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SUJET : Beaumarchais, Le Mariage de Figaro ou La Folle Journée, acte V, scène 7. | Commentaires composés | Beaumarchais | Théâtre

Commentaires composés | Beaumarchais | Théâtre

Beaumarchais, Le Mariage de Figaro ou La Folle Journée, acte V, scène 7.
Le Comte. Après ton ingénieux billet ! (Il lui prend la main.) Tu trembles ?

 Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, Le Mariage de Figaro ou La Folle Journée, acte V, scène 7.

 

 

Scène VII

FIGARO, LE COMTE, LA COMTESSE, SUZANNE.

 

[…]

Le Comte.

Après ton ingénieux billet ! (Il lui prend la main.) Tu trembles ?

 

La Comtesse.

J’ai eu peur.

 

Le Comte.

Ce n’est pas pour te priver du baiser que je l’ai pris.

(Il la baise au front.)

 

La Comtesse.

Des libertés !

 

Figaro, à part.

Coquine !

 

Suzanne, à part.

Charmante !

 

Le Comte prend la main de sa femme.

Mais quelle peau fine et douce, et qu’il s’en faut que la comtesse ait la main aussi belle !

 

La Comtesse, à part.

Oh ! la prévention !

 

Le Comte.

A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d’espièglerie ?

 

La Comtesse, de la voix de Suzanne.

Ainsi l’amour…

 

Le Comte.

L’amour… n’est que le roman du cœur ; c’est le plaisir qui en est l’histoire : il m’amène à tes genoux.

 

La Comtesse.

Vous ne l’aimez plus ?

 

Le Comte.

Je l’aime beaucoup ; mais trois ans d’union rendent l’hymen si respectable !

 

La Comtesse.

Que vouliez-vous en elle ?

 

Le Comte, la caressant.

Ce que je trouve en toi, ma beauté…

 

La Comtesse.

Mais dites donc.

 

Le Comte.

Je ne sais : moins d’uniformité peut-être, plus de piquant dans les manières, un je ne sais quoi qui fait le charme ; quelquefois un refus, que sais-je ? Nos femmes croient tout accomplir en nous aimant : cela dit une fois, elles nous aiment, nous aiment (quand elles nous aiment !), et sont si complaisantes, et si constamment obligeantes, et toujours, et sans relâche, qu’on est tout surpris un beau soir de trouver la satiété où l’on recherchait le bonheur.

 

La Comtesse, à part.

Ah ! quelle leçon !

 

Le Comte.

En vérité, Suzon, j’ai pensé mille fois que si nous poursuivons ailleurs ce plaisir qui nous fuit chez elles, c’est qu’elles n’étudient pas assez l’art de soutenir notre goût, de se renouveler à l’amour, de ranimer, pour ainsi dire, le charme de leur possession par celui de la variété.

 

La Comtesse, piquée.

Donc elles doivent tout ?…

 

Le Comte, riant.

Et l’homme rien. Changerons-nous la marche de la nature ? Notre tâche, à nous, fut de les obtenir, la leur…

 

La Comtesse.

La leur ?…

 

Le Comte.

Est de nous retenir : on l’oublie trop.

 

La Comtesse.

Ce ne sera pas moi.

 

Le Comte.

Ni moi.

 

Figaro, à part.

Ni moi.

 

Suzanne, à part.

Ni moi.

 

Le Comte, prend la main de sa femme.

Il y a de l’écho ici, parlons plus bas.

 

 

 Extrait du corrigé :

Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, Le Mariage de Figaro ou La Folle Journée :

C’est la suite du Barbier de Séville > on retrouve les mêmes personnages et l’action se situe trois ans après. Le comte Almaviva a épousé sa Rosine, qui est devenue la comtesse Almaviva.

- la pièce va raconter le mariage de Figaro, barbier de Séville, qui doit épouser la femme de chambre de la comtesse.

 

Extrait étudié :

Scène 7 de l’acte V > on approche du dénouement.

Le comte est pris au piège tendu par Figaro, Suzanne et la comtesse.

 

I- Les conceptions amoureuses d'un comte libertin

Sont présents Figaro, Suzanne, le comte et la comtesse. Tous les personnages sont concernés par la question de l’amour.

                        A- Une leçon qui s'adresse à tous les personnages

• Le comte donne sa vision de l’amour conjugal, de l’amour des femmes.

Cf. « Nos femmes » > généralisation.

- « croient » > erreur, méprise.

- « (quand elles nous aiment !) » > ironie.

- « si complaisantes, et si constamment obligeantes » > insistance => trop => « la satiété ».

- Trop d’amour étouffe.

• Montrez que les personnages réagissent.

Cf. la comtesse « Quelle leçon » > ironie.

Cf. « La Comtesse.

Ce ne sera pas moi.

Figaro, à part.

Ni moi

Suzanne, à part.

Ni moi. »