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SUJET : Giraudoux, Électre, acte I, scènes 10 et 11 | Commentaires composés | Giraudoux | Théâtre

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Commentaires composés | Giraudoux | Théâtre

Giraudoux, Électre, acte I, scènes 10 et 11

 Giraudoux, Électre, acte I, scènes 10 et 11.

 

Scène 10.

Électre, Oreste, le mendiant

ORESTE. – Dis-la-moi, Électre ! Dis-la-moi !

ÉLECTRE. – Te dire quoi ?

ORESTE. – Ta haine. La raison de ta haine. Tu la connais maintenant. Tout à l’heure, en parlant à Clytemnestre, tu t’es presque évanouie dans mes bras. On eût dit de joie ou d’horreur. ÉLECTRE. – C’était de joie et d’horreur… Es-tu fort ou faible, Oreste ?

ORESTE. – Dis-moi ton secret, et je vais le savoir.

ÉLECTRE. – Je ne connais pas mon secret encore. Je n’ai que le début du fil. Ne t’inquiète pas. Tout va suivre… Méfie-toi. La voilà. Apparaît au fond Clytemnestre. –

 

Scène 11.

Électre, Clytemnestre, Oreste, le mendiant

CLYTEMNESTRE. – Ainsi c’est toi, Oreste ?

ORESTE. – Oui, mère, c’est moi.

CLYTEMNESTRE. – C’est doux, à vingt ans, de voir une mère ?

ORESTE. – Une mère qui vous a chassé, triste et doux.

CLYTEMNESTRE. – Tu la regardes de bien loin.

ORESTE. – Elle est ce que j’imaginais.

CLYTEMNESTRE. – Mon fils aussi. Beau. Souverain. Et pourtant je m’approche.

ORESTE. – Moi non. À distance c’est une splendide mère.

CLYTEMNESTRE. – Qui te dit que de près sa splendeur subsiste ?

ORESTE. – Ou sa maternité ?… C’est bien pour cela que je reste immobile. CLYTEMNESTRE. – Un mirage de mère, cela te suffit ?

ORESTE. – J’ai eu tellement moins jusqu’à ce jour. À ce mirage du moins je peux dire ce que je ne dirai jamais à ma vraie mère.

–CLYTEMNESTRE. – Si le mirage le mérite, c’est déjà cela. Que lui dis tu ?

ORESTE. –Tout ce que je ne te dirai jamais. Tout ce qui, dit à toi serait mensonge. CLYTEMNESTRE. – Que tu l’aimes ?

ORESTE. – Oui

CLYTEMNESTRE. – Que tu la respectes ?

ORESTE. – Oui

CLYTEMNESTRE. – Que tu l’admires ?

ORESTE. – Sur ce point seul mirage et mère peuvent partager.

CLYTEMNESTRE. – Pour moi, c’est le contraire. Je n’aime pas le mirage de mon fils. Mais que mon fils soit lui-même devant moi, qu’il parle, qu’il respire, je perds mes forces.

ORESTE. – Songe à lui nuire, tu les retrouveras.

CLYTEMNESTRE. – Pourquoi es-tu si dur ? Tu n’as pas l’air cruel, pourtant. Ta voix est douce ?

ORESTE. – Oui. Je ressemble point par point au fils que j’aurais pu être. Toi aussi d’ailleurs ! À quelle mère admirable tu ressembles en ce moment ! Si je n’étais pas ton fils, je m’y tromperais.

ÉLECTRE. – Alors, pourquoi parlez-vous tous deux ? Que penses-tu gagner, mère, à cette ignoble coquetterie maternelle !

Puisque au milieu de la nuit, des haines, des menaces, s’est ouvert une minute ce guichet qui permet à la mère et au fils de s’entrevoir tels qu’ils ne sont pas, profitez-en, et refermez-le. La minute est écoulée.

CLYTEMNESTRE. – Pourquoi si vite. Qui te dit qu’une minute d’amour maternel suffise à Oreste ?

 ÉLECTRE. – Tout me dit que toi tu n’as pas droit, dans ta vie, à plus d’une minute d’amour filial. Tu l’as eue. Et comble… Quelle comédie joues-tu ! Va-t’en…

CLYTEMNESTRE. – Très bien. Adieu.

 

UNE PETITE EUMÉNIDE, apparaissant derrière les colonnes. – Adieu, vérité de mon fils. ORESTE. – Adieu.

SECONDE PETITE EUMÉNIDE. – Adieu, mirage de ma mère.

ÉLECTRE. – Vous pouvez vous dire au revoir. Vous vous reverrez.