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SUJET : L.F. Céline, Voyage au bout de la nuit – La mort de Bébert - Malgré tout, j'ai bien fait de rentrer à Rancy… | Commentaires composés | Céline | roman

Commentaires composés | Céline | roman

L.F. Céline, Voyage au bout de la nuit – La mort de Bébert - Malgré tout, j'ai bien fait de rentrer à Rancy…

 L.F. Céline, Voyage au bout de la nuit – La mort de Bébert - Malgré tout, j'ai bien fait de rentrer à Rancy

 

Malgré tout, j'ai bien fait de rentrer à Rancy dès le lendemain, à cause de Bébert qui est tombé malade juste à ce moment. Le confrère Frolichon venait de partir en vacances, la tante a hésité et puis elle m'a demandé de le soigner quand même son neveu, sans doute parce que j'étais le moins cher parmi les autres médecins qu'elle connaissait. […]

Elle a duré des semaines la maladie de Bébert. J'y allais deux fois par jour pour le voir. Les gens du quartier m'attendaient devant la loge, sans en avoir l'air et sur le pas de leurs maisons, les voisins aussi. C'était comme une distraction pour eux. On venait pour savoir de loin, si ça allait plus mal ou mieux. Le soleil qui passe à travers trop de choses ne laisse jamais à la rue qu'une lumière d'automne avec des regrets et des nuages.

Des conseils, j'en ai reçu beaucoup à propos de Bébert. Tout le quartier, en vérité, s'intéressait à son cas. On parlait pour et puis contre mon intelligence. Quand l'entrais dans la loge, il s'établissait un silence critique et assez hostile, écrasant de sottise surtout. Elle était toujours remplie par des commères amies la loge, les intimes, et elle sentait donc fort le jupon et l'urine de lapin. Chacun tenait à son médecin préféré, toujours plus subtil, plus savant. Je ne présentais qu'un seul avantage moi, en somme, mais alors celui qui vous est difficilement pardonné, celui d'être presque gratuit,  ça fait tort au malade et à sa famille un médecin gratuit, si pauvre soit-elle.

Bébert ne délirait pas encore, il n'avait seulement plus du tout envie de bouger. Il se mit à perdre du poids chaque jour. Un peu de chair jaunie et mobile lui tenait encore au corps en tremblotant de haut en bas à chaque fois que son cœur battait. On aurait dit qu'il était partout son coeur sous sa peau tellement qu'il était devenu mince Bébert en plus d'un mois de maladie. Il m'adressait des sourires raisonnables quand je venais le voir. Il dépassa ainsi très aimablement les 39 et puis les 40 et demeura là pendant des jours et puis des semaines, pensif. […]

Il fallait pressentir que cette maladie tournerait mal. Une espèce de typhoïde maligne c'était, contre laquelle tout ce que je tentais venait buter, les bains, le sérum... le régime sec... les vaccins... Rien n'y faisait. J'avais beau me démener, tout était vain. Bébert passait, irrésistiblement emmené, souriant. Il se tenait tout en haut de sa fièvre comme en équilibre, moi en bas à cafouiller.

 

Extrait du corrigé :

 

Voyage au bout de la nuit : premier roman de l’écrivain Louis-Ferdinand Céline – de son vrai nom Louis Ferdinand Destouches (1894-1961) –, publié en 1932.

Le roman, connu pour son style, imité de la langue parlée et teinté d'argot s'inspire de la vie de Céline, à travers son personnage principal Ferdinand Bardamu : comme son personnage, Céline a participé à la Première Guerre mondiale, il fut médecin, il voyagea en Amérique et dans les colonies.

 

Dans cet extrait, Bardamu est de retour en France. Il est médecin dans une petite ville (fictive) pauvre de banlieue parisienne, Rancy. Il est alors confronté à la maladie du petit Bébert.

 

I- Un malade en banlieue

            A- Une maladie grave

• « Bébert qui est tombé malade juste à ce moment » > rapidité de la maladie qui s’est abattue sur l’enfant.

• La maladie de Bébert semble vite grave.

- La tante finit par demander un médecin.

- « Elle a duré des semaines la maladie » > répétition du sujet « elle / la maladie » > mise en exergue de « maladie ». insistance.

- Bardamu le voit deux fois par jour.

• Montrez le dévouement de Bardamu.

NB : souvent il se montre cynique, désabusé, mais il fait preuve de bon cœur.

Cf. « j'ai bien fait de rentrer » > sorte de soulagement.

Cf. « J'y allais deux fois par jour pour le voir ».

 

            B- Un univers pauvret