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SUJET : Prévost, Manon Lescaut - Elle me remercia de la bonne opinion... | Commentaires composés | Prévost | roman

Commentaires composés | Prévost | roman

Prévost, Manon Lescaut - Elle me remercia de la bonne opinion...

Prévost, Manon Lescaut - Elle me remercia de la bonne opinion que j’avais d’elle…

 

Elle me remercia de la bonne opinion que j’avais d’elle, et elle me promit de recevoir les offres de G... M... d’une  manière qui lui ôterait l’envie de les renouveler. Non, lui dis-je, il ne faut pas l’irriter par une brusquerie. Il peut nous nuire. Mais tu sais assez, toi, friponne, ajoutai-je en riant, comment te défaire d’un amant désagréable ou  incommode. Elle reprit, après avoir un peu rêvé : Il me vient un dessein admirable, s’écria-telle, et je suis toute glorieuse de l’invention. G... M... est le fils de notre plus cruel ennemi ; il faut nous venger du père, non pas sur le fils, mais sur sa bourse. Je veux l’écouter accepter ses présents, et me moquer de lui. Le projet est joli, lui dis-je, mais tu ne songes pas, mon pauvre enfant, que c’est le chemin qui nous a conduits droit à l’Hôpital. J’eus beau lui représenter le péril de cette entreprise, elle me dit qu’il ne s’agissait que de bien prendre nos mesures, et elle répondit à toutes mes objections. Donnez-moi un amant qui n’entre point aveuglément dans tous les caprices d’une maîtresse adorée, et je conviendrai que j’eus tort de céder si facilement. La résolution fut prise de faire une dupe de G... M..., et par un tour bizarre de mon sort, il arriva que je devins la sienne. Nous vîmes paraître son carrosse vers les onze heures. Il nous fit des compliments fort recherchés sur la liberté qu’il prenait de venir dîner avec nous. Il ne fut pas surpris de trouver M. de T..., qui lui avait promis la veille de s’y rendre aussi, et qui avait feint quelques affaires pour se dispenser de venir dans la même voiture. Quoiqu’il n’y eût pas un seul de nous qui ne portât la trahison dans le cœur, nous nous mîmes à table avec un air de confiance et d’amitié. G... M... trouva aisément l’occasion de déclarer ses sentiments à Manon. Je ne dus pas lui paraître gênant, car je m’absentai exprès pendant quelques minutes. Je m’aperçus, à mon retour qu’on ne l’avait pas désespéré par un excès de rigueur. Il était de la meilleure humeur du monde. J’affectai de le paraître aussi. Il riait intérieurement de ma simplicité, et moi de la sienne. Pendant tout l’après-midi, nous fûmes l’un pour l’autre une scène fort agréable. Je lui ménageai encore, avant son départ, un moment d’entretien particulier avec Manon, de sorte qu’il eut lieu de s’applaudir de ma complaisance autant que de la bonne chère. Aussitôt qu’il fut monté en carrosse avec M. de T..., Manon accourut à moi, les bras ouverts, et m’embrassa en éclatant de rire. Elle me répéta ses discours et ses propositions, sans y changer un mot. Ils se réduisaient à ceci : il l’adorait. Il voulait partager avec elle quarante mille livres de rente dont il jouissait déjà, sans compter ce qu’il attendait après la mort de son père. Elle allait être maîtresse de son cœur et de sa fortune, et, pour gage de ses bienfaits, il était prêt à lui donner un carrosse, un hôtel meublé, une femme de chambre, trois laquais et un cuisinier. Voilà un fils, dis-je à Manon, bien autrement généreux que son père. Parlons de bonne foi, ajoutai-je ; cette offre ne vous tente-t-elle point ? Moi ? répondit-elle, en ajustant à sa pensée deux vers de Racine :

Moi ! vous me soupçonnez de cette perfidie ?

Moi ! je pourrais souffrir un visage odieux,

Qui rappelle toujours l’Hôpital à mes yeux ?

Non, repris-je, en continuant la parodie :

J’aurais peine à penser que l’Hôpital, Madame,

Fût un trait dont l’Amour l’eût gravé dans votre âme.

 

 Extrait du corrigé

L’abbé Prévost (1697-1763) : écrivain, auteur de nombreux romans de mœurs et d’aventures et notamment de l’Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut.

 

L’Histoire du chevalier des Grieux et de Manon Lescaut : l’action se situe pendant la Régence, et le récit, selon la technique du retour en arrière, est fait par des Grieux au marquis de Renoncourt. Il lui raconte ses amours contrariées avec une charmante jeune femme, Manon Lescaut, dont les mœurs ne sont pas tout à fait irréprochables.

 

Il s’agit de la fin du roman Manon Lescaut > histoire que l’on a extraite des Mémoires d’un homme de qualité dont il est le septième et dernier.

 

Narrateur > le jeune Des Grieux, l’amant de Manon > lui-même fait son récit à l’« homme de qualité », M. de Renoncourt, qui le raconte dans ses Mémoires.

 

Situation du passage :

Manon et Des Grieux échafaudent un stratagème pour récupérer le plus d’argent du fils du vieux G. M.

 

 

I- Stratagème

            A- Stratagème

• Les deux amants sont dans une situation peu commode. Ils doivent trouver un plan.

Cf. « il ne faut pas l’irriter par une brusquerie. Il peut nous nuire. » ; « plus cruel ennemi » ; « nous venger »…

• Dans cet extrait, Manon et Des Grieux agissent pour soutirer de l’argent.

Ils ont tendu un piège.

Montrez que toute la scène est un jeu, chacun feint, chacun joue un rôle.

=> Scène de dupes.

> Notez toutes les nuances.

Ex : « avec un air de confiance et d’amitié. » ; « qui avait feint quelques affaires pour se dispenser » ; « Je ne dus pas lui paraître gênant, car je m’absentai exprès »  leurs actions.