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SUJET : Victor Hugo, Ruy Blas, Acte IV, scène 3 | Commentaires composés | Hugo | Théâtre

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Commentaires composés | Hugo | Théâtre

Victor Hugo, Ruy Blas, Acte IV, scène 3

 Don César, toisant le laquais de la tête aux pieds.

Qui venez-vous chercher céans, l'ami ?
              À part.
Il faut beaucoup d'aplomb, le péril est extrême.
Le Laquais.
1660 - Don César De Bazan ?
Don César, dégageant son visage du manteau.
              Don César ! C'est moi-même !
              À part.
Voilà du merveilleux !
Le Laquais.
              Vous êtes le seigneur
Don César De Bazan ?
Don César.
              Pardieu ! J'ai cet honneur.
César ! Le vrai César ! Le seul César ! Le comte
De Garo...
Le Laquais, posant sur le fauteuil la sacoche.
              Daignez voir si c'est là votre compte.
Don César, comme ébloui.
              À part.
De l'argent ! C'est trop fort 
              Haut.
                            Mon cher...
Le Laquais.
                            Daignez compter.
C'est la somme que j'ai l'ordre de vous porter.
Don César, gravement.
Ah ! Fort bien ! Je comprends.
              À part.
              Je veux bien que le diable... – 
Çà, ne dérangeons pas cette histoire admirable.
Ceci vient fort à point.
              Haut.
              Vous faut-il des reçus ?
Le Laquais.
Non, monseigneur.
Don César, lui montrant la table.
              Mettez cet argent là-dessus.
              Le laquais obéit.
De quelle part ?
Le Laquais.
              Monsieur le sait bien.
Don César.
                            Sans nul doute.
1670 - Mais...
Le Laquais.
              Cet argent, – voilà ce qu'il faut que j'ajoute, – 
Vient de qui vous savez pour ce que vous savez.
Don César, satisfait de l'explication.
Ah !
Le Laquais.
              Nous devons, tous deux, être fort réservés.
Chut !
Don César.
              Chut !!! – cet argent vient... – la phrase est magnifique !
Redites-la-moi donc.
Le Laquais.
              Cet argent...
Don César.
                            Tout s'explique !
Me vient de qui je sais...
Le Laquais.
              Pour ce que vous savez.
Nous devons...
Don César.
              Tous les deux !!!
Le Laquais.
                            Être fort réservés.
Don César.
C'est parfaitement clair.
Le Laquais.
              Moi, j'obéis ; du reste
Je ne comprends pas.
Don César.
              Bah !
Laquais.
              Mais vous comprenez !
Don César.
                                          Peste !
Le Laquais.
Il suffit.
Don César.
              Je comprends et je prends, mon très cher.
1680 - De l'argent qu'on reçoit, d'abord, c'est toujours clair.
Le Laquais.
Chut !
Don César.
              Chut !!! Ne faisons pas d'indiscrétion. Diantre !
Le Laquais.
Comptez, seigneur !
Don César.
              Pour qui me prends-tu ?
              Admirant la rondeur du sac posé sur la table.
                                          Le beau ventre !
Le Laquais, insistant.
Mais...
Don César.
              Je me fie à toi.
Le Laquais.
                            L'or est en souverains.
Bons quadruples pesant sept gros trente-six grains,
Ou bons doublons au marc. L'argent, en croix-maries.

              Don César ouvre la sacoche et en tire plusieurs sacs pleins d'or et d'argent, qu'il ouvre et vide sur la table avec admiration ; puis il se met à puiser à pleines poignées dans les sacs d'or, et remplit ses poches de quadruples et de doublons.

Don César, s'interrompant, avec majesté.
              À part.
Voici que mon roman, couronnant ses féeries,
Meurt amoureusement sur un gros million.
              Il se met à remplir ses poches.
Ô délices ! Je mords à même un galion !
              Une poche pleine, il passe à l'autre. Il se cherche des poches partout, et semble avoir oublié le laquais.
Le Laquais, qui le regarde avec impassibilité.
Et maintenant, j'attends vos ordres.
Don César, se retournant.
                            Pour quoi faire ?
Le Laquais.
1690 - Afin d'exécuter, vite et sans qu'on diffère,
Ce que je ne sais pas et ce que vous savez.
De très grands intérêts...