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SUJET : Giono, Un roi sans divertissement - La messe se passa sans incidents... | Commentaires composés | Giono | roman

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Commentaires composés | Giono | roman

Giono, Un roi sans divertissement - La messe se passa sans incidents...

 La messe se passa sans incidents. Elle fut magnifique. Les cierges brasillaient en buissons et même M. le curé se paya le luxe de mettre dans chaque encensoir une petite pincée de vrai encens. Dès que la fumée balsamique commença à se répandre en orbes balancés dans le petit vaisseau de l'église, Langlois (qui pensait à toutes les églises du canton) eut la certitude que la nuit se passerait sans rapt. «Je comprends tout, se dit-il, et je ne peux rien expliquer. Je suis comme un chien qui flaire un gigot dans un placard.« 
A la sortie, M. le curé participa lui-même à la bonne garde de son troupeau. Il se sentait, dit-il, personnellement responsable. Il ne neigeait plus. La nuit était serrée dans un calme de fer. Cela fit une procession au long de laquelle les cierges et les flambeaux avaient des flammes droites comme des fers de lances. 
- Je suis très content que tout le monde soit rentré sans encombre, dit M. le curé à Langlois qui raccompagnait au presbytère. 
- Il ne pouvait rien se passer ce soir, dit Langlois. 
- Pour être un soldat qui a été un héros sur les champs de bataille, dit M. le curé, vous n'en avez pas moins une connaissance exacte des puissances de la messe, je vous en félicite. Avouez que le monstre ne peut pas approcher du sacrifice divin. 
Langlois et M. le curé, portant chacun un cierge, se trouvaient à ce moment-là tous les deux seuls au seuil du presbytère; c'est-à-dire à l'orée du village; et, à cent mètres au-delà d'un petit pré, on voyait dans la nuit très noire la muraille très noire de la forêt. 
- En vérité, dit Langlois, je ne voudrais pas vous troubler, monsieur le curé, mais je crois qu'il s'en approche fort bien et je crois, au contraire, que c'est parce qu'il s'en est approché que nous n'avons rien risqué. 
- La grâce divine ? demanda M. le curé. 
- Je ne sais pas comment cela peut s'appeler, dit Langlois. Nous sommes des hommes, vous et moi, poursuivit-il, nous n'avons pas à nous effrayer de mots, eh bien, mettons qu'il ait trouvé ce soir un divertissement suffisant. 
- Vous m'effrayez, dit M. le curé. 
- Je ne sais pas encore très bien ce que je veux dire, dit Langlois; peut-être ne le saurai-je jamais, mais je voudrais bien le savoir. Il est encore trop tôt pour qu'il soit là-bas, poursuivit Langlois en pointant son index vers la lisière ténébreuse des bois. Peut-être même n'y viendra-t-il pas ce soir mais il pourrait fort bien y être et nous guetter sans que nous risquions grand-chose, vous et moi. Nous lui donnons déjà tous les deux, avec nos cierges, tout ce dont il a besoin. C'est drôle, hein, monsieur le curé ! A quoi tient la vie quand même ! 
Il eut tout de suite l'impression d'avoir dit une incongruité. Le curé le lui fit bien sentir en lui souhaitant à peine le bonsoir. Quand la porte du presbytère se fut refermée et qu'il eut entendu claquer les deux verrous, Langlois souffla son cierge et retourna au Café de la route en sifflotant un petit air. 
- Alors, lui dit saucisse, tu les as rentrées tes bécasses 
- Bécasses, tourterelles et perdrix, j'ai tout rentré, dit Langlois. Donne-moi un coup de schnick, j'en ai froid au ventre. Ce n'est pas un monstre. C'est un homme comme les autres. Ce qu'il faudrait, veux-tu que je te le dise c'est la messe de minuit, du premier janvier à la Saint- Sylvestre et sans interruption. 
- Tu l'as dit, bouffi, dit-elle en lui donnant sa chandelle.