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SUJET : Beaumarchais, Le Mariage de Figaro ou La Folle Journée, acte V, scène 3. | Commentaires composés | Beaumarchais | Théâtre

Commentaires composés | Beaumarchais | Théâtre

Beaumarchais, Le Mariage de Figaro ou La Folle Journée, acte V, scène 3.
(Il se lève.) Que je voudrais bien tenir un de ces puissants de quatre jours...

 Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, Le Mariage de Figaro ou La Folle Journée, acte V, scène 3.

 

FIGARO, […]

 (Il se lève.) Que je voudrais bien tenir un de ces puissants de quatre jours, si légers sur le mal qu’ils ordonnent, quand une bonne disgrâce a cuvé son orgueil ! Je lui dirais… que les sottises imprimées n’ont d’importance qu’aux lieux où l’on en gêne le cours ; que, sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ; et qu’il n’y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits. (Il se rassied.) Las de nourrir un obscur pensionnaire, on me met un jour dans la rue ; et comme il faut dîner, quoiqu’on ne soit plus en prison, je taille encore ma plume, et demande à chacun de quoi il est question : on me dit que, pendant ma retraite économique, il s’est établi dans Madrid un système de liberté sur la vente des productions, qui s’étend même à celles de la presse ; et que, pourvu que je ne parle en mes écrits ni de l’autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l’Opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement, sous l’inspection de deux ou trois censeurs. Pour profiter de cette douce liberté, j’annonce un écrit périodique, et, croyant n’aller sur les brisées d’aucun autre, je le nomme Journal inutile. Pou-ou ! je vois s’élever contre moi mille pauvres diables à la feuille : on me supprime, et me voilà derechef sans emploi ! — Le désespoir m’allait saisir ; on pense à moi pour une place, mais par malheur j’y étais propre : il fallait un calculateur, ce fut un danseur qui l’obtint. Il ne me restait plus qu’à voler ; je me fais banquier de pharaon : alors, bonnes gens ! je soupe en ville, et les personnes dites comme il faut m’ouvrent poliment leur maison, en retenant pour elles les trois quarts du profit. J’aurais bien pu me remonter ; je commençais même à comprendre que, pour gagner du bien, le savoir-faire vaut mieux que le savoir. Mais comme chacun pillait autour de moi, en exigeant que je fusse honnête, il fallut bien périr encore. Pour le coup je quittais le monde, et vingt brasses d’eau m’en allaient séparer lorsqu’un dieu bienfaisant m’appelle à mon premier état. Je reprends ma trousse et mon cuir anglais ; puis, laissant la fumée aux sots qui s’en nourrissent, et la honte au milieu du chemin, comme trop lourde à un piéton, je vais rasant de ville en ville, et je vis enfin sans souci. Un grand seigneur passe à Séville ; il me reconnaît, je le marie ; et pour prix d’avoir eu par mes soins son épouse, il veut intercepter la mienne ! Intrigue, orage à ce sujet. Prêt à tomber dans un abîme, au moment d’épouser ma mère, mes parents m’arrivent à la file. (Il se lève en s’échauffant.)

 

Extrait du corrigé :

 

Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, Le Mariage de Figaro ou La Folle Journée :

C’est la suite du Barbier de Séville > on retrouve les mêmes personnages et l’action se situe trois ans après. Le comte Almaviva a épousé sa Rosine, qui est devenue la comtesse Almaviva.

- la pièce va raconter le mariage de Figaro, barbier de Séville, qui doit épouser la femme de chambre de la comtesse.

 

Extrait étudié : monologue célèbre de Figaro. Pause dans la pièce, dans l’intrigue, durant laquelle Beaumarchais, homme des Lumières, dénonce les injustices de l’Ancien Régime.

 

 

I- La dénonciation du manque de libertés d'expression

            A- Écrivains et journalistes soumis au pouvoir des puissants

• Montrez que Figaro, dans un premier temps, imagine ce qu’il dirait à un « puissant ».

Cf. « Que je voudrais » > souhait, exclamation, conditionnel.

Cf. « Je lui dirais » > conditionnel.

• « un de ces puissants de quatre jours » :

- généralisation > se ressemblent tous.

- opposition entre « puissants » > force, pouvoir et « quatre jours » > caractère éphémère.

« si légers sur le mal qu’ils ordonnent » :

- antithèse entre « si légers » (avec insistance « si ») et « le mal »

• « les sottises imprimées n’ont d’importance qu’aux lieux où l’on en gêne le cours ; que, sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ; et qu’il n’y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits. » :

- phrase devenue très célèbre.

NB : le journal Le Figaro a pour sous-titre « Sans la liberté de blâmer, il n’y a point d’éloge flatteur. »

- « sottises imprimées » ; « petits écrits » > minimise.

- « gêne » ; « redoutent » > crainte des puissant de la plume du journaliste, de l’écrivain.

- « qu’il n’y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits » > parallélisme.

Critique.