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SUJET : Maupassant, Bel-Ami - La Vie Française avait gagné une importance considérable... | Commentaires composés | Maupassant | roman

Commentaires composés | Maupassant | roman

Maupassant, Bel-Ami - La Vie Française avait gagné une importance considérable...

Maupassant, Bel-Ami - La Vie Française avait gagné une importance considérable...

 

            La Vie Française avait gagné une importance considérable à ses attaches connues avec le pouvoir. Elle donnait, avant les feuilles les plus sérieuses, les nouvelles politiques, indiquait par des nuances les intentions des ministres, ses amis ; et tous les journaux de Paris et de la province cherchaient chez elle leurs informations. On la citait, on la redoutait, on commençait à la respecter. Ce n’était plus l’organe suspect d’un groupe de tripoteurs politiques, mais l’organe avoué du cabinet. Laroche-Mathieu était l’âme du journal et Du Roy son porte-voix. Le père Walter, député muet et directeur cauteleux, sachant s’effacer, s’occupait dans l’ombre, disait-on, d’une grosse affaire de mines de cuivre, au Maroc.

Le salon de Madeleine était devenu un centre influent, où se réunissaient chaque semaine plusieurs membres du cabinet. Le président du Conseil avait même dîné deux fois chez elle ; et les femmes des hommes d’État, qui hésitaient autrefois à franchir sa porte, se vantaient à présent d’être ses amies, lui faisant plus de visites qu’elles n’en recevaient d’elle.

Le ministre des Affaires étrangères régnait presque en maître dans la maison. Il y venait à toute heure, apportant des dépêches, des renseignements, des informations qu’il dictait soit au mari, soit à la femme, comme s’ils eussent été ses secrétaires.

Quand Du Roy, après le départ du ministre, demeurait seul en face de Madeleine, il s’emportait, avec des menaces dans la voix, et des insinuations perfides dans les paroles, contre les allures de ce médiocre parvenu.

Mais elle haussait les épaules avec mépris, répétant :

« Fais-en autant que lui, toi. Deviens ministre ; et tu pourras faire ta tête. Jusque-là, tais-toi. »

Il frisait sa moustache en la regardant de côté.

« On ne sait pas de quoi je suis capable, disait-il, on l’apprendra peut-être, un jour. »

Elle répondait avec philosophie :

Qui vivra, verra. »

Le matin de la rentrée des Chambres, la jeune femme, encore au lit, faisait mille recommandations à son mari, qui s’habillait afin d’aller déjeuner chez M. Laroche-Mathieu et de recevoir ses instructions avant la séance, pour l’article politique du lendemain dans La Vie Française, cet article devant être une sorte de déclaration officieuse des projets réels du cabinet.

Madeleine disait :

« Surtout n’oublie pas de lui demander si le général Belloncle est envoyé à Oran, comme il en est question. Cela aurait une grande signification. »

Georges, nerveux, répondit :

« Mais je sais aussi bien que toi ce que j’ai à faire. Fiche-moi la paix avec tes rabâchages. »

Elle reprit tranquillement :

« Mon cher, tu oublies toujours la moitié des commissions dont je te charge pour le ministre. »

Il grogna :

« Il m’embête, ton ministre, à la fin ! C’est un serin. »

 

 

 Extrait du corrigé

Guy de Maupassant : écrivain né le 5 août 1850 à Tourville-sur-Arques et mort le 6 juillet 1893 à Paris, ayant peu à peu sombré dans la folie

Il est l’auteur de romans reconnus et très importants (Une vie ;  Bel ami ; Pierre et Jean…) et surtout de très nombreuses nouvelles (plus de 300), telles Boule de suif, La Maison Tellier, La Ficelle, Les Contes du jour et de la nuit, Les Contes de la Bécasse...

Œuvre réaliste mais aussi pessimiste, et où entre parfois le fantastique (cf. Le Horla).

 

Bel-Ami : roman réaliste de Maupassant publié en 1885 sous forme de feuilleton dans Gil Blas et qui raconte l’ascension sociale spectaculaire de son personnage principal Georges Duroy, à Paris, au XIXe siècle.

Sur fond de politique coloniale, Maupassant décrit les liens étroits entre le capitalisme, la politique, la presse mais aussi l’influence des femmes, privées de vie politique depuis le code Napoléon et qui œuvrent dans l’ombre pour éduquer et conseiller.

 

Extrait étudié :

Nous sommes dans la 2e partie du roman. Georges Duroy, qui est devenu Du Roy, a réussi son ascension sociale et a épousé Madeleine, la veuve de son ami Forestier, qui lui a permis d’entrer dans le monde du journalisme.

 

I- La Vie française au pouvoir

            A- Un puissant journal

• Montrez que Maupassant souligne, voire dénonce, les liens entre la presse et le pouvoir.

Cf. « La Vie Française avait gagné une importance considérable à ses attaches connues avec le pouvoir. » ; « l’organe avoué du cabinet »

Cf. « Laroche-Mathieu était l’âme du journal et Du Roy son porte-voix » : le ministre dirige le journal, et Du Roy représente ce ministre.

- Chacun fait en sorte que cela marche.

Cf. « père Walter, député muet et directeur cauteleux, sachant s’effacer » ; « disait-on » > ironie, critique.