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SUJET : Beaumarchais, Le Mariage de Figaro ou La Folle Journée, acte II, scènes 13-14-15 | Commentaires composés | Beaumarchais | Théâtre

Commentaires composés | Beaumarchais | Théâtre

Beaumarchais, Le Mariage de Figaro ou La Folle Journée, acte II, scènes 13-14-15

 Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, Le Mariage de Figaro ou La Folle Journée, acte II, scènes 13-14-15

 

Scène XIII

LE COMTE, LA COMTESSE ; SUZANNE entre avec des hardes et pousse la porte du fond.

 

Le Comte.

Ils en seront plus aisés à détruire. (Il crie en regardant du côté du cabinet.) Sortez, Suzon ; je vous l’ordonne !

 

(Suzanne s’arrête auprès de l’alcôve dans le fond.)

 

La Comtesse.

Elle est presque nue, monsieur ; vient-on troubler ainsi des femmes dans leur retraite ? Elle essayait des hardes que je lui donne en la mariant ; elle s’est enfuie, quand elle vous a entendu.

 

Le Comte.

Si elle craint tant de se montrer, au moins elle peut parler. (Il se tourne vers la porte du cabinet.) Répondez-moi, Suzanne ; êtes-vous dans ce cabinet ?

 

(Suzanne, restée au fond, se jette dans l’alcôve et s’y cache.)

 

La Comtesse, vivement, tournée vers le cabinet.

Suzon, je vous défends de répondre. (Au Comte.) On n’a jamais poussé si loin la tyrannie !

 

Le Comte s’avance vers le cabinet.

Oh ! bien, puisqu’elle ne parle pas, vêtue ou non, je la verrai.

 

La Comtesse se met au-devant.

Partout ailleurs je ne puis l’empêcher ; mais j’espère aussi que chez moi…

 

Le Comte.

Et moi j’espère savoir dans un moment quelle est cette Suzanne mystérieuse. Vous demander la clef serait, je le vois, inutile ; mais il est un moyen sûr de jeter en dedans cette légère porte. Holà, quelqu’un !

 

La Comtesse.

Attirer vos gens, et faire un scandale public d’un soupçon qui nous rendrait la fable du château ?

 

Le Comte.

Fort bien, madame. En effet, j’y suffirai ; je vais à l’instant prendre chez moi ce qu’il faut… (Il marche pour sortir, et revient.) Mais, pour que tout reste au même état, voudrez-vous bien m’accompagner sans scandale et sans bruit, puisqu’il vous déplaît tant ?… Une chose aussi simple, apparemment, ne me sera pas refusée !

 

La Comtesse, troublée.

Eh ! monsieur, qui songe à vous contrarier ?

 

Le Comte.

Ah ! j’oubliais la porte qui va chez vos femmes ; il faut que je la ferme aussi, pour que vous soyez pleinement justifiée.

 

(Il va fermer la porte du fond et en ôte la clef.)

 

La Comtesse, à part.

Ô ciel ! étourderie funeste !

 

Le Comte, revenant à elle.

Maintenant que cette chambre est close, acceptez mon bras, je vous prie ; (il élève la voix) et quant à la Suzanne du cabinet, il faudra qu’elle ait la bonté de m’attendre ; et le moindre mal qui puisse lui arriver à mon retour…

 

La Comtesse.

En vérité, monsieur, voilà bien la plus odieuse aventure…

 

(Le Comte l’emmène et ferme la porte à la clef.)

 

 

 

Scène XIV

SUZANNE, CHÉRUBIN.

Suzanne, sort de l’alcôve, accourt au cabinet et parle à travers la serrure.

Ouvrez, Chérubin, ouvrez vite, c’est Suzanne ; ouvrez, et sortez.

 

Chérubin sort.

Ah ! Suzon, quelle horrible scène !

 

Suzanne.

Sortez, vous n’avez pas une minute !

 

Chérubin, effrayé.

Et par où sortir ?

 

Suzanne.

Je n’en sais rien, mais sortez.

 

Chérubin.

S’il n’y a pas d’issue ?

 

Suzanne.

Après la rencontre de tantôt, il vous écraserait, et nous serions perdues. — Courez conter à Figaro…

 

Chérubin.

La fenêtre du jardin n’est peut-être pas bien haute.

 

(Il court y regarder.)

 

Suzanne, avec effroi.

Un grand étage ! impossible ! Ah ! ma pauvre maîtresse ! Et mon mariage ? ô ciel !

 

Chérubin, revient.

Elle donne sur la melonnière : quitte à gâter une couche ou deux.

 

Suzanne, le retient et s’écrie.

Il va se tuer !

 

Chérubin, exalté.

Dans un gouffre allumé, Suzon ! oui, je m’y jetterais plutôt que de lui nuire… Et ce baiser va me porter bonheur.

 

(Il l’embrasse et court sauter par la fenêtre.)

 

 

Scène XV

SUZANNE, seule ; un cri de frayeur.

 

Ah !… (Elle tombe assise un moment. Elle va péniblement regarder à la fenêtre et revient.) Il est déjà bien loin. Ô le petit garnement ! aussi leste que joli ! Si celui-là manque de femmes… Prenons sa place au plus tôt. (En entrant dans le cabinet.) Vous pouvez à présent, monsieur le comte, rompre la cloison, si cela vous amuse ; au diantre qui répond un mot !

(Elle s’y enferme.)

 

 Extrait du corrigé :

 

Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (1732-1799) : écrivain mais aussi homme d’affaires et musicien, il est une figure emblématique du siècle des Lumières.

 

 Le Mariage de Figaro ou La Folle Journée : comédie en 5 actes et en prose, écrite en 1778 et représentée pour la première fois à la Comédie-Française, le 27 avril 1784.

C’est la suite du Barbier de Séville > on retrouve les mêmes personnages et l’action se situe trois ans après. Le comte Almaviva a épousé sa Rosine, qui est devenue la comtesse Almaviva.

- la pièce va raconter le mariage de Figaro, barbier de Séville, qui doit épouser la femme de chambre de la comtesse.

 

Situation :

Acte II > le nœud de la pièce se forme > enchaînement de péripéties.

Le comte arrive et perturbe les plans de la comtesse, Suzanne et Figaro.

 

I- Le manège interrompu

            A- Des plans entravés

Situation : Chérubin, amoureux de la comtesse, est renvoyé. Figaro a fait adresser au Comte un billet anonyme l’informant que son épouse doit rencontrer un galant le soir même. Quant à Suzanne, il faut qu’elle fixe un rendez-vous au Comte ; mais c’est Chérubin, déguisé, qui s’y rendra.

Mais arrivée du comte > les plans sont entravés par cette venue.

• Le comte se montre très décidé.

Ex : « Sortez, Suzon ; je vous l’ordonne ! » > impératif et impérieux.

Ex : « Le Comte s’avance vers le cabinet.

Oh ! bien, puisqu’elle ne parle pas, vêtue ou non, je la verrai. » > malgré sa femme, il ne semble pas du tout dérangé de voir Suzanne nue. Il pense trouver l’amant de sa femme.