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SUJET : Vallès, L’Enfant, chapitre 25 - J’entends... | Commentaires composés | Vallès | Autobiographie

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Vallès, L’Enfant, chapitre 25 - J’entends...

 J’entends.

Quel bonheur que j’aie été blessé et que je sois couché dans ce lit ! Je n’aurais jamais su qu’il m’aimait.

Ah ! je crois qu’on eût mieux fait de m’aimer tout haut ! Il me semble qu’il me restera toujours de ma vie d’enfant, des trous de mélancolie et des plaies sensibles dans le cœur !

Mais aussi j’entre dans la vie d’homme, prêt à la lutte, plein de force, bien honnête. J’ai le sang pur et les yeux clairs, pour voir le fond des âmes ; ils sont comme cela, ai-je lu quelque part, ceux qui ont un peu pleuré.

Il ne s’agit plus de pleurer ! il faut vivre.

Sans métier, sans argent, c’est dur ; mais on verra. Je suis mon maître à partir d’aujourd’hui. Mon père avait le droit de frapper… Mais malheur maintenant, malheur à qui me touche ! — Ah ! oui ! malheur à celui-là !

Je me parle ainsi, la cuisse tendue dans mon lit de blessé.

Huit jours après, le chirurgien vient, défait le bandage et dit :

« Grâce à mon pansement, — un nouveau système, — vous êtes guéri ; vous pouvez vous lever aujourd’hui et vous pourrez sortir demain. »

Ma mère remercie Dieu.

« Oh ! j’ai eu si peur !… S’il avait fallu te couper la jambe ! — Je vais t’apprendre une nouvelle maintenant… »

Elle me conte tout ce que je sais, ce que j’ai entendu à travers la cloison.

« Tu vas me quitter ! dit-elle en sanglotant. »

Je veux me lever tout de suite pour ramasser un peu mes livres, faire ma petite malle, et je lui demande mes habits.

Ce sont ceux du duel.

Ma mère les apporte. Elle aperçoit mon pantalon avec un trou et taché de sang.

« Je ne sais pas si le sang s’en ira… la couleur partira avec, bien sûr… »

Elle donne encore un coup de brosse, passe un petit linge mouillé, fait ce qu’il faut — elle a toujours eu si soin de ma toilette ! — mais finit par dire en hochant la tête :

« Tu vois, ça ne s’en va pas… Une autre fois, Jacques, mets au moins ton vieux pantalon ! »