fermer le formulaire

Contact / demande de sujet :

Vous souhaitez nous contacter, nous soumettre un sujet spécifique,
laisser nous un message par le formulaire ci-dessous.

Commande Suspendue !
En raison du grand nombre de demandes, et pour pouvoir les traiter au mieux, le site est fermé.

fermer le formulaire

Vos coordonnées

Inscrivez-vous et restez informé de nos actualités.

 
fermer le formulaire

DEJA INSCRIT : IDENTIFIEZ-VOUS

 

SUJET : Montaigne, Les Essais, Des Cannibales – Pour revenir à mon propos, et selon ce qu’on m’en a rapporté, je trouve … | Commentaires composés | Montaigne

Commentaires composés | Montaigne

Montaigne, Les Essais, Des Cannibales – Pour revenir à mon propos, et selon ce qu’on m’en a rapporté, je trouve …

 Montaigne, Les Essais, Des Cannibales – Pour revenir à mon propos, et selon ce qu’on m’en a rapporté, je trouve …

 

Pour revenir à mon propos, et selon ce qu’on m’en a rapporté, je trouve qu’il n’y a rien de barbare et de sauvage dans ce peuple, sinon que chacun appelle barbarie ce qui ne fait pas partie de ses usages. Car il est vrai que nous n’avons pas d’autres critères pour la vérité et la raison que les exemples que nous observons et les idées et les usages qui ont cours dans le pays où nous vivions. C’est là que se trouve, pensons-nous, la religion parfaite, le gouvernement parfait, l’usage parfait et incomparable pour toutes choses. Les gens de ce peuple sont « sauvages » de la même façon que nous appelons « sauvages » les fruits que la nature produit d’elle-même communément, alors qu’en fait ce sont plutôt ceux que nous avons altérés par nos artifices, que nous avons détournés de leur comportement ordinaire, que nous devrions appeler « sauvages ». Les premiers recèlent, vivantes et vigoureuses, les propriétés et les vertus vraies, utiles et naturelles, que nous avons abâtardies dans les autres, en les accommodant pour le plaisir de notre goût corrompu.

Ces peuples me semblent donc « barbares » parce qu’ils ont été fort peu façonnés par l’esprit humain, et qu’ils sont demeurés très proches de leur état naturel. Ce sont encore les lois naturelles qui les gouvernent, fort peu abâtardies par les nôtres. Devant une telle pureté, je me prends parfois à regretter que la connaissance ne nous en soit parvenue plus tôt, à l’époque où il y avait des hommes plus qualifiés que nous pour en juger. […]

Trois d’entre eux, ignorant combien coûtera un jour à leur quiétude et à leur bonheur la connaissance des corruptions de ce côté-ci de l’océan et que de cette fréquentation naîtra leur ruine (comme je présuppose qu’elle est déjà bien avancée, bien malheureux qu’ils sont de s’être laissé tromper par le désir de la nouveauté et d’avoir quitté la douceur de leur ciel pour venir voir le nôtre), se trouvèrent à Rouen au moment où le feu roi Charles IX y était. Le roi leur parla longtemps ; on leur fit voir nos manières, notre faste, l’aspect extérieur de notre belle ville. Après cela quelqu’un leur demanda ce qu’ils pensaient et voulut savoir d’eux ce qu’ils avaient trouvé de plus surprenant : ils répondirent trois choses dont j’ai oublié la troisième – et j’en suis bien marri – mais j’en ai encore deux en mémoire. Ils dirent qu’ils trouvaient en premier lieu fort étrange en tant qu’hommes grands, portant la barbe, forts et armés, qui étaient autour du roi (il est vraisemblable qu’ils parlaient des Suisses de sa garde) consentissent à obéir à un enfant et qu’on ne choisît pas plutôt l’un d’entre eux pour commander ; secondement (ils ont une expression de leur langage qui consiste à appeler les hommes moitié les uns des autres) qu’ils avaient remarqué qu’il y avait parmi nous des hommes remplis et gorgés de toutes sortes de bonnes choses et que leurs « moitiés » étaient mendiants à leur porte, décharnés par la faim et la pauvreté ; et ils trouvaient étrange que ces « moitiés »-ci, nécessiteuses pussent supporter une telle injustice sans prendre les autres à la gorge ou mettre le feu à leur maison.

 

 

 Extrait du corrigé :

 

Dans ce chapitre Des Cannibales, Montaigne compare le monde européen et le nouveau monde (> les Indiens > les Cannibales).

Les « Cannibales » = mangent les hommes => danger + manque d’éducation.

Quelle est l’image que Montaigne donne des Sauvages, mais aussi des Européens dans ce texte ?

 

I- L’état de nature vs. la civilisation

            A- L’avis de Montaigne

• Il s’agit d’un texte argumentatif.

Montaigne donne son avis, démontre ses arguments.

Cf. les nombreux connecteurs logiques.

Ex : « Pour revenir à mon propos » ; « selon » ; « car » ; « c’est là que… » ; « il est vrai que »…

Ex : « selon ce qu’on m’en a rapporté »> se base aussi sur un regard extérieur.

Montaigne parle en son nom propre.

Cf. toutes les marques de 1e personne du singulier.

Ex : « mon propos » ; « je trouve » ; « Ces peuples me semblent » ; « je me prends »…

=> Démonstration de Montaigne.

• Montrez que pour Montaigne, la « barbarie » est une question de relativité.

Cf. « je trouve qu’il n’y a rien de barbare et de sauvage dans ce peuple, sinon que chacun appelle barbarie ce qui ne fait pas partie de ses usages. »

- Réciprocité. Est barbare ce qui est différent de nous.