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SUJET : Le Clézio, Désert - Le ciel était sans limites... | Commentaires composés | Le Clézio

Commentaires composés | Le Clézio

Le Clézio, Désert - Le ciel était sans limites...

Le Clézio, Désert - Le ciel était sans limites...

 

Le ciel était sans limites, d'un bleu si dur qu'il brûlait la face. Plus loin encore, les hommes marchaient dans le réseau des dunes, dans un monde étranger.

Mais c’était leur vrai monde. Ce sable, ces pierres, ce ciel, ce soleil ce silence, cette douleur et non pas les villes de métal et de ciment, où tout était possible, où l'on marchait sans ombre au bord de sa propre mort. Les hommes bleus avançaient sur la piste invisible, vers Smara, libres comme nul être au monde ne pouvait l’être. Autour d'eux, à perte de vue, c'étaient les crêtes mouvantes des dunes, les vagues de l’espace qu'on ne pouvait pas connaitre. Les pieds nus des femmes et des enfants se posaient sur le sable, laissant une trace légère que le vent effaçait aussitôt. Au loin, les mirages flottaient entre terre et ciel, villes blanches, foires, caravanes de chameaux et d’âne chargés de vivres, rêves affairés. Et les hommes étaient eux-mêmes semblables à des mirages, que la faim, la soif et la fatigue avaient fait naître sur la terre déserte.

Les routes étaient circulaires, elles conduisaient toujours au point de départ traçant des cercles de plus en plus étroits autour de la Saguiet el Hamra. Mais c’était une route qui n'avait pas de fin, car elle était plus longue que la vie humaine.

Les hommes venaient de l'est, au-delà des montagnes de L'Aadme Rieh, au-delà du Yetti, de Tablbala. D'autres venaient marcher vers l'ouest, vers le nord, jusqu'aux rivages de la mer, ou bien à travers les grandes mines de sel de Thegaza. Ils étaient revenus chargés de vivreset de munitions, jusqu'à la terre sainte, la grande vallée de la Saguiet el Hamra, sans savoir vers où ils allaient repartir. Ils avaient voyagé en regardant les chemins des étoiles, fuyant les vents de sable quand le ciel devient rouge et que les dunes commencent à bouger.

Les hommes, les femmes vivaient ainsi, en marchant, sans trouver de repos. Ils mouraient un jour, surpris par la lumière du soleil, frappé par une balle ennemie, ou bien rouges par la fièvre. Les femmes mettaient les enfants au monde, simplement accroupies dans l'ombre de la tente, soutenus par deux femmes, le ventre serré par la grande ceinture de toile. Dès la première minute de leur vie, les hommes appartenaient à l'étendue sans limites, au sable, aux chardons, aux serpents, aux rats, au vent surtout car c'était leur véritable familles. Les petites filles aux cheveux cuivrés grandissaient, apprenaient les gestes sans fin de la vie. Elles n'avaient pas d’autre miroir que l'étendue fascinante des plaines de gypse, sous le ciel uni. Les garçons apprenaient à marcher, à parler, à chasser et à combattre simplement pour apprendre à mourir sur le sable.

 

Extrait du corrigé

Jean-Marie Gustave Le Clézio (souvent abrégé J.M.G. Le Clézio) : écrivain né le 13 avril 1940 à Nice et grand voyageur qui parcourt de nombreux pays dans le monde, sur les cinq continents, mais qui vit principalement à Albuquerque (Nouveau Mexique), à Nice et à Paris.

En 2008, il reçoit le prix Nobel de littérature, pour l'ensemble de son œuvre

 

Désert : roman de Le Clézio publié en 1980. Roman couronné du grand prix de littérature Paul-Morand de l'Académie française.

Roman qui évoque la chevauchée que font des nomades du désert marocain en allant vers Agadir > y seront vaincus et décimés par la puissance colonisatrice.

 

Dans cet extrait, il est question du désert immense dans lequel des hommes parviennent à vivre.

 

I- Les hommes dans le désert

A- L’immensité du désert aride

• Le passage évoque des hommes évoluant dans un désert africain.

Cf. « réseau de dunes » > le désert.

• Le texte donne des références géographiques précises.

Ex : « Saguiet el Hamra » ; « L'Aadme Rieh » ; « Yetti » ; « Tablbala »… > désert marocain.

• Évoquez l’immensité du paysage.

Cf. « sans limites ».

Cf. « pas de fin ».

Cf. « Mais c’était une route qui n'avait pas de fin, car elle était plus longue que la vie humaine » :

- « Mais » ; « car » > connecteurs logiques. Argumentation, démonstration.

- « plus longue que la vie humaine » > le désert est plus fort que l’homme.