fermer le formulaire

Contact / demande de sujet :

Vous souhaitez nous contacter, nous soumettre un sujet spécifique,
laisser nous un message par le formulaire ci-dessous.

Commande Suspendue !
En raison du grand nombre de demandes, et pour pouvoir les traiter au mieux, le site est fermé.

fermer le formulaire

Vos coordonnées

Inscrivez-vous et restez informé de nos actualités.

 
fermer le formulaire

DEJA INSCRIT : IDENTIFIEZ-VOUS

 

SUJET : Madame de La Fayette, La princesse de Montpensier, Le prince feignit d'être malade... | Commentaires composés | La Fayette | roman

Commentaires composés | La Fayette | roman

Madame de La Fayette, La princesse de Montpensier, Le prince feignit d'être malade...

            Mme de La Fayette, La Princesse de Montpensier – Le prince feignit d'être malade…

 

            Le prince feignit d'être malade, afin qu'on ne s'étonnât de ce qu'il n'entrait pas dans la chambre de sa femme. L'ordre qu'il reçut de s'en retourner à la cour, où l'on rappelait tous les princes catholiques pour exterminer les huguenots, le tira de l'embarras où il était. Il s'en alla à Paris, en sachant ce qu'il avait à espérer ou à craindre du mal de la princesse sa femme. Il n'y fut pas sitôt arrivé qu'on commença d'attaquer les huguenots en la personne d'un de leurs chefs, l'amiral de Châtillon et, deux jours après, l'on fit cet horrible massacre, si renommé par toute l'Europe. Le pauvre comte de Chabanes, qui s'était venu cacher dans l'extrémité de l'un des faubourgs de Paris pour s'abandonner entièrement à sa douleur, fut enveloppé dans la ruine des huguenots. Les personnes chez qui il s'était retiré, l'ayant reconnu et s'étant souvenues qu'on l'avait soupçonné d'être de ce parti, le massacrèrent cette même nuit qui fut si funeste à tant de gens. Le matin, le prince de Montpensier, allant donner quelques ordres hors la ville, passa dans la rue où était le corps de Chabanes. Il fut d'abord saisi d'étonnement à ce pitoyable spectacle ; ensuite son amitié se réveillant, elle lui donna de la douleur, mais le souvenir de l'offense qu'il croyait avoir reçue du comte lui donna enfin de la joie, et il fut bien aise de se voir vengé par les mains de la fortune. Le duc de Guise, occupé du désir de venger la mort de son père et, peu après, rempli de la joie de l'avoir vengée, laissa peu à peu éloigner de son âme le soin d'apprendre des nouvelles de la princesse de Montpensier et, trouvant la marquise de Noirmoutier, personne de beaucoup d'esprit et de beauté, et qui donnait plus d'espérance que cette princesse, il s'y attacha entièrement et l'aima avec une passion démesurée et qui lui dura jusques à la mort. Cependant, après que le mal de Mme de Montpensier fut venu au dernier point, il commença à diminuer. La raison lui revint et, se trouvant un peu soulagé par l'absence du prince son mari, elle donna quelque espérance de sa vie. Sa santé revenait pourtant avec grande peine, par le mauvais état de son esprit ; et son esprit fut travaillé de nouveau, quand elle se souvint qu'elle n'avait eu aucune nouvelle du duc de Guise pendant toute sa maladie. Elle s'enquit de ses femmes si elles n'avaient vu personne, si elles n'avaient point de lettres, et, ne trouvant rien de ce qu'elle eût souhaité, elle se trouva la plus malheureuse du monde d'avoir tout hasardé pour un homme qui l'abandonnait. Ce lui fut encore un nouvel accablement d'apprendre la mort du comte de Chabanes, qu'elle sut bientôt par les soins du prince son mari. L'ingratitude du duc de Guise lui fit sentir plus vivement la perte d'un homme dont elle connaissait si bien la fidélité. Tant de déplaisirs si pressants la remirent bientôt dans un état aussi dangereux que celui dont elle était sortie. Et, comme Mme de Noirmoutier était une personne qui prenait autant de soin de faire éclater ses galanteries que les autres en prennent de les cacher, celles de M. de Guise et d'elle étaient si publiques que, tout éloignée et toute malade qu'était la princesse de Montpensier, elle les apprit de tant de côtés qu'elle n'en put douter. Ce fut le coup mortel pour sa vie. Elle ne put résister à la douleur d'avoir perdu l'estime de son mari, le cœur de son amant et le plus parfait ami qui fut jamais. Elle mourut en peu de jours, dans la fleur de son âge, une des plus belles princesses du monde, et qui aurait été sans doute la plus heureuse, si la vertu et la prudence eussent conduit toutes ses actions.

 

 

 Extrait du corrigé

Madame de La Fayette (1634-1693) : romancière française, et grande dame de son temps, auteur du célèbre roman La Princesse de Clèves.

Familière des salons littéraires de la capitale, citée dans le Dictionnaire des précieuses (1660) de Somaize, Madame de La Fayette entreprend d’écrire des romans. Son œuvre pose le problème de la condition féminine, en un temps ou mariage et amour sont rarement compatibles.

 

La Princesse de Montpensier est une nouvelle publiée anonymement par Madame de La Fayette en 1662.

1562, la France est sous le règne de Charles IX, les guerres de religion font rage... Marie de Mézières, une des plus riches héritières du royaume, aime le jeune Duc de Guise et pense être aimée de lui en retour. Son père, le Marquis de Mézières, la pousse à épouser le Prince de Montpensier qu'elle ne connaît pas. Ce dernier est appelé par Charles IX à rejoindre les princes dans leur guerre contre les protestants. Le pays étant à feu et à sang, afin de protéger sa jeune épouse, le prince l'envoie en compagnie du Comte de Chabannes, dans l'un de ses châteaux les plus reculés, Champigny. Le comte de Chabannes va également tomber amoureux de la princesse.

 

Extrait étudié : Excipit, fin de la nouvelle.

=> On va connaître la fin de tous les personnages principaux de la nouvelle.

 

I- Une situation troublée et terrible

            A- Un contexte violent

• Le contexte du texte est rappelé : l’histoire se passe en pleine guerre de religions.

Cf. « princes catholiques pour exterminer les huguenots ».

Cf. « qu'on commença d'attaquer les huguenots en la personne d'un de leurs chefs, l'amiral de Châtillon et, deux jours après, l'on fit cet horrible massacre » :

- l’amiral Gaspard de Coligny, chef du parti protestant, est assassiné le 24 août 1572, lors du massacre de la Saint-Barthélemy.

- « cet horrible massacre » > référence à la Saint-Barthélemy, massacre des protestants à Paris, le 24 août 1572. On évalue le nombre de morts à 3 000 à Paris, et de 5 000 à 10 000 dans toute la France, voire 30 000.

• Soulignez les précisions chronologiques.

Ex : « deux jours après, l'on fit cet horrible massacre ».

Ex : « Le matin » : lendemain du massacre.  

• Champ lexical du carnage

Ex : « exterminer » ; « attaquer » ; « massacre »… > violence, carnage…