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SUJET : L.F. Céline, Voyage au bout de la nuit – C’était d’ailleurs une bonne nature, Alcide… | Commentaires composés | Céline | roman

Commentaires composés | Céline | roman

L.F. Céline, Voyage au bout de la nuit – C’était d’ailleurs une bonne nature, Alcide…

 L.F. Céline, Voyage au bout de la nuit – C’était d’ailleurs une bonne nature, Alcide

 

C’était d’ailleurs une bonne nature, Alcide, serviable et généreuse et tout. Je le compris plus tard, un peu trop tard. Sa formidable résignation l’accablait, cette qualité de base qui rend les pauvres gens de l’armée ou d’ailleurs aussi faciles à tuer qu’à faire vivre. Jamais, ou presque, ils ne demandent le pourquoi, les petits, de tout ce qu’ils supportent. Ils se haïssent les uns les autres, ça suffit.

            […]

Je me mis à le regarder de bien plus près Alcide, à mesure qu’il s’avouait la faute de ne pas être assez généreux, avec sa petite moustache cosmétique, ses sourcils d’excentrique, sa peau calcinée. Pudique Alcide ! Comme il avait dû en faire des économies sur sa solde étriquée… sur ses primes faméliques et sur son minuscule commerce clandestin… pendant des mois, des années, dans cet infernal Topo !… Je ne savais pas quoi lui répondre, moi, je n’étais pas très compétent, mais il me dépassait tellement par le cœur que j’en devins tout rouge… À côté d’Alcide, rien qu’un mufle impuissant moi, épais, et vain j’étais… Y avait pas à chiquer. C’était net.

Je n’osais plus lui parler, je m’en sentais soudain énormément indigne de lui parler. Moi qui hier encore le négligeais et même le méprisais un peu, Alcide.

« Je n’ai pas eu de veine, poursuivait-il, sans se rendre compte qu’il m’embarrassait avec ses confidences. Imagine-toi qu’il y a deux ans, elle a eu la paralysie infantile… Figure-toi… Tu sais ce que c’est toi la paralysie infantile ? »

Il m’expliqua alors que la jambe gauche de l’enfant demeurait atrophiée et qu’elle suivait un traitement d’électricité à Bordeaux, chez un spécialiste.

« Est-ce que ça revient, tu crois ?… » qu’il s’inquiétait.

Je l’assurai que ça se rétablissait très bien, très complètement avec le temps et l’électricité. Il parlait de sa mère qui était morte et de son infirmité à la petite avec beaucoup de précaution. Il avait peur, même de loin, de lui faire du mal.

« As-tu été la voir depuis sa maladie ?

– Non… j’étais ici.

– Iras-tu bientôt ?

– Je crois que ne pourrai pas avant trois ans… Tu comprends ici, je fais un peu de commerce… Alors ça lui aide bien… Si je partais en congé à présent, au retour la place serait prise… surtout avec l’autre vache… »

Ainsi, Alcide demandait-il à redoubler son séjour, à faire six ans de suite à Topo, au lieu de trois, pour la petite nièce dont il ne possédait que quelques lettres et ce petit portrait. “Ce qui m’ennuie, reprit-il, quand nous nous couchâmes, c’est qu’elle n’a là-bas personne pour les vacances… C’est dur pour une petite enfant… »

 

 

 

Voyage au bout de la nuit : premier roman de l’écrivain Louis-Ferdinand Céline – de son vrai nom Louis Ferdinand Destouches (1894-1961) –, publié en 1932.

Le roman, connu pour son style, imité de la langue parlée et teinté d'argot s'inspire de la vie de Céline, à travers son personnage principal Ferdinand Bardamu : comme son personnage, Céline a participé à la Première Guerre mondiale, il fut médecin, il voyagea en Amérique et dans les colonies.

 

Extrait étudié : Bardamu est en Afrique et découvre l’exploitation coloniale (> que Céline dénonce) ; il y fait notamment la connaissance du sergent Alcide.

 

I- Le portrait d’Alcide

Bardamu fait le portrait du sergent Alcide.

            A- Alcide

• Montrez qu’Alcide n’est pas un personnage riche.

Cf. « Comme il avait dû en faire des économies » > personnage qui a toujours fait attention.

Cf. « sa solde étriquée » ; « ses primes faméliques » ; « son minuscule commerce »…

• « commerce clandestin » > il a des activités illégales.

• « C’était d’ailleurs une bonne nature, Alcide, serviable et généreuse et tout » > phrase qui relève de l’oralité.

- « serviable et généreuse et tout » > polysyndète, répétition de « et ».

- deux adjectifs positifs, à la connotation méliorative.

- « et tout » > cela renforce.

• « Sa formidable résignation l’accablait » : opposition entre « formidable » et « accablait ».