fermer le formulaire

Contact / demande de sujet :

Vous souhaitez nous contacter, nous soumettre un sujet spécifique,
laisser nous un message par le formulaire ci-dessous.

Commande Suspendue !
En raison du grand nombre de demandes, et pour pouvoir les traiter au mieux, le site est fermé.

fermer le formulaire

Vos coordonnées

Inscrivez-vous et restez informé de nos actualités.

 
fermer le formulaire

DEJA INSCRIT : IDENTIFIEZ-VOUS

 

SUJET : Blaise Cendrars, La Main coupée - Oh, oh, regardez !... | Commentaires composés | Cendrars

Commande Suspendue
En raison du grand nombre de demandes, et pour pouvoir les traiter au mieux, le site est fermé.

Fiche
Méthodologie
Méthodologie
Oral
Retour
liste
Commentaires composés | Cendrars

Blaise Cendrars, La Main coupée - Oh, oh, regardez !...

 — Oh, oh, regardez !... Quelle horreur !... Oh, oh, oh !...
Nous avions bondi et regardions avec stupeur, à trois pas de Faval, planté dans l’herbe comme
une grande fleur épanouie, un lys rouge, un bras humain tout ruisselant de sang, un bras droit
sectionné au-dessus du coude et dont la main encore vivante fouissait le sol de ses doigts comme
pour y prendre racine et dont la tige sanglante se balançait doucement avant de tenir son
équilibre.
D’instinct nous levâmes la tête, inspectant le ciel pour y chercher un aéroplane. Nous ne
comprenions pas. Le ciel était vide. D’où venait cette main coupée ? Il n’y avait pas eu un coup de
canon de la matinée. Alors, nous secouâmes Faval. Les hommes devenaient fous.
— ... Parle, espèce d’idiot ! D’où vient cette main ? Qu’est-ce que tu as vu ?...
Mais Faval ne savait rien.
— ... Je l’ai vue tomber du ciel, bredouillait-il en sanglotant les mains sur les yeux et claquant des
dents. Elle s’est posée sur nos barbelés et a sauté à terre comme un oiseau. J’ai d’abord cru que
c’était un pigeon. J’ai peur. Quelle horreur !...
Tombée du ciel ?
Il n’y avait pas eu un avion de la matinée, pas un coup de canon, pas une explosion proche ou
lointaine.
Le ciel était tendre. Le soleil, doux. L’herbe printanière, pleine d’abeilles et de papillons.
Il ne s’était rien passé.
Nous ne comprenions pas.
À qui était cette main, ce bras droit, ce sang qui coulait comme la sève ?
— À la soupe ! cria le nouveau cuistot qui s’amenait hilare avec sa marmite fumante, ses boules
emmanchées, ses gamelles, ses boîtes de conserve, son pinard.
— Ta gueule, salaud ! lui répondit-on.
Et les hommes se dispersèrent et pour la première fois depuis que nous étions dans ce secteur
où il ne se passait jamais rien, ils allèrent se tasser dans les abris, descendirent se mettre sous
terre.