fermer le formulaire

Contact / demande de sujet :

Vous souhaitez nous contacter, nous soumettre un sujet spécifique,
laisser nous un message par le formulaire ci-dessous.

Commande Suspendue !
En raison du grand nombre de demandes, et pour pouvoir les traiter au mieux, le site est fermé.

fermer le formulaire

Vos coordonnées

Inscrivez-vous et restez informé de nos actualités.

 
fermer le formulaire

DEJA INSCRIT : IDENTIFIEZ-VOUS

 

SUJET : Hugo, Les Misérables, II, 3, chapitre 5 - L’enfant regardait d’un œil égaré cette grosse étoile... | Commentaires composés | Hugo | roman

Commentaires composés | Hugo | roman

Hugo, Les Misérables, II, 3, chapitre 5 - L’enfant regardait d’un œil égaré cette grosse étoile...

 Hugo, Les Misérables, II, 3, chapitre 5 - L’enfant regardait d’un œil égaré cette grosse étoile...

 

L’enfant regardait d’un œil égaré cette grosse étoile qu’elle ne connaissait pas et qui lui faisait peur. La planète, en effet, était en ce moment très près de l’horizon et traversait une épaisse couche de brume qui lui donnait une rougeur horrible. La brume, lugubrement empourprée, élargissait l’astre. On eût dit une plaie lumineuse.

Un vent froid soufflait de la plaine. Le bois était ténébreux, sans aucun froissement de feuilles, sans aucune de ces vagues et fraîches lueurs de l’été. De grands branchages s’y dressaient affreusement. Des buissons chétifs et difformes sifflaient dans les clairières. Les hautes herbes fourmillaient sous la bise comme des anguilles. Les ronces se tordaient comme de longs bras armés de griffes cherchant à prendre des proies. Quelques bruyères sèches, chassées par le vent, passaient rapidement et avaient l’air de s’enfuir avec épouvante devant quelque chose qui arrivait. De tous les côtés il y avait des étendues lugubres.

L’obscurité est vertigineuse. Il faut à l’homme de la clarté. Quiconque s’enfonce dans le contraire du jour se sent le cœur serré. Quand l’œil voit noir, l’esprit voit trouble. Dans l’éclipse, dans la nuit, dans l’opacité fuligineuse, il y a de l’anxiété, même pour les plus forts. Nul ne marche seul la nuit dans la forêt sans tremblement. Ombres et arbres, deux épaisseurs redoutables. Une réalité chimérique apparaît dans la profondeur indistincte. L’inconcevable s’ébauche à quelques pas de vous avec une netteté spectrale. On voit flotter, dans l’espace ou dans son propre cerveau, on ne sait quoi de vague et d’insaisissable comme les rêves des fleurs endormies. Il y a des attitudes farouches sur l’horizon. On aspire les effluves du grand vide noir. On a peur et envie de regarder derrière soi. Les cavités de la nuit, les choses devenues hagardes, des profils taciturnes qui se dissipent quand on avance, des échevellements obscurs, des touffes irritées, des flaques livides, le lugubre reflété dans le funèbre, l’immensité sépulcrale du silence, les êtres inconnus possibles, des penchements de branches mystérieux, d’effrayants torses d’arbres, de longues poignées d’herbes frémissantes, on est sans défense contre tout cela. Pas de hardiesse qui ne tressaille et qui ne sente le voisinage de l’angoisse. On éprouve quelque chose de hideux comme si l’âme s’amalgamait à l’ombre. Cette pénétration des ténèbres est inexprimablement sinistre dans un enfant.

Les forêts sont des apocalypses ; et le battement d’ailes d’une petite âme fait un bruit d’agonie sous leur voûte monstrueuse.

 

 Extrait du corrigé :

Victor-Marie Hugo : écrivain, dramaturge, poète, homme politique, académicien et intellectuel engagé, né le 26 février 1802 à Besançon et mort le 22 mai 1885 à Paris. Il est l’un des plus grands écrivains français et repose au Panthéon depuis le lundi 1er juin 1885.

Son œuvre est très diverse : romans, poésie lyrique, drames en vers et en prose, discours politiques à la Chambre des Pairs, correspondance abondante.

Hugo est poète qui appartient à la première génération romantique => considère le poète comme un être différent, visionnaire à qui il octroie une mission sociale et historique.

 

Les Misérables : roman paru en 1862 qui est l’un des plus populaires de la littérature française. Victor Hugo y décrit la vie de misérables dans le Paris du XIXe siècle et s'attache plus particulièrement aux pas du bagnard Jean Valjean. Mais on y rencontre aussi des personnages marquants, tels Cosette, Fantine, Gavroche, les Thénardier ou Javert.

 

Lettre du 23 mars 1862 de Victor Hugo à son éditeur Lacroix au sujet des Misérables : « Ma conviction est que ce livre sera un des principaux sommets, sinon le principal, de mon œuvre ».

 

Extrait du corrigé :

La petite Cosette, âgée de huit ans, a été envoyée la nuit remplir un seau d’eau à une source située en pleine forêt.

=> Comment Victor Hugo parvient à faire ressentir la peur de l’enfant ?

 

I- Une petite fille dans un milieu hostile

A- Le regard d’un enfant

• Hugo ne dit pas Cosette, mais « L’enfant » > cela souligne son âge ; il s’agit d’une petite fille, d’un être sans défense.

- « œil égaré » > est comme une proie.

=> Montrez que tout est vu à travers le regard de Cosette. Focalisation interne.

Le lecteur voit ce que l’enfant voit.

=> Tout cela créé un climat très inquiétant pour la petite fille.

Cf. « qui lui faisait peur ».

• Tout, pour la petite fille, est grand.

• La forêt est un lieu très hostile pour Cosette, lui fait peur.

Cf. les adjectifs, les adverbes qui indiquent ses craintes. Ex : « affreusement » ; « difformes ; « fourmillaient »…