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SUJET : Gide, Les Faux- Monnayeurs, – Eh bien ! je voudrais un roman qui serait à la fois… | Commentaires composés | Gide | roman

Commentaires composés | Gide | roman

Gide, Les Faux- Monnayeurs, – Eh bien ! je voudrais un roman qui serait à la fois…

            Gide, Les Faux- Monnayeurs, – Eh bien ! je voudrais un roman qui serait à la fois

 

            – Eh bien ! je voudrais un roman qui serait à la fois aussi vrai, et aussi éloigné de la réalité, aussi particulier et aussi général à la fois, aussi humain et aussi fictif qu'Athalie, que Tartuffe ou que Cinna.

            – Et... le sujet de ce roman ?

            – Il n'y en a pas, repartit Édouard brusquement ; et c'est là ce qu'il y a de plus étonnant peut-être. Mon roman n'a pas de sujet. Oui, je sais bien ; ça a l'air stupide ce que je dis là. Mettons si vous préférez qu'il n'y aura pas un sujet... "Une tranche de vie", disait l'école naturaliste. Le grand défaut de cette école, c'est de couper sa tranche toujours dans le même sens ; dans le sens du temps, en longueur. Pourquoi pas en largeur ? ou en profondeur ? Pour moi, je voudrais ne pas couper du tout. Comprenez-moi : je voudrais tout y faire entrer, dans ce roman. Pas de coup de ciseaux pour arrêter, ici plutôt que là, sa substance. Depuis plus d'un an que j'y travaille, il ne m'arrive rien que je n'y verse, et que je n'y veuille y faire entrer : ce que je vois, ce que je sais, tout ce que m'apprend la vie des autres et la mienne...

            - Et tout cela stylisé ? » dit Sophroniska, feignant l'attention la plus vive, mais sans doute avec un peu d'ironie. Laura ne put réprimer un sourire. Édouard haussa légèrement les épaules et reprit :

            – Et ce n'est même pas cela que je veux faire. Ce que je veux, c'est présenter d'une part la réalité, présenter d'une part cet effort pour la styliser dont je vous parlais tout à l'heure.

            – Mon pauvre ami, vous ferez mourir d'ennui vos lecteurs, dit Laura ; ne pouvant plus cacher son sourire, elle avait pris le parti de rire vraiment.

            – Pas du tout. Pour obtenir cet effet, suivez-moi, j’invente un personnage de romancier, que je pose en figure centrale ; et le sujet du livre, si vous voulez, c’est précisément la lutte entre ce que lui offre la réalité et ce que, lui, prétend en faire.

            – Si, si ; j’entrevois », dit poliment Sophroniska, que le rire de Laura était bien près de gagner. « Ce pourrait être assez curieux. Mais, vous savez, dans les romans, c’est toujours dangereux de présenter des intellectuels. Ils assomment le public ; on ne parvient à leur faire dire que des ânerie, et, à tout ce qui les touche, ils communiquement un air abstrait.

            – Et puis je vois très bien ce qui va arriver, s’écria Laura : dans ce romancier, vous ne pourrez faire autrement que de vous peindre. »

            Elle avait pris, depuis quelques temps, en parlant à Édouard, un ton persifleur qui l’étonnait elle-même, et qui désarçonnait Édouard d’autant plus qu’il en surprenait un reflet dans les regards malicieux de Bernard. Édouard protesta :

            « Mais non ; j’aurai soin de le faire très désagréable. »

 

 

Extrait du corrigé :

Les Faux-monnayeurs est un roman écrit par André Gide, publié en 1925.

Roman qui s’interroge sur la notion même de roman, à travers l’histoire de plusieurs personnages Bernard et Olivier, deux jeunes lycéens et un romancier, Édouard > le roman contient plusieurs intrigues.

Édouard est un écrivain qui écrit régulièrement son journal, dans lequel il évoque notamment l’écriture et les difficultés qu’il rencontre pour cela, de son futur roman, Les Faux-monnayeurs > mise en abyme.

 

Dans cet extrait, il est question du roman.

Comment écrire un roman au XXe siècle ? que raconter ? comment ?

 

I- L’idéal de roman selon Édouard

            A- La théorie d’Édouard

• Édouard expose à ses interlocuteurs sa vision du roman, son roman idéal.

=> Soulignez l’argumentation d’Édouard > il tente de s’expliquer, d’expliquer sa vision du roman.

Cf. « Mettons si vous préférez » ; « Oui, je sais bien »…

Cf. les questions rhétoriques. Ex : « Pourquoi pas en largeur ? ou en profondeur ? »

• Montrez que c’est son idée à lui, sa conception du roman.

Cf. le nombre de marques à la 1e personne du singulier.

Ex : « Je » ; « Pour moi » ; « Comprenez-moi » ; « Je » ; « Ce que je veux » ; « Mon roman »…

=> Il tente de définir une nouvelle vision du roman.