 Extrait du corrigé :

 

Madame de La Fayette (1634-1693) : romancière française, et grande dame de son temps, auteur du célèbre roman La Princesse de Clèves.

Familière des salons littéraires de la capitale, citée dans le Dictionnaire des précieuses (1660) de Somaize, Madame de La Fayette entreprend d’écrire des romans. Son œuvre pose le problème de la condition féminine, en un temps ou mariage et amour sont rarement compatibles.

 

La Princesse de Clèves :

Ce roman est publié en 1678, sous l'anonymat.

Œuvre la plus célèbre de Madame de La Fayette et œuvre très importante dans la littérature française car elle est considérée comme le chef-d'œuvre du roman classique et pour le modèle du roman d'analyse psychologique.

Écrit à la troisième personne, le récit a pour toile de fond historique la vie à la cour des Valois, dans les dernières années du règne d’Henri II. Il met en scène une jeune femme superbe et parfaite, Madame de Clèves, mariée sans amour,  qui s’éprend du duc de Nemours.

 

Extrait : la mère de la princesse de Clèves s’apprête à rendre l’âme et met en garde sa fille contre la passion.

Quelles sont les relations entre la littérature et la société ? Est-ce un roman légitime ou une critique de la société de l’époque ?

Mme de Clèves est-elle une héroïne modèle, ou un contre modèle ?

 

I- Une scène d’adieu

            A- Une mort prochaine

• Montrez que la fin de Mme de Chartres est proche.

Cf. « empira si considérablement, que l'on commença à désespérer de sa vie » > la mort guette.

Cf. « les médecins lui dirent du péril où elle était ».

• Personnage qui accepte son sort avec vertu.

Ex : « avec un courage digne de sa vertu et de sa piété. ».

• Opposition entre « fit retirer tout le monde, et appeler madame de Clèves ».

> Avant de mourir, elle veut revoir sa fille seule, et lui parler.

• C’est le dernier moment qu’elle passe avec sa fille.

Cf. « Elle vécut encore deux jours, pendant lesquels elle ne voulut plus revoir sa fille ».