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SUJET : Hugo, Ruy Blas, acte IV, scène 2 | Commentaires composés | Hugo | Théâtre

Commentaires composés | Hugo | Théâtre

Hugo, Ruy Blas, acte IV, scène 2

Hugo, Ruy Blas, Acte IV scène 2.

 

Don César. Effaré, essoufflé, décoiffé, étourdi, avec une expression joyeuse et inquiète en même temps.
                            Tant pis ! C'est moi !
              Il se relève en se frottant la jambe sur laquelle il est tombé, et s'avance dans la chambre avec force révérences et chapeau bas.
Pardon ! Ne faites pas attention, je passe.
1570 - Vous parliez entre vous. Continuez, de grâce.
J'entre un peu brusquement, messieurs, j'en suis fâché !
              Il s'arrête au milieu de la chambre et s'aperçoit qu'il est seul.
– Personne ! – Sur le toit tout à l'heure perché,
J'ai cru pourtant ouïr un bruit de voix. – personne !
              S'asseyant dans un fauteuil.
Fort bien. Recueillons-nous. La solitude est bonne.
– Ouf ! Que d'événements ! – j'en suis émerveillé
Comme l'eau qu'il secoue aveugle un chien mouillé.
Primo, ces alguazils qui m'ont pris dans leurs serres ;
Puis cet embarquement absurde ; ces corsaires ;
Et cette grosse ville où l'on m'a tant battu ;
1580 - Et les tentations faites sur ma vertu
Par cette femme jaune ; et mon départ du bagne ;
Mes voyages ; enfin, mon retour en Espagne !
Puis, quel roman ! Le jour où j'arrive, c'est fort,
Ces mêmes alguazils rencontrés tout d'abord !
Leur poursuite enragée et ma fuite éperdue ;
Je saute un mur ; j'avise une maison perdue
Dans les arbres, j'y cours ; personne ne me voit ;
Je grimpe allègrement du hangar sur le toit ;
Enfin, je m'introduis dans le sein des familles
1590 - Par une cheminée où je mets en guenilles
Mon manteau le plus neuf qui sur mes chausses pend ! ...
– Pardieu ! Monsieur Salluste est un grand sacripant !
              Se regardant dans une petite glace de Venise posée sur le grand coffre à tiroirs sculptés.
– Mon pourpoint m'a suivi dans mes malheurs. Il lutte.
              Il ôte son manteau et mire dans la glace son pourpoint de satin rose usé, déchiré et rapiécé ; puis il porte vivement la main à sa jambe avec un coup d'oeil vers la cheminée. 
Mais ma jambe a souffert diablement dans ma chute !
              Il ouvre les tiroirs du coffre. Dans l'un d'entre eux il trouve un manteau de velours vert clair, brodé d'or, le manteau donné par don Salluste à Ruy Blas. Il examine le manteau et le compare au sien.
– Ce manteau me paraît plus décent que le mien.
              Il jette le manteau vert sur ses épaules et met le sien à la place dans le coffre, après l'avoir soigneusement plié ; il y ajoute son chapeau , qu'il enfonce sous le manteau d'un coup de poing ; puis il referme le tiroir. Il se promène fièrement, drapé dans le beau manteau brodé d'or.
C'est égal, me voilà revenu. Tout va bien.
Ah ! mon très cher cousin, vous voulez que j'émigre
Dans cette Afrique où l'homme est la souris du tigre ! 
Mais je vais me venger de vous, cousin damné,
1600 - Épouvantablement, quand j'aurai déjeuné.
J'irai, sous mon vrai nom, chez vous, traînant ma queue
D'affreux vauriens sentant le gibet d'une lieue
Et je vous livrerai vivant aux appétits
De tous mes créanciers – suivis de leurs petits.
              Il aperçoit dans un coin une magnifique paire de bottines à canons de dentelles. Il jette lestement ses vieux souliers, et chausse sans façon les bottines neuves.
Voyons d'abord où m'ont jeté ses perfidies.
              Après avoir examiné la chambre de tous les côtés.
Maison mystérieuse et propre aux tragédies.
Portes closes, volets barrés, un vrai cachot.
Dans ce charmant logis on entre par en haut,
Juste comme le vin entre dans les bouteilles.
              Avec un soupir.
1610 - – C'est bien bon, du bon vin ! – 
              Il aperçoit la petite porte à droite, l'ouvre, s'introduit vivement dans le cabinet avec lequel elle communique, puis rentre avec des gestes d'étonnement. 
              Merveille des merveilles !
Cabinet sans issue où tout est clos aussi !
              Il va à la porte du fond, l'entr'ouvre, et regarde au dehors ; puis il la laisse retomber et revient sur le devant.
Personne ! – où diable suis-je ? – au fait j'ai réussi
À fuir les alguazils. Que m'importe le reste ?
Vais-je pas m'effarer et prendre un air funeste
Pour n'avoir jamais vu de maison faite ainsi ?
              Il se rassied sur le fauteuil, bâille, puis se relève presque aussitôt.
Ah çà, mais– je m'ennuie horriblement ici !
              Avisant une petite armoire dans le mur, à gauche, qui fait le coin en pan coupé.
Voyons, ceci m'a l'air d'une bibliothèque.
              Il y va et l'ouvre. C'est un garde-manger bien garni.
Justement. – un pâté, du vin, une pastèque.
C'est un en-cas complet. Six flacons bien rangés !
1620 - Diable ! Sur ce logis j'avais des préjugés.
              Examinant les flacons l'un après l'autre.
C'est d'un bon choix. – allons ! L'armoire est honorable.
              Il va chercher dans un coin la petite table ronde, l'apporte sur le devant et la charge joyeusement de tout ce que contient le garde-manger, bouteilles, plats, etc. ; il ajoute un verre, une assiette, une fourchette, etc. – puis il prend une des bouteilles. 
Lisons d'abord ceci.
              Il emplit le verre, et boit d'un trait.
C'est une oeuvre admirable
De ce fameux poëte appelé le soleil !
Xérès-des-chevaliers n'a rien de plus vermeil.
              Il s'assied, se verse un second verre et boit.
Quel livre vaut cela ? Trouvez-moi quelque chose 
De plus spiritueux !

 

 Extrait du corrigé

Ruy Blas : pièce de théâtre de Victor Hugo, représentée au Théâtre de la Renaissance le 8 novembre 1838.

Drame romantique.

Ruy Blas => a les caractéristiques du héros romantique. Cf. La Préface de Cromwell. « Les personnages de l’ode sont des colosses : Adam, Caïn, Noé ; ceux de l’épopée sont des géants : Achille, Atrée, Oreste ; ceux du drame sont des hommes : Hamlet, Macbeth, Othello. L’ode vit de l’idéal, l’épopée du grandiose, le drame du réel ».

 

Acte IV, scène 2 :

Dans la scène précédente, Ruy Blas se désespère et cherche le moyen de sauver la reine des manœuvres de Don Salluste. Il fait passer un message à la reine et décide de disparaître une journée > ainsi, Don Salluste trouvera la maison vide.

Dans cette scène, arrivée inattendue de César.

 

I- Une scène comique

            A- Une arrivée tonitruante

• Montrez que l’arrivée de Don César est comique.

Cf. son arrivée par la cheminée.

> « Effaré, essoufflé, décoiffé, étourdi, avec une expression joyeuse et inquiète en même temps. » : il semble surpris. Il est décoiffé… > on est dans le domaine de la comédie, voire de la farce.

NB : « Don César » > il est noble.

Normalement, dans le théâtre classique, les nobles sont surtout dans les tragédies, ont des rôles « sérieux ». Là, c’est une sorte de bouffon qui arrive par le cheminée.

Ex : « Mais ma jambe a souffert diablement dans ma chute ! » > il s’est fait mal en arrivant. Ce n’est guère glorieux. Comique.